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The Panty Raiders

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Il s’agit du site du collectif activiste The Panty Raiders qui est formé de Leba Haber Rubinoff et Katie Marsh. La première de leurs oeuvres, forget-me-not-panties a été conçue dans le cadre d’un concours du Contagious Media Showdown’s, dont l'objectif était de créer le site Web qui attirerait le plus de visiteurs sur une période de trois semaines. Le site proposait la vente de sous-vêtements féminins munis d’un GPS, à l’usage des hommes jaloux qui souhaitent espionner leur copine en tout temps. Le canular a si bien fonctionné que de nombreux internautes ont écrit au Panty Raiders afin de se procurer les forget-me-not-panties. Des gens ont même manifesté leur intérêt afin de devenir distributeurs du produit.

Fortes de ce début prometteur, les Panty Raiders ont par la suite créé trois autres sites Web qui s’inscrivent dans la lignée de forget-me-not-panties. Il s’agit de Plastic Assets, Christians Against Hip Hop et Goodbye Bitch.

Plastic Assets reprend le thème de la condition des femmes que l’on retrouve dans forget-me-not-panties. Cette fois, il s’agit du site promotionnel d’une carte de crédit qui offre en prime des implants mammaires aux femmes qui se la procurent. Le projet a gagné le Huffington Post’s Contagious Festival, en avril 2006. Le slogan de la carte Plastic Assets est «Invest in your Breats». Nous retrouvons là l’ironie et l’esprit critique qui sont la marque de fabrique des pratiques canularesques des Panty Raiders. Les témoignages fictifs de clients satisfaits sont particulièrement savoureux, quoique troublants dans la mesure où ils sont malheureusement assez vraisemblables. Le père de Sharon, par exemple, affirme candidement que la grosse poitrine de sa fille l’aidera à réussir dans la vie :
 

«My daughter, Sharon, is going to Yale this fall. We always said we wanted the best for her. The best education, the best home life, and the best body. As a father and a man, I know the power breasts can have, and I know our Sharon will be that much more successfull now that she moves with the confidence of a woman.»

Une fois le canular révélé, le site fait place à un texte critique dans lequel les Panty Raiders affirment haut et fort leur désaccord à l’endroit de la popularité de la chirurgie esthétique visant à augmenter le volume des seins. Le texte souligne le manque de confiance que cela entraine chez les femmes, causé notamment par l’image trompeuse de la femme qui est véhiculée par les médias. Cela montre bien à quel point le but premier des Panty Raiders n’est pas de leurrer les internautes, mais bien de les amener à réfléchir sur des problèmes qui les concernent tous.

Le site Christians Against Hip Hop s’attaque quant à lui aux préjugés relatifs à la culture Hip Hop, de même qu’aux organisations chrétiennes qui sont financées par le gouvernement américain. Encore une fois, c’est par l’ironie que les Panty Raiders offrent leur point de vue sur le sujet. Le site mentionne par exemple ceci : «Hip Hop is the tool of the Devil, birthed in Hell, and sent with a mission to take control of the minds of our children and give Satan control of a whole generation !» Le site comprend également une section destinée à aider les parents qui veulent savoir si leur fille est une «hip hop ho». Les signes de main associés aux gangs de rue sont identifiés, mais aussi le code vestimentaire propre au rap. De même, l’hypersexualisation et l’homosexualité sont dénoncées par le groupe.

Finalement, le projet Goodbye Bitch se distingue des autres en ce qu’il implique davantage la participation de l’internaute. Il s’agit d’un générateur de lettres de rupture. L’internaute n’a qu’à remplir les cases blanches du formulaire et insérer l’adresse courriel de la personne avec laquelle il souhaite rompre. Cette oeuvre contient également une section de faux témoignages de gens satisfaits d’avoir mis un terme à leur ancienne relation de cette manière expéditive. Il y a là encore une pointe d’ironie typique des Panty Raiders : les relations interpersonnelles, avec la venue des nouvelles technologies, sont caractérisées notamment par une prise de distance. Les sujets de ces relations peuvent communiquer à distance, sans se voir. Maintenant, il est également possible de rompre sans même avoir une discussion de personne à personne.

Pour en savoir plus sur les pratiques canularesques des Panty Raiders, vous pouvez lire notre dossier thématique consacré au canular sur le Web.

Pour citer
Brousseau, Simon. 25 août 2009. « The Panty Raiders, par Raiders, The Panty, Katie Marsh et Leba Haber Rubinoff ». Fiche dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du Laboratoire NT2. En ligne sur le site du Laboratoire NT2. <http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/panty-raiders>. Consulté le 18 octobre 2017.