Just a Reflektor

Just a Reflektor est un vidéoclip interactif, tourné en Haïti, du groupe musical Arcade Fire, réalisé par Vincent Morisset et conçu pour Google Chrome. Ce projet open source met en scène une jeune femme qui donne corps aux thèmes évoqués dans la chanson Reflektor. Le vidéoclip est composé de différentes petites histoires et performances (dont chacune possède une interaction qui lui est propre) qui sont assemblées pour ne faire qu’une seule et même composition narrative.

Avant d’accéder à l’œuvre, quelques manipulations techniques sont requises afin de vivre pleinement l’expérience interactive. Nous devons autoriser l’accès à la webcam, module indispensable au bon fonctionnement de l’œuvre. Nous devons aussi posséder un smartphone ou une tablette afin d’avoir la possibilité d’interagir avec le vidéoclip. Il nous est alors demandé de connecter l’un des appareils mobiles à Internet et d’accéder à l’adresse <g.co/af> via le navigateur de l’appareil. Il faut ensuite saisir le code fourni. Cependant, si nous ne possédons pas ces appareils mobiles, il est possible de les substituer à l’usage de la souris.

Une fois l’œuvre entamée, deux choix de navigation sont possibles. Dans un premier cas, nous pouvons être passifs et ne pas interagir avec le film; le clip se déroulera alors de façon autonome. Dans le cas contraire, en passant le curseur de la souris sur la surface de l’écran, différentes animations graphiques et cinématographiques apparaissent. Le balayage du curseur est donc l’outil qui sert à manipuler l’œuvre. Le clic de la souris joue aussi son rôle dans l’interaction en venant sublimer l’animation. Une «intensité» graphique se dégage à chaque clic comme s’il symbolisait la capture d’un moment, d’un reflet.

Vers le milieu du vidéoclip, on assiste à un moment charnière dans l’interactivité avec l’œuvre alors que la jeune femme observe son reflet dans un miroir et le brise ensuite avec force au sol. Un renversement s’opère: la webcam s’active pour montrer dorénavant notre propre reflet dans le miroir cassé. Aux scènes suivantes, notre interaction avec l’œuvre se diminue de plus en plus. Le clic de notre souris ne fait que faire apparaitre les mots «Break free» sur l’image qui se teinte en noir et blanc. Dans les dernières minutes du vidéoclip, il n'y aucune interaction possible et nous ne faisons qu’assister à la scène des festivités montrée depuis la cassure du miroir. Une piste d’interprétation: le personnage principal se libère, vers la fin, de notre emprise technologique sur sa réalité.

La sectionTechnologie se présente come une extension à l'oeuvre. En cliquant sur l’onglet du même nom, situé en bas à droite de la page d’accueil ou à la fin de la première lecture de l’œuvre, nous avons la possibilité d’accéder à d’autres effets techniques, de manipuler les différentes interactions et d'obtenir du contenu informationnel. Il s'y retrouve même un tableau interactif au sein duquel l’internaute peut personnaliser l’œuvre. Trois espaces différents se retrouvent dans ce module. D’abord, les nœuds qui composent l’œuvre, dans sa forme originale, sont donnés à voir. Ensuite, un espace nous est dédié afin de pouvoir composer notre propre parcours interactif. Nous avons la possibilité d’ajouter des nœuds, de les organiser comme nous le souhaitons, de travailler l’esthétique technique et de partager notre patchwork interactif avec d’autres internautes par le moyen du lien qui nous est fourni. L’option output, nous donne le droit de regard sur l’œuvre que nous venons de produire. Enfin, cinq nouveaux effets sont également proposés à l’internaute. Par ailleurs, au sein de cette section, un répertoire informe l’internaute à propos de toutes les Technologies Web et les Technologies Google utilisées pour composer les différentes interactions de l’œuvre

À la date de dernière consultation de l’œuvre, le code pour interagir grâce aux appareils mobiles n’était plus disponible. Il est donc d’usage de les substituer à la souris.

Pour citer
Picard, Manon. 26 novembre 2014. « Just a reflektor, par Morisset, Vincent, Arcade, Fire et Koblin Aaron ». Fiche dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du Laboratoire NT2. En ligne sur le site du Laboratoire NT2. <http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/just-reflektor>. Consulté le 17 octobre 2017.