Unity

Mullins, Matt: Highway Coda

Highway Coda est un poème en prose de Matt Mullins qui combine vidéo, musique et texte. L'interface de l'oeuvre imite la face d'un amplificateur électrique, du genre de ceux qu'utilisent les guitaristes et les bassistes dans les groupes de rock.

La première partie d'Highway Coda, qui se déclenche automatiquement lorsque l'internaute accède à l'oeuvre, est composée d'une vidéo expérimentale présentant des séquences itératives filmées sur la route: asphalte qui défile, vue du véhicule, paysage, etc. Parfois, des segments du poème apparaissent dans un coin de l'écran. Une musique composée par Mullins accompagne le tout. Une fois la vidéo terminée, l'internaute accède à la deuxième partie de l'oeuvre. (S'il ne désire pas attendre la fin de la vidéo, l'internaute peut aussi simplement cliquer sur le lien «Skip» placé dans le coin supérieur droit de l'interface.) Dans la deuxième partie d'Highway Coda, quatre fenêtres contenant les quatres strophes du poème de Mullins apparaissent une à une, occupant chacune un cadran de l'interface. Lorsqu'une nouvelle fenêtre s'affiche, elle ne contient d'abord qu'une image illustrant une section du poème: l'internaute doit cliquer sur celle-ci pour faire apparaître/disparaître le texte et déclencher/arrêter la lecture audio de la strophe. Une trame sonore propre à chaque fenêtre se fait aussi entendre tant que la fenêtre qui lui est associée demeure visible. Dans cette deuxième partie de l'oeuvre, l'internaute peut donc déclencher la lecture simultanée de plusieurs strophes du poème, créant différents agencements sonores. Dans le haut de l'interface, huit contrôles rotatifs permettent de contrôler le volume des pistes vocale et sonore de chaque strophe.

Le poème de Mullins évoque une courte tranche de la vie d'un groupe rock sur la route. En train de se partager un joint dans la cabine de leur fourgonette en cuvant l'alcool de la veille, les musiciens observent une corneille s'emparer d'un carton de mets chinois au milieu de la route.

Mullins, Matt: I Will Make an Exquisite Corpse

I Will Make an Exquisite Corpse est la remédiatisation par Matt Mullins d'un de ses poèmes, publié dans le magazine > kill author [1]. Programmée sur Unity, cette remédiatisation permet à l'internaute de remixer les vers du poème avec des images, des vidéos et des fichiers audio (bruits d'ambiance et voix).

Le centre de l'interface est occupé par trois roues à six faces. Ces roues sont superposées, formant un genre de colonne, et peuvent être manipulées indépendamment les unes des autres (rotation autour d'un axe central). Lorsque l'internaute accède à l'oeuvre, toutes les faces des roues sont vides; il revient à l'internaute d'y recomposer à sa guise le poème de Mullins. Sur la gauche, une série de miniatures identifient les images et les vidéos que l'internaute peut agripper et glisser (click and drag) vers une des dix-huit faces de la colonne centrale. Sur la droite, on retrouve plutôt les dix-huit vers du poème, séparés ou regroupés en trois blocs. Ces vers peuvent eux aussi être agrippés et glissés vers la colonne centrale. D'autres contrôles permettent d'activer les fichiers audio, d'inverser une image affichée sur une des faces de la colonne et de faire pivoter aléatoirement les roues pour créer de nouvelles combinaisons images/texte.

I Will Make an Exquisite Corpse explore la question de l'anatomie du poète et de la mortalité du corps humain, présenté comme un assemblage de chair et de muscles, de blessures et de pulsions destructrices.

 

[1] Matt Mullins (2010) «I Will Make an Exquisite Corpse». > kill author, no 8, p. 48. En ligne: http://killauthor.com/pdf/killauthor_issueeight.pdf (consulté le 16 janvier 2013)

Étudiants au D.E.S.S. en Design de jeux de l’Université de Montréal: Contrecarré

Contrecarré est une initiative des étudiants de la promotion 2012 au D.E.S.S. en Design de jeux de l’Université de Montréal. Créé lors de la grève générale illimitée étudiante des universités et cégeps québécois en réaction à l'annonce du gouvernement annonçant une hausse de 1625$ des frais de scolarité, ce jeu relate de manière parodique, critique et cynique la réaction du gouvernement libéral face aux demandes et aux manifestations des étudiants. Le jeu tire son nom du symbole du mouvement étudiant: le carré rouge.

Le jeu est de type «tower defense»: un parcours prédéfini est emprunté par l’ennemi et l’internaute doit placer des tours défensives à des endroits stratégiques afin d’empêcher les indésirables de se rendre à destination. Dans Contrecarré, l’internaute prend le rôle du gouvernement et doit empêcher les étudiants de se rendre au Parlement du Québec, tout en maintenant un taux de démocratie le plus bas possible. Pour ce faire, il peut utiliser les forces policières, les médias et la politique. Les premières frappent sur les étudiants; les seconds diffusent des messages de propagande afin de décourager les manifestants; et la troisième génère des messages politiques confus qui ont pour effet de ralentir le mouvement étudiant. Chaque étudiant qui plie face aux forces déployées rapporte 1625$ au gouvernement, argent qui permet de mettre en place plus d'éléments défensifs. À la fin de chaque vague d’assaillants, l’internaute a le choix de négocier ou non avec les étudiants. S’il accepte, le jeu se termine et les étudiants l’emportent.

Le jeu terminé, l’internaute est invité à visiter la section «Le livre d’or» qui permet non seulement de signer son nom et de donner ses commentaires sur le jeu, mais également de réfléchir sur les enjeux mis en scène. En effet, l’internaute remplit un questionnaire où lui est demandé, par exemple, si le jeu l’a fait réfléchir sur l’application actuelle de la démocratie ou encore sur la manière dont les forces policières, médiatiques et politiques sont utilisées dans ce genre de conflit.

Il est possible pour l’internaute de jouer en ligne ou de télécharger le jeu.

Aaron Oldenburg, Peripheral Amnesia

Peripheral Amnesia est un jeu créé par Aaron Oldenburg. Le joueur est invité à incarner un thésauriseur (hoarder) faisant l'inventaire des objets qui l'entourent. Pour visualiser un objet, le joueur n'a qu'à déplacer sa souris jusqu'à ce que le rectangle central de son champ de vision se pose sur celui-ci. Chaque objet est associé à la photographie d'un utilisateur de Facebook, affichée dans le coin supérieur gauche; cette photo se dégrade si le joueur ne regarde pas assez l'objet qui lui est associé, mais la préservation de la photo s'accompagne de sa déformation graduelle... En gardant un objet suffisamment longtemps dans le rectangle central, le joueur peut aussi s'en saisir et le déplacer dans la pièce. En trame sonore, on entend des status mis à jour en temps réel par des utilisateurs de Facebook, lus par le logiciel vocal Anna de Microsoft.

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