Hair Nah

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Hair Nah est un jeu 16-bits de Momo Pixels qui aborde d'une manière ludique les enjeux du racisme, de la misogynoir et de l'intégrité physique des femmes racisées.

L'artiste Momo Pixels juxtapose les codes du jeu vidéo rétro - couleurs vives et espace bidimensionnel pixellisé - avec les enjeux raciaux contemporains, créant un cadre visuel convivial pour familiariser l'utilisateur.trice à cette problématique politique. Le joueur ou la joueuse doit personnaliser son avatar, Aeva, en choisissant son ton de peau et sa coupe de cheveux. Cette fonctionnalité n'est pas sans rappeler les jeux de mannequins et de coiffeuse en ligne. Une fois l'avatar créé, l'utilisateur.trice doit choisir entre les tableaux «Osaka», «Havana» et «Santa Monica Pier», soit les destinations voyage du personnage. Le joueur ou la joueuse doit alors affronter de multiples mains qui essayent de toucher les cheveux d'Aeva. À l'aide de la souris ou des flèches de son clavier, il.elle doit éloigner ces mains pour les empêcher de se rendre à la tête d'Aeva et ainsi réduire sa barre de vie. Pour ajouter à l'expérience de l'utilisateur.trice, nous pouvons entendre les commentaires racistes provenant des intrus, comme «It's so fluffy».

«YASSSS! Keep it up cause you're just getting started», les messages sympathiques d'un petit personnage représentant Momo Pixels viennent encourager le joueur ou la joueuse à persévérer malgré la difficulté croissante. En arrivant au bout des 4 niveaux de difficulté qui séparent Aeva de son rendez-vous avec ses amies, un message vient rappeler la réalité derrière ce jeu en apparence ludique: «The game is over, but this experience isn’t. This is an issue that black women face daily. So a note to those who do it: STOP THAT SHIT.» 

Des joueuses ont essayé le jeu et s'enthousiasmaient dans une vidéo YouTube de BuzzFeed de la représentation réaliste de cette forme de harcèlement, particulièrement au niveau des commentaires lancés par les intrus. Le jeu fait ainsi écho à des situations dont elles souffrent quotidiennement.

Hair Nah mêle donc une esthétique pop nostalgique geek à des enjeux féministes intersectionnels actuels défendus, entre autres, par les activistes racisées américaines Eliza Anyangwe et la créatrice du terme «misogynoir», Moya Bailey.

Pour citer
Tremblay, Alexandra. 3 avril 2018. « Hair Nah ». Fiche dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du Laboratoire NT2. En ligne sur le site du Laboratoire NT2. <http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/hair-nah>. Consulté le 16 août 2018.