• Au bord du fleuve / On the Riverside (navigation filmée #1)

Au bord du fleuve / On the Riverside

Auteur·e·s: 

L’œuvre Au bord du fleuve / On the Riverside invite l’internaute à naviguer dans l’univers poétique du fleuve Saint-Laurent. La page d’accueil du projet met déjà l’utilisateur en contexte: présentation des auteurs, crédits et recommandations pour de meilleures performances lors de la navigation s’y trouvent, ainsi que la vidéo d’une étendue d’eau houleuse enchâssée dans divers éléments géométriques et pictogrammes reliés à la navigation en mer. Lorsque l’internaute clique sur la vidéo, il est automatiquement redirigé vers l’interface de navigation de l’œuvre, constituée de huit parties qu’il conviendra de détailler.

Tout d’abord, une page Web plein écran remplace la page d’accueil. Cette page est constituée de mosaïques de photos qui sont remplacées régulièrement grâce au rechargement automatique de la page. Les mosaïques en question sont élaborées autour de différentes thématiques: ciels, pierres, paysage fluvial, détails de végétaux, bouts de cartes géographiques diverses. À cette mosaïque photographique et cartographique est surimposée une fenêtre intempestive (pop-up), elle-même divisée en sept parties.

Une première bande, en haut de la fenêtre, présente une lisière de carte géographique qu’il est possible de changer d'un clic. Sur ce bout de carte se déplacent quatre bouées qui défilent successivement. En cliquant sur celles-ci, une nouvelle fenêtre intempestive apparaît et, lorsque le curseur de la souris y est glissé, une vidéo est activée. Les quatre bouées renvoient à une vidéo présentant un plan d’eau, par-dessus lequel le mot «eau» apparaît en diverses langues (français, anglais, allemand, polonais) et se déplace en accord avec les mouvements du curseur.

Sous la carte aux bouées sont disposées quatre cases qui se déplacent de façon aléatoire lors des rechargements de la page. L’une d’elle offre le profil du fleuve Saint-Laurent dans la région entourant Saint-Jean-Port-Joli, identifiée en blanc. D'autres endroits sont identifiés en jaune autour de la municipalité en question. Lorsque l’internaute clique sur l’un de ces points de couleur, une bande de texte s’affiche sous le panorama qui constitue la pièce centrale de la fenêtre intempestive, et où divers paysages fluviaux défilent en boucle. Ce texte est la traduction d'une entrevue avec un intervenant expliquant le cycle des marées, la vie portuaire de la région et les particularités hydrographiques de tel ou tel secteur. Lorsque le point identifié à la ville de Saint-Jean est activé, l’internaute peut écouter des extraits de chants marins, dont le très fameux «Santiano», popularisé par Hugues Aufray, renommé «Santiago» dans l’œuvre.

Une deuxième case de la série propose plutôt une vue schématique du fleuve Saint-Laurent et de son golfe. Sept zones peuvent être cliquées à l’intérieur de cette case, chacune présentant un panorama photographique ou bien un détail (tas de bois sur la berge, algues marines, bulles d’air…) d’abord pixélisé puis gagnant progressivement en netteté. Cet effet de pixélisation a non seulement pour conséquence de rappeler à l’internaute qu’il se trouve devant une représentation numérique du territoire, mais aussi de révéler pleinement les richesses visuelles de la nature.

La troisième case, située sous la bande aux bouées, donne à voir sur chaque côté de la rive les symboles identifiant la présence de balises répondeuses radar: en cliquant sur ces images, une nouvelle fenêtre comportant un écran radar est ouverte. Un point rouge, identifié au nom de Saint-Jean-Port-Joli, se déplace vers le centre du radar. L’internaute peut entendre un bulletin météo concernant la région récité par une voix féminine. L’utilisateur peut interrompre en tout temps le bulletin en cliquant dans la fenêtre du radar, retournant ainsi à la première fenêtre intempestive.

La dernière case située sous la carte aux bouées propose quant à elle un graphique représentant le cycle des marées. Le haut et le bas de l’image sont cliquables et mènent à deux albums média différents; on comprend rapidement qu’il s’agit de photos et de vidéos prises à marée haute ou à marée basse. Chaque album est constitué de neuf cases contenant trois photographies chacune (il suffit de cliquer ou de glisser le curseur de la souris sur les cases pour en faire changer le contenu). On y retrouve des photos de la berge, des deux auteurs de l’œuvre et de complexes rocheux situés sur la rive. Trois cases sont réservées à des clips défilant en boucle. Deux d'entre elles sont identifiées par le sigle TCG (Temps-coordonné géocentrique) et ont des marqueurs croissants; la troisième est identifiée parfois par le sigle TCG, parfois par le sigle TCR et possède un marqueur décroissant.

Les deux bandes centrales communiquent entre elles; on y présente d'abord un panorama dont le paysage change à toutes les cinq à sept secondes. En cliquant sur celui-ci, l’internaute peut faire défiler une série de photos (vraisemblablement prises à différents moments de la marée) qui reconstruisent le paysage fluvial en prenant compte d’une temporalité décalée mettant le geste perceptif (photographique dans ce cas-ci) bien en évidence. Sous le panorama, des boussoles, comportant des aiguilles tournant comme le feraient celles d’une horloge, permettent de sauter d’un paysage à l’autre sans attendre le défilement des panoramas. La cohabitation boussole-horloge rappelle le temps cyclique, en accord avec le territoire.

Finalement, la bande inférieure de la fenêtre intempestive d’origine est occupée par une autre portion de carte géographique où des symboles utilisés sur les cartes de navigation (balises fixes, points de repère…) clignotent. Chacun d'entre eux renvoie à un élément relatif à la navigation en mer: un gamin jouant avec un bateau en papier, une photo ancienne de marins, un outil de navigation chinois au centre duquel un soleil se couche (et où le bateau de papier vogue), des pages d'un manuel d’explication de bornes et de signaux de  navigation… Comme l’explique Sylvie Parent dans une critique de l’œuvre de Lefèvre et Koutnouyan, cette œuvre a su faire converger les possibilités du numérique pour donner une vision multiple d’un espace naturel du Québec (Parent, 2008).

Pour citer
Bordeleau, Benoit. 26 avril 2010. « Au bord du fleuve / On the Riverside, par Lefèvre, Joseph et Martine Koutnouyan ». Fiche dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du Laboratoire NT2. En ligne sur le site du Laboratoire NT2. <http://nt2.uqam.ca/fr/repertoire/au-bord-du-fleuve-riverside>. Consulté le 17 octobre 2017.