Sandra Dubé

BlazeVOX.org est la version en ligne d’un journal permettant, en plus de la lecture d’articles, l’achat d’œuvres poétiques « post-avant », comme des eBooks ou encore des jeux, de la musique, des vidéos. Les documents sont généralement téléchargeables et disponibles sur le site, mais il est aussi possible de les commander par la poste. De plus, l’internaute peut soumettre une création ou un article qui, s’il est de sélectionné, sera par la suite publié dans le périodique.
« The Virtual disappearance of Miriam » relate l’histoire d’un homme à la recherche de sa conjointe, Miriam, absente à son réveil. Divisée en quatre parties, l’œuvre interactive propose différents univers, comme un journal intime, un jeu vidéo, un scénario cinématographique, la toile Internet, où s’inscrivent les pensées et les fabulations du narrateur. Entre le temps qui semble se figer et la panique de celui qui désespérément cherche sans trouver émerge une atmosphère d’étrangeté assez bizarre. Où est-elle, c’est ce que l’internaute tente de savoir tout au long de son parcours dans l’hypertexte. Or, la réponse dépend de lui car trois fins sont possibles, une «sad ending, happy ending, postmodernist ending.»
L’œuvre relate l’histoire d’un accident de voiture volée à travers douze photographies où des mots, en rapport avec le déroulement de la mésaventure, apparaissent ici et là dans l’écran. Des sons de moteur, de roues et de sirènes d’ambulance se mêlent à la partie, ajoutant une note dramatique à l’évènement raconté.
Cette oeuvre présente un auteur tentant de publier son livre, mais dont les éditeurs lui demandent constamment d’effectuer des corrections. L’œuvre ne se réalise pas au-delà des pages d’introduction. Plusieurs ébauches ont été faites, par contre, et l’hypertexte en propose l’exploration. Grâce aux commentaires activables des correcteurs de la maison d’édition, l’internaute a accès à une panoplie de mises en page modifiées avec différents titres, noms, biographies, dessins, photos. Il apprend aussi que c’est l’artiste qui, à bout de patience, a finalement avorté le projet de publication.
L’œuvre est une animation en trois dimensions illustrant un rêve, celui de la chute et de l’explosion d’un camion routier dans un ravin. L’accident est accompagné de courtes phrases commentant l’événement, les réactions des passagers, mais elles défilent si vite à l’écran qu’il est impossible de les lire. L’internaute doit alors utiliser l’option offerte dans la barre d’outils, lui permettant de visionner la séquence par plan, afin d’entreprendre la lecture.
Un artiste offre à la science son corps numérique mort et démembré. Il nous présente sa tête, à laquelle il a ajouté des fragments de textes, des dessins, des flèches et des hyperliens qui renvoient à huit animations portant sur son identité, sa démarche, ses pensées. Une barre d’outils permet d’approcher ces phrases qui sont, dans l’ensemble, trop petites pour être lisibles. D’autres options s’offrent aussi à l’internaute, comme le contrôle de la lumière, du son, de la qualité de l’image et de la grandeur de l’écran. Un problème majeur de lisibilité tient à la vitesse trop rapide du texte animé, qui rend malheureusement la lecture impossible à certains endroits.
Le site s’ouvre sur une note froissée, pratiquement indéchiffrable, laissée par un protagoniste suicidaire. En déplaçant le curseur sur la feuille, des cercles rouges activables se forment autour de certains mots et dirigent l’internaute vers des animations de pages de livres, de textes, de disquette et de cédérom, expliquant son désespoir. Une barre d’outils, dans le haut de l’écran, facilite l’exploration de l’œuvre en permettant de zoomer, de réduire, de tourner, de renverser, de rendre invisible, d’ajouter de l’éclairage, du son et d’agrandir l’écran. Il est même possible de contacter l’auteur via courriel.
Cette oeuvre présente une image, en noir et blanc, d’un papillon pris à l’intérieur d’un pot transparent. De courts textes accompagnent le tout, mais n’apparaissent qu’en réaction au positionnement du curseur. Ils expliquent poétiquement le fonctionnement de l’appareil ainsi que l’engendrement et le développement de sa matière vitale.
Cet hypertexte nous plonge dans l’univers onirique et artistique de la défunte grand-mère du protagoniste. L’histoire de ses rêves, racontés en textes et en images, date des années soixante-dix. Le matériel présenté, comme des peintures et des récits relatant la mystérieuse disparition de sa sœur, n’existe plus. L’auteur reconstitue alors, en fragment de souvenirs, l’évènement cauchemardesque tel que vécu par son aïeule. L’ambiance sonore contribue remarquablement bien à soutenir l’effet d’inconfort et de peur dus à l’étrangeté du sujet abordé.
Cette création hypertextuelle réalisé par Andy Campbell offre deux avenues de navigation à travers le journal personnel d’un homme appelé Mike. L’une, nommée « fractured », raconte en animation son histoire et l’autre, intitulée « diary » le fait plutôt à travers un texte et des hyperliens. Le récit troublant du personnage, jadis victime de violence, se déroule en parallèle à sa relation amoureuse avec Mel, qui le questionne sans cesse sur son passé et l’oblige à réfléchir à son identité. La vidéo, des photos, des tickets de train, des dessins, de la musique, se mêlent aux mots et aux images. Le tout est parfois trop rapide et rend la lecture, à certains endroits, malheureusement impossible.
L’œuvre illustre le scrapbook de l’artiste Anne Sykes. Les notes écrites à la main et les découpures de journaux sont révélatrices de sa personnalité un peu bizarre. Il y a beaucoup de messages religieux (Dieu est présent à chaque page), de prises de positions contre l’évolution de la médecine, les témoins de Jéhovah, la blonde plastique parfaite. Sur le plan technique, plusieurs problèmes rendent l’exploration difficile, voire même énervante à la longue. Premièrement la manipulation du livre, pourtant obligatoire à la navigation, fonctionne une fois sur deux. L’internaute doit tenir le curseur sur la feuille qu’il tourne, mais l’action est extrêmement longue et s’avorte au moindre petit mouvement. Deuxièmement, l’écran est tellement sombre qu’une bonne partie du texte n’est pas visible. Un autre facteur empêche la lecture: la calligraphie des notes, qui est maladroite et minuscule.
Un jeune homme lègue par écrits et en image sur une disquette, ses réflexions personnelles à propos de la délicate situation dans laquelle il se trouve. Solitaire profond vivant entre le boulot et l’écran, il est régulièrement témoin des agressions sexuelles de la voisine d’à côté qui elle, tente en vain de communiquer avec lui en cognant sur le mur. Au cours de la lecture, l’internaute apprend que le narrateur a lui-même été une victime dans sa jeunesse, mais que ça lui est désormais totalement indifférent. L’histoire s’explore au fil de neuf textes en NotePad et quatre images en JEPG, tous activables à l’intérieur de la fenêtre « Floppy Disk (A :) ». Ce sont les seuls objets interactifs de l’œuvre, les menus et l’interface Windows 98 de l’écran d’ordinateur sont statiques.
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