GIM girls of the ~internet museum

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La page Tumblr GIM girls of the ~internet museum nous présente une exposition en ligne réunissant des femmes artistes oeuvrant dans les arts numériques. Les oeuvres de ces artistes renvoient -  par le biais d'hyperliens - à leur page Tumblr respective. Nous pouvons reconnaître parmi les artistes Molly Soda, la Montréalaise Émilie Gervais et Petra Cortright qui sont vues comme des figures de proue de l’art post-internet féminin. Suite à la création de cette plateforme, deux expositions se sont déroulées dans la «réalité»: d'abord en juillet 2013, dans une tentive d'élargir les possibilités «immersives et sensorielles» du projet. Puis, en 2015, où les oeuvres présentées visaient à déclencher une réflexion sur le corps de la femme et ses possibilités en tant que medium de l'artiste. 

Par ce choix d’artistes, la galerie prend une position féministe intersectionnelle quant à l’art et à la place des femmes, invisibilisées, dans le milieu. Les oeuvres en elles-mêmes prennent position pour une réappropriation radicale du corps pour les femmes. Radicale, car dérangeante: au sein des oeuvres, les femmes prennent le contrôle de leur corps en jouant avec les codes sexuels. Par exemple, l’oeuvre Latina Seeks Thug de Marilyn Rondón explore les stéréotypes raciaux par rapport aux Latina-Américaines et à la présence des femmes dans les applications de rencontre. Dans Content Aware de Marina Galperina, des citations provenant de la lettre ouverte de Sinéad O’Connor à Miley Cyrus sont superposées à des photographies «sexy» de cette dernière, illustrant le choc des visions féministes de la deuxième et de la troisième vague quant au «libre choix» d’exposer son corps. Sluts Slice Series confronte plus directement le «slutshaming» subit par des femmes par leurs consoeurs avec la phrase «not even sluts respect sluts» superposée sur des strates d'images où s'alternent des photographies de parties du corps et de glitch-art. En plus de ces prises de position, les oeuvres de l’exposition explorent la nostalgie, l’identité et les questions de réalité inhérentes à l’art numérique.

Bien que nous puissions toujours avoir accès aux oeuvres de l’exposition, il semblerait qu’il n’y ait plus d’activité sur la page Tumblr depuis presque un an. Étant donné qu'exactement trois années séparent la première et la dernière publication de la page, nous pouvons supposer que la cessation des activités ait été voulue des administratrices du projet. Son contenu reste encore d’actualité et permet d’avoir accès à un éventail des pratiques des artistes féminines du post-internet.

Une liste détaillée des artistes ayant pris part à ce projet:

Helen Adamidou / Narda Alvarado / Patricia Alvarado / Rachael Archibald / Kaja Cxzy Andersen / Labanna Babalon / Genevieve Belleveau / Hannah Black / Sid Branca / Jennifer Chan / Allie Coates & Signe Pierce / Laura Códega / Petra Cortright / Andrea Crespo / Jesse Darling / Rachel de Joode / Daniela de Sarasqueta / Débora Delmar Corp. / Micaela Durand / Violet Forest / Marina Galperina / Emilie Gervais / Alexandra Gorczynski / Deanna Havas / Gabriella Hileman / Ann Hirsch / Faith Holland / Shawné Michaelain Holloway / Juliana Huxtable / E Jane / Kenya E Johnson / Mary Rachel Kostreva / Kacie Kim / Erica Lapadat-Janzen / Tina LaPorta / Olia Lialina / Nandi Loaf / Claudia Maté / Alexandra Marzella / Grace McEvoy / Lorna Mills / Ad Minoliti / Sandra Mujinga / Brenna Murphy / Paula Nacif / Riyo Nemeth / Eva Papamargariti / Sondra Perry / Sybil Prentice [@nightcoregirl] / Marilyn Rondón / Randon Rosenbohm / Rafia Santana / Molly Soda / Martine Syms / Amalia Ulman / Miyö Van Stenis / VNS Matrix / Saoirse Wall / Angela Washko / May Waver / Sarah Weis

 

Pour citer
Tremblay, Alexandra. 7 septembre 2016. « GIM girls of the ~internet museum ». Fiche dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du Laboratoire NT2. En ligne sur le site du Laboratoire NT2. <http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/gim-girls-internet-museum>. Consulté le 24 novembre 2017.