Vidéo/film/court-métrage

Belpaire, Bérénice: _trajets

Le projet _trajets est une idée originale de Bérénice Belpaire et Clément Charmet. Ils proposent aux internautes de participer de manière inédite à la création d’un film collaboratif à partir d’un scénario imaginé à l’avance. La conception, le scénario et le story-board ont été réalisés par Bérénice Belpaire; le développement et l’ingénierie par Estelle Senay et Marvin Balungidi, la conception du design sonore  par Jan Deweille.

 _trajet  met l’internaute au cœur de la conception d’une œuvre originale, à la réalisation de laquelle il peut lui même collaborer. Pour devenir cinéaste, il suffit de s’inscrire sur le site. L’expérience s’adresse à tous, que vous soyez néophytes ou professionnels. Une fois votre pseudonyme et votre mot de passe créés, vous avez accès au story-board du scénario dans votre espace personnel de travail. Des scènes du film vous sont alors proposées de manière aléatoire. Le film ne se construit pas dans l’ordre chronologique, mais au fur et à mesure des choix de tournage effectués par les participants.

Le story-board est réalisé de manière très efficace: les informations y sont claires et concises. Elles sont suffisamment précises pour permettre la cohérence du film, tout en laissant assez de marge pour que chaque réalisateur puisse donner libre cours à son imagination et à sa personnalité. L’espace personnel de travail propose une bibliothèque de travail et de téléchargement, un espace de gestion des vidéos en cours, un accès à l'ensemble de la base de données du film  (story-board et vidéos réalisées). Toutes les techniques de mise en image peuvent être utilisées: vidéo, animation 2D et 3D. Les vidéos doivent être réalisées en mp4, AVI ou MOV et être produite au format 16:9 selon les indications de tournage fournies dans le scénario. Les vidéos peuvent être visionnées par tous, taggées et commentées. Chaque participant peut aussi créer son montage personnel du film par marquage en favori et diffuser sa participation sur ses espaces Web personnels: blogues, Facebook, etc. Le site devrait être développé sous peu afin de s’adapter aux téléphones mobiles et d’intégrer de nouvelles fonctionnalités de communication entre les participants.

_trajets  est un véritable work in progress multimédia. En plus du site Internet principal qui présente le projet et donne accès à l’espace personnel de travail, Bérénice Belpaire alimente un blogue qui permet de suivre l’actualité du film. L’artiste organise aussi des ateliers. Le premier a eu lieu du 23 au 25 juin 2011 dans le cadre du festival OPEN, Théâtre Paris-Villette. Les premières scènes du film ont été tournées à cette occasion avec le public et ont donné lieu à des performances en direct. Car, en plus d’être  réalisateur, vous pouvez devenir acteur dans ce récit fluctuant aux facettes multiples. _trajets propose ainsi une expérience qui peut s’étendre hors de l’espace strict du Web pour devenir l’objet d’une rencontre vivante dans le cadre de festivals (d’autres ateliers sont à venir), mêlant performance théâtrale, cinéma et Web.

Dans ses œuvres, Bérénice Belpaire propose une réflexion très pertinente sur le potentiel créatif des médias numériques. _trajets promet à la fois un film fragmentaire et continu, une histoire singulière aux visions multiples, une esthétique hybride et universelle.

Marinho, Chico: Palavrador

Palavrador est un environnement poétique 3D créé par Francisco Carlos de Carvalho Marinho (Chico Marinho). L'utilisateur manipule un avatar qui se promène dans un monde surréaliste peuplé de poèmes se déplaçant selon des algorithmes mathématiques inspirés des recherches en intelligence artificielle portant sur les comportements des agents mobiles autonomes. L'utilisateur active la lecture des poèmes en les approchant. Il peut de plus «lancer» des poèmes dans les airs, à l'aide d'un joystick. L'environnement se renouvelle aléatoirement, présentant une série d'éléments générés mathématiquement (par exemple, un labyrinthe fractal). Cette oeuvre de Marinho se positionne ainsi à mi-chemin entre les mathématiques, la poésie, la biologie et la cybernétique.

L'environnement 3D lui-même n'est pas disponible en ligne. Le site Web de l'Electronic Literature Organization abrite toutefois une vidéo démonstrative en anglais dans laquelle l'artiste présente le projet.

Torres, Rui: Amor de Clarice

Le poème interactif Amor de Clarice est basé sur des extraits de la nouvelle Amor, de l'auteure brésilienne Clarice Lispector. L'oeuvre s'ouvre sur un poème de 26 vers (dont le texte intégral est transcrit dans la section «citation» ci-bas) se déplaçant lentement d'un côté à l'autre de l'écran. Chaque vers est scindé par une ligne imaginaire traversant l'écran de haut en bas et, selon que l'internaute clique à gauche ou à droite de l'écran, renvoie vers deux tableaux différents. Ainsi, les 26 vers se fragmentent en un total de 52 tableaux poétiques. Les 26 tableaux de gauche présentent tous une voix d'homme lisant un texte dont certains mots s'affichent à l'écran. L'internaute peut cliquer et déplacer (click & drag) ces apparitions furtives. Pour un même vers, les tableaux de droite ont exactement la même forme (voix, texte, interactivité), mais des images vidéo viennent s'y superposer, comme si le sens final de l'oeuvre ne pouvait vraiment pénétrer qu'avec ces ajouts. En tout temps, le texte original de Lispector est présent, en un fond d'écran statique.

Fisher, Caitlin: Andromeda

Andromeda est une oeuvre de Caitlin Fisher créée à partir d'un vieux livre animé pour enfants (pop-up book). Fisher a ajouté différents codes QR dans les pages du livre; lorsque le lecteur présente le livre devant une webcam sur un ordinateur où est installée l'oeuvre, l'image du livre telle que saisie par la webcam apparaît à l'écran, à la différence près que des courts métrages et des extraits textuels animés occupent la place des codes QR. Les cadres dans lesquels apparaissent ces nouveaux éléments se déplacent en fonction des mouvements réels du livre devant la webcam. On peut aussi entendre une piste audio composée de lectures superposées de différents fragments du poème se déclencher selon la page en cours de lecture.

Il n'est pas possible de se procurer une copie du livre de Fisher puisqu'il s'agit d'un objet unique. De plus, les données nécessaires à sa lecture ne sont pas disponibles pour téléchargement. Toutefois, une vidéo de démonstration montrant le fonctionnement de l'oeuvre est accessible sur le site d'ELO.

Manetas, Miltos: Piracy: yes or no?

Avec Piracy: yes or no?, Manetas conteste les concepts de propriété intellectuelle et de copyright. Selon l'artiste, «l’information est aujourd’hui partie intégrante de notre organisme, elle est littéralement "installée" dans notre cerveau, et l’on ne peut l’effacer sur demande. C’est pourquoi nous avons le droit de posséder l’information qu’on nous projette: nous sommes en droit d’être maîtres de nous-mêmes!» [1] Et avec ce droit à l'information vient, forcément, le droit de reproduction et de réutilisation. Ainsi, pour Manetas, le «bien commun» qu'est Internet devrait être libre de tout brevet. À chacun la liberté de copier ou de ne pas copier. 

Manetas, qui applique rigoureusement cette philosophie à ses propres créations [2], désirait connaître la position de ses amis et collègues du monde artistique contemporain sur le sujet. Il a alors lancé, en 2001, une première version de iamgonnacopy.com, hébergée au http://manetas.com/iamgonnacopy/index2001.htm. Le site prend la forme d'un sondage très simple: pour ou contre la piraterie artistique [3] («I agree, no copyright ou intellectual proprety» ou «I disagree, copyright and intellectual property please!»). Les noms et les titres (designer, artiste, architecte, Web designer, écrivains, etc.) de ceux invités à répondre à la question sont alignés sous leur prise de position respective. À l'époque, 138 personnes avaient répondu à l'appel (96 en faveur du piratage et 42 contre).

En 2010, Manetas a décidé de réitérer l'expérience. Cette fois-ci, il a joint à sa réflexion un logo, une animation et un manifeste traduit en 6 langues (dont la version française est transcrite ci-bas). La question de ce second sondage allait comme suit: «We copy, we share, we agree with piracy» versus «We don't copy, we don't share, we don't agree». Sur un total de 48 répondants, 43 étaient pour et 5 contre. 

[1] MANETAS, Miltos (08/2010) «Piracy Manifesto». En ligne: http://www.piracymanifesto.com/ (consulté le 24 mai 2011) Reproduit ci-bas dans la section Notes.

[2] Miltos Manetas est, en quelque sorte, le chef de file d'un mouvement de net.art s'appelant le Neen Art. Toutes les oeuvres s'inscrivant sous la bannière Neen sont libres de droits d'auteurs.

[3] Il faut différencier piraterie et piratage (informatique, bien souvent) qui est couramment désigné sous le terme de «hacking».

Strasser, Reiner; Sondheim, Alan: Tao
Tao

Tao est une oeuvre composée d'un court poème accompagné de deux vidéos d'Alan Sondheim et d'une trame sonore de shakuhachi (sorte de flûte droite japonaise). Le poème apparaît peu à peu au bas de l'écran, sur fond noir: il évoque vaguement les bombardements de Baghdad, en insistant toutefois sur les notions taoïstes de circulation et d'équilibre. Les deux vidéos sont quant à elles présentées côte-à-côte au-dessus du poème. Deux contrôles permettent à l'internaute de faire pivoter les vidéos, comme dans un miroir, pour créer différents effets (a)symétriques.

Lacher, Mike: Steam-Powered YouTube

Steam-Powered YouTube est une interface d'inspiration steampunk permettant de visionner des vidéos YouTube. L'internaute peut sélectionner la vidéo de son choix puis la télécharger dans la fenêtre de visionnement. Ensuite, il doit manipuler trois contrôles différents pour parvenir à la visualiser: la manivelle "audio", liée à la jauge audio; la manivelle "video", liée à la jauge vidéo; et le bouton "vent", lié à la jauge de pression. L'internaute doit faire tourner alternativement les deux manivelles pour garder les aiguilles audio et vidéo le plus près possible de la zone verte de qualité optimale. Lorsque l'aiguille de la jauge de pression s'approche du rouge, il doit de plus appuyer sur le bouton de ventilation. S'il ne surveille pas suffisamment les jauges, la qualité de la vidéo se déterriore, jusqu'au "crash" total. Cet ajout d'une couche de complexité technique supplémentaire (et totalement inutile) aux interfaces vidéo habituelles répond parfaitement à la logique esthétique de la sous-culture steampunk, se résumant souvent à effacer sous un masque victorien les traces des technologies contemporaines.

Pour plus de détails, voir la fiche média de l'oeuvre.

Zelevansky, Paul: Great Blankness

Great Blankness est la vitrine de l'artiste, écrivain et professeur Paul Zelevansky, résidant actuellement à Pittsburgh. Depuis 2004, Zelevansky y présente ses petites animations mélangeant dessin, collage, vidéo, texte et musique. L'esthétique adoptée par Zelevansky s'inspire largement du postmodernisme, du Pop Art, de la culture punk et des illustrations commerciales des années 1950, créant des juxtapositions surprenantes. Sur Great Blankness, on retrouve en page d'accueil la série d'oeuvres en cours de Zelevansky, réunies sous le thème "Songs of love and rage" (2010-2011). En date du 12 avril 2011, cette série comprenait neuf vidéos présentant l'artiste en train de chanter dans différentes circonstances, portant un faux nez, une fausse moustache, de fausses lunettes et de faux sourcils. L'internaute doit simplement cliquer sur un des numéros pour activer la vidéo qui lui est associée puis recliquer sur l'écran pour l'interrompre. Sur la droite de l'interface principale, un lien permet d'accéder aux archives du site, présentant six autres séries constituées de 12 à 14 animations chacune. Pour chaque série, Zelevansky propose une section "credits" fournissant la liste des extraits musicaux empruntés, allant de John Cage à The Fugees, en passant par Dean Martin, The Cardigans, Sonic Youth, The Beach Boys, etc. Un second lien, en-dessous de celui menant aux archives, donne quant à lui accès à une section promotionnelle pour 24 IDEAS ABOUT PICTURES, un livre écrit par Zelevansky:

24 IDEAS ABOUT PICTURES is made up of 24 visual/verbal propositions about the grammar, meaning, and metaphysics of pictures. Utilizing a step-by-step structure in which each lesson builds on those that precede it, 24 IDEAS considers what makes pictures--in collusion and competition with words--alternatively powerful and unreliable as representations of reality.

Rozendaal, Rafaël: Burning Cigarette

Burning Cigarette est l'adaptation Web d'une immense installation présentée dans la boîte de nuit Club 11 d'Amsterdam. L'oeuvre présente une cigarette se consumant en trois vidéos YouTube, placées côte-à-côte: d'abord le filtre de la cigarette, ensuite le corps, puis finalement l'extrémité incandescente et la cendre. Si l'internaute n'active pas les vidéo dans l'ordre, la cigarette ne se consumera pas de façon conforme. L'oeuvre s'inscrit dans la série d'oeuvres Neen de Rozendaal.

Métadonnée: Bouchet, Myriam; Dumont, Julie

Métadonnée est une création du duo Les Bestioles, formé de Myriam Bouchet et Julie Dumont. Il s'agit d'une exploration poétique sur les thèmes de la métamorphose et de l'onirisme, inspirée des Métamorphoses d'Ovide. L'internaute y traverse successivement différents environnements présentant un amalgame de dessins, de vidéos, de textes et de photographies animés. Pour passer d'un environnement à l'autre (la terre vue de l'espace, une ville, un immeuble, la chambre d'une dormeuse, un labyrinthe, une forêt, etc.), l'internaute doit généralement balader le curseur de sa souris sur la surface de l'écran pour trouver l'élément cliquable, identifié par un son. Toutefois, dans une séquence où l'on voit la tête dessinée de la dormeuse, l'internaute doit plutôt faire tourner le curseur de sa souris autour de celle-ci, pour faire évoluer le dessin; plus loin, lorsqu'il se retrouve dans le labyrinthe, l'internaute doit de même manipuler un avatar en forme de tête de méduse pour récupérer les lettres formant le mot FORÊT.

Mécanique des idées: Beaulieu, Maroussia; Lebensold, Johnathan

Mécanique des idées est une courte vidéo offrant une réflexion sur le processus de création artistique. La vidéo est constituée d'un montage d'images enregistrées dans un studio de lithographie. En surimpression, les mots "compréhension", "trier les idées", "incertitude", "concision", "cohérence", "discours", "doute méthodique", "le mot juste" et "interférence" rythment la vidéo. Cette oeuvre a remporté le Concours étudiant Figura 2008-2009 pour la réalisation d'une oeuvre médiatique.

Welcome to Pine Point est un projet de documentaire interactif mis sur pied avec le soutien de l’Office national du film du Canada (National Film Board of Canada) et réalisé par les deux membres fondateurs de The Goggles, Paul Shoebridge et Michael Simons. Il s’agit d’une exploration de la mémoire de Pine Point, une ville industrielle des Territoires du Nord-Ouest (Canada) fondée en 1952 et fermée en 1988 suite à l’abandon des activités minières dans le secteur. Le projet a été inspiré par le site Pine Point Revisited de Richard Cloutier, entièrement consacré à la conservation des photographies et des témoignages des anciens résidents de la ville. Richard Cloutier apparaît d’ailleurs à plusieurs reprises dans Welcome to Pine Point : lorsque l’internaute accède au site, c’est sa voix qui se fait entendre en trame sonore, récitant des contrôles vocaux utilisés pour la mise en page de sites Web. Plus tard, les artistes dressent également un portrait-mosaïque comparé de Cloutier : à l’époque de Pine Point et dans les années ayant suivi la fermeture de la ville.

Welcome to Pine Point est composé d’une suite de courts segments mélangeant photographie, vidéo, texte, dessin, musique et témoignages audio. Les éléments sont juxtaposés selon une esthétique du collage rappelant la pratique du scrapbooking. Les segments eux-mêmes sont divisés en dix sections : «Intro», «Town», «Pinepointers», «Ends and odds», «Cosmos 954», «Here to work», «Shelf life», «What’s weird», «Remains» et «One for the road». L’enchaînement de ces sections permet d’organiser les éléments de l’œuvre selon une certaine logique narrative d’ordre chronologique. Pour passer d’un segment à l’autre, l’internaute utilise simplement les deux onglets «PREV.» et «NEXT» placés aux deux extrémités de l’écran. Il est aussi possible de sauter directement d’une section à l’autre en cliquant sur le menu déroulant situé dans le coin inférieur gauche. Les segments renferment des modes d’interactivité diversifiés : des liens cliquables renvoient à des vidéos qui apparaissent au premier plan lorsqu’elles sont activées; des cadres intégrés à l’image renferment des photographies et des vidéos que l’internaute peut faire se succéder en utilisant les flèches prévues à cet effet; des éléments comme des badges ou des cartes peuvent être déplacés (click & drag); de même, le texte placé au premier plan peut être caché dans les marges de l’écran en un seul clic, pour permettre de mieux voir les photographies et les vidéos; et le défilement de certaines photos panoramiques, auxquelles se superposent les dessins des artistes, est contrôlé par la position du curseur de la souris de l’internaute. Ces modes d’interactivité variés incitent à la flânerie (il est agréable de découvrir peu à peu tout ce que renferme chaque segment) et donnent à l’œuvre un caractère manifestement ludique.

Le ton général de l’œuvre de Shoebridge et Simons est doux-amer. Les images de Pine Point, datant essentiellement des années 1970 et 1980, ont quelque chose de rassurant. Pine Point semble figée dans le temps, à l’abri de tout, préservée du monde dans un coin reculé de la mémoire. Comme le disent les artistes en introduction : «Imagine your hometown never changed... Would it be so bad?» Même lorsque les artistes s’intéressent à ce que sont devenus aujourd’hui les habitants de Pine Point, c’est avec une infinie tendresse. Pas de place pour les mauvais souvenirs; l’image construite de Pine Point est celle d’une ville où les habitants «seemed to be holding a decades-long party» [1]. La trame sonore, composée par le groupe indie rock montréalais The Besnard Lakes, y est aussi pour beaucoup. Mais malgré ce biais évident des créateurs, il est difficile de leur reprocher d’avoir préféré dresser un portrait «émotif» de Pine Point (qui exploite notre soif de nostalgie) plutôt que d’avoir offert une image réaliste de ce qu’était la ville avant sa fermeture… Le sujet central de l’œuvre n’est pas tant «Pine Point» que notre besoin d’appartenance. Le Pine Point reconstitué par Shoebridge et Simons est un Pine Point qui peut servir de point d’attache, qui possède le côté rassurant des souvenirs d’enfance. L’espace virtuel du documentaire en ligne prend ici le relai de l’espace réel qui n’est plus pour donner à la mémoire de l’individu un lieu de refuge. C’est pour cela que Richard Cloutier avait déjà mis sur pied le site Pine Point Revisited; les créateurs de Welcome to Pine Point ne font, d’une certaine manière, que reprendre avec plus de moyens la mission de Cloutier.

Bref, Welcome to Pine Point est l’occasion de repenser avec nostalgie à sa propre ville, à sa propre jeunesse. Comme les souvenirs que nous gardons de notre maison d’enfance, le Pine Point de Shoebridge et Simons est un Pine Point épuré, rassurant, où l’on se sent temporairement protégé du monde. Dans cette œuvre, l’idée du «lieu» ou de l’«espace virtuel» prend définitivement tout son sens.

Notons que, au bas de l’écran, une barre de menu donne accès à un texte de présentation, à la liste des crédits, à un formulaire de contact et à une liste de films l’Office national du film du Canada abordant des thématiques similaires.

[1] Extrait de la section «Intro» de l’œuvre.

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