Twitter

Deck, Andy: Crow Sourcing

Crow Sourcing est un projet d'Andy Deck qui utilise le principe du crowdsourcing (aussi appelé collaborat ou externalisation ouverte) pour explorer les origines et les significations de diverses expressions se rapportant à des animaux. L'interface de navigation du site est composée de plusieurs sections: sous le titre, une série de liens renvoient vers de l'information sur le projet et vers les principales fonctionnalités interactives («feeds», «download», «submission», «share»). Juste en bas, une barre présente en rotation continue les tweets envoyés sur CROW_SOURCING, le compte Twitter du projet. Au centre de l'écran, plusieurs icônes présentant des silhouettes d'animaux permettent d'ouvrir les fenêtres où les expressions qui les concernent sont répertoriées et discutées. Finalement, sur la gauche, une liste d'expressions renferment des liens vers ces mêmes fenêtres, offrant une deuxième porte d'entrée vers le contenu principal du projet.

Ce sont les internautes qui sont invités à nourrir le site en soumettant des expressions qui les intriguent, en fournissant leurs propres explications et théories à propos d'expressions se retrouvant déjà sur le site ou en partageant l'oeuvre sur leurs réseaux sociaux afin d'attirer d'autres participants. Il est à noter que l'artiste offre des calendriers téléchargeables reprenant certaines des expressions les plus intéressantes mises au jour sur Crow Sourcing.

Le projet existe aussi en application mobile Android.

Carpenter, J. R.: Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR

Story Generation(s) est une série de trois générateurs programmés en Python par J. R. Carpenter à partir de scripts empruntés à Nick Montfort et publiés sur le blogue Grand Text Auto [1]. Les trois générateurs de la série Story Generation(s) sont Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR (juin 2009), I've Died and Gone to Devon (novembre 2009) et Auto-Autobiography (février 2010). Pour utiliser les générateurs, l'internaute doit installer Python sur son ordinateur et télécharger les fichiers .py fournis par l'artiste. Une fois activés, les générateurs sont lancés dans une fenêtre terminale. Il suffit d'appuyer sur la touche Retour pour générer un nouveau bloc de texte.

Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR raconte la cohabitation de Carpenter et de Pookie 14, un bernard l'hermite, en juin 2009. Le ton est léger et humoristique, parfois légèrement claustrophobe. I've Died and Gone to Devon est un générateur adapté d'entrées Twitter publiées par Carpenter lors d'une visite dans le Devon, en Angleterre. Les blocs de texte générés par I've Died and Gone to Devon rappellent la forme du carnet de voyage. Finalement, Auto-Autobiography produit de faux récits autobiographiques intimistes, imitant les mécanismes de la mémoire.

 

[1] Nick Montfort (30/11/2008) «Three 1K Story Generators», sur Grand Text Auto. En ligne: http://grandtextauto.org/2008/11/30/three-1k-story-generators/ (consulté le 16 janvier 2013)

Baker, Chris: Twitter Bot Theater

Twitter Bot Theater est un théâtre en ligne imaginé par Chris Baker. Tous les jours à la même heure, des robots Twitter préprogrammés (des Twitter bots) se mettent à gazouiller de concert les répliques d'une pièce de théâtre, que l'internaute peut alors suivre soit en regardant défiler en temps réel les tweets apparaissant sur le site Web du Twitter Bot Theater, soit en s'abonnant aux tweets de chacun des personnages pour les suivre sur sa propre page Twitter. Depuis le 23 avril 2012, c'est la pièce Glenngary Glen Ross de David Mamet qui est jouée du lundi au vendredi à 13h. Il est à noter que l'artiste a utilisé, pour représenter les personnages, des photographies tirées de l'adaptation cinématographique de la pièce, réalisée par James Foley en 1992.

Baker, Greenspan, Lacher, Loffredo: The World's Most Exclusive Website

The World's Most Exclusive Website est un site Web apparu au début de juin 2011 et ayant attiré plus de 25 000 visiteurs dans ses huit premières heures d'existence [1]. Le site est constitué d'une succession de pages représentant des pièces diverses (par exemple: un placard à balais, l'intérieur d'une yourte ou une salle de musée) auxquelles l'internaute accède en utilisant les informations relatives à son compte Twitter. Pour passer la porte d'entrée, il faut posséder un compte Twitter certifié, réservé aux utilisateurs oeuvrant dans le domaine de la musique, du cinéma, de la politique, des finances, etc. Bref, être une célébrité ou une figure publique quelconque. L'accès aux autres portes nécessite quant à lui un nombre toujours grandissant d'abonnés: 5 000 pour la deuxième porte, 25 000 pour la troisième, puis 100 000, 500 000, 1 000 000, 5 000 000, etc. Dans chaque pièce, en haut de l'écran, l'internaute peut voir la liste des personnes s'étant elles aussi rendues jusque là, une pastille bleue identifiant en temps réel les personnes présentes. Chaque pièce est ainsi un peu plus «exclusive» que la précédente, la liste des visiteurs s'amenuisant peu à peu. Et dans chaque pièce, toujours, une nouvelle porte invite l'internaute à essayer de pénétrer dans l'autre pièce, pour passer au niveau suivant... (Aucune interaction n'est possible entre visiteurs. Ce qui compte est simplement d'y être, de voir son nom s'afficher avec les autres au haut de la page.)

Si un internaute essaie de franchir la première porte sans posséder de compte Twitter certifié, le message suivant apparaît:

Verified Twitter accounts are reserved for the famous or otherwise socially significant. You are being redirected to a slightly less discriminating destination.

La page du site Web de la chaîne de restaurants Olive Garden s'ouvre alors, remplaçant celle du World's Most Exclusive Website dans le fureteur de l'internaute. (Rappelons que la devise de la chaîne Olive Garden est: «When you're here, you're family» [2], antithèse parfaite du principe d'exclusivité du World's Most Exclusive Website.) Si un internaute ayant déjà franchi la première porte se heurte à une des portes suivantes pour cause de nombre insuffisant d'abonnés, c'est plutôt ce message qui apparaît: «You don't meet the requirements for entry. Please remain here until you are more popular.»

Auparavant, la progression de chaque internaute était automatiquement rapportée dans leur fil Twitter. Cette fonction de tweet automatique est aujourd'hui désactivée, permettant aux internautes de relaxer dans The World's Most Exclusive Website en toute confidentialité.

[1] Hayes, Mike (2011). «Meet The Creators Of TheWorldsMostExclusiveWebsite.com», BuzzFeed. En ligne: http://www.buzzfeed.com/mikehayes/meet-the-creators-of-theworldsmostexclusivewebsite (consulté le 26 juin 2012).

[2] Olive Garden. En ligne: http://www.olivegarden.com/ (consulté le 26 juin 2012).

Wood, Philip: MEDIALOUNGE

MEDIALOUNGE est une collection de clips médiatiques critiquant la culture de l’information actuelle. Le projet de Wood a débuté sous le nom Sign69 en 1996 et a évolué au fil des ans par l’ajout constant de nouveau contenu. Il est d’ailleurs possible de suivre l’artiste sur Twitter ou sur StumbleUpon afin d’être mis au courant des nouveaux ajouts.

L’œuvre se divise en six sections, chacune contenant une sélection d’éléments médiatiques distincts. «speak easy» présente le visage d’un bébé récitant un discours ou vendant des produits, sur un fond visuel et sonore hypnotique. «the greatest story ever told» joue des clips de films américains tout en faisant défiler des messages commerciaux (ressemblant à des spams) sur fond de musique et parfois de voix. «video lala» montre des vidéos urbaines qui se superposent à des lignes géométriques aléatoires, évoquant un trajet sans cesse renouvelé. «eye candy» présente des animations géométriques et  kaléidoscopiques avec un son constant rappelant celui émis par une télévision qui ne reçoit plus de signal. «mystic magazine» présente des photographies diverses – actualité, mode, etc - et des mots faisant office de slogans sur une musique populaire. «spam = maps» est la section qui est mise à jour; elle contient divers clips reprenant les thèmes abordés dans les autres sections.

À l’intérieur de chacune des sections, le clic amène une nouvelle vidéo, sans toutefois changer les éléments graphiques superposés ou le fond sonore. Ces derniers sont choisis aléatoirement lors de l’ouverture de la section ou lors du rechargement de la page, à l’exception de «speak easy» et «eye candy». Il est possible de faire une donation à l’artiste via Paypal en cliquant dans le bas de la page.

Punk, Jim: eq=.s.te =n.c&de/s

eq=.s.te =n.c&de/s, aussi appelée crashtxt, est une oeuvre qui permet d'utiliser des caractères et symboles pour rédiger des gazouillis sur Twitter. En effet, l’internaute est placé devant une page où des centaines de caractères sont présentés, faisant penser aux tables de caractères que l’on retrouve sur les systèmes d’opération informatiques. Punk reprend justement plusieurs des caractères étrangers, émoticones, symboles mathématiques et autres que l’on retrouve à l’intérieur de polices spécifiques.

L’internaute, en cliquant sur les symboles, assemble une «phrase» (si l’on peut la qualifier ainsi) dans le haut de la page. Une fois terminé, en cliquant sur la touche «o<», le gazouillis est publié sur la page Twitter @crashtxt, où toutes les précédentes entrées (plus de 1500) sont rassemblées.

Cirio, Paolo : The Big Plot

The Big Plot est une oeuvre de Paolo Cirio utilisant l’infosphère actuelle dans une optique narrative et commentant l'intrusion de la vie privée sur le Web. Elle se présente sous la forme d'une intrigue politico-romantique centrée sur la vie de quatre personnages: un pilote russe leader d’une révolution politique, un psychologue anglais naïf, une journaliste canadienne ambitieuse et un homme d’affaires espion.

L’histoire n’est pas racontée de manière linéaire, mais bien par l'utilisation de différents réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, WordPress, MySpace, YouTube, LinkedIn, etc. Il faut donc investiguer chacune des publications des personnages afin d'en connaître davantage sur eux et de saisir l’intrigue. Cirio force ainsi l'internaute à effectuer un travail d'enquête et d'espionnage sur des individus utilisant naïvement les outils sociaux disponibles sur le Web. Il est également possible pour l'internaute de commenter les publications des protagonistes et de prendre part à l'histoire.

Les différentes publications sont apparues dans l’infosphère entre juillet 2008 et le début 2009; il était alors possible de s’inscrire à des alertes courriels et à un flux RSS afin d'être informé lorsqu’un nouveau billet était publié, ce qui permettait de suivre l’histoire «en direct» (il est toujours possible de s’inscrire, mais il n'y a évidemment aucune nouvelle notification). Le site garde en archives tous les billets et une transcription des vidéos sous forme de .pdf qu’il est possible de télécharger.

Derek: Social Sentiment

Dans le cadre de son travail pour Hook, une compagnie de développement de contenus interactifs pour les entreprises, Derek (au nom de famille inconnu) a exploré des manières de visualiser les gazouillis en temps réel, ce qui a donné l'oeuvre Social Sentiment. Sa particularité est qu'elle trie les publications selon leur «humeur»: positive, négative ou neutre. Pour se faire, l'oeuvre filtre les gazouillis en suivant une liste de mots-clefs, tels que «not», «happy», «forsaken», «great», etc. La plupart des applications Twitter permettant d'obtenir des données de géolocalisation, les gazouillis sont affichés sur un globe terrestre en 3D, selon trois couleurs: bleu pour les gazouillis positifs, rouge pour les négatifs, et blanc pour les neutres. Une carte d'humeur «twitteresque» est ainsi formée en temps réel.

L'oeuvre est disponible sous trois formes: la première est une version simplifiée et est disponible directement sur le site de blogue de Hook. Il est à noter que l'applet java ne fonctionne pas sur l'environnement Mac. C'est pourquoi une version complète est téléchargeable pour l'OS Mac, de même que pour Windows.

Tyler, Sticka: Portwiture

L'objectif de Portwiture est de créer un portrait du compte Twitter de l'internaute ou de tout autre compte dont le nom est connu. Le logiciel de l'oeuvre regarde et analyse les gazouillis publiés, en tire des mots-clefs parmi les termes les plus récurrents, et leur associe des images du site Flickr. Le résultat est une mosaïque formée de 50 images qui dresse un portrait de l'usage du compte Twitter. Il est également possible de voir le tout sous forme de diaporama, grâce à une option située au bas de la page. Il est intéressant et amusant de voir les associations entre textes et images ainsi créées, qui sont souvent très différentes des intentions de l'auteur et ses publications.

Brian, Piana: Tweeting Colors

Tweeting Colors est une oeuvre construite à l'aide d'un compte Twitter, qui transforme des gazouillis en bandes de couleurs verticales. Suivant l'approche du réseau de microblogues, 140 couleurs sont disponibles sur le site -— la liste est dans la section «directions». Afin de créer une nouvelle bande de couleur, l'internaute se connecte sur son compte Twitter et envoie un gazouillis ayant #tweetcolors comme sujet, suivi du nom de la couleur et d'un chiffre de 1 à 30 pour définir l'épaisseur de la bande. Cette nomenclature est lisible par le filtre mis en place par l'artiste, pour tout type de gazouillis. L'internaute peut ainsi générer des couleurs à même ses publications habituelles, ce qui permet d'alimenter constamment les bandes de couleurs.

Frespech, Nicolas: Pollution

Pollution est une oeuvre de Nicolas Frespech qui propose à l'internaute de «polluer» ses réseaux sociaux avec des messages corrompus faisant la promotion de l'exposition en ligne Pollution (Incident.net, 2009-2011). L'internaute dispose de trois options de participation: il peut envoyer un message courriel aux personnes de son choix en cliquant sur le premier lien en haut de l'écran (le texte de ce message est reproduit plus bas, dans la section Citations); il peut utiliser son téléphone portable pour scanner le code QR fournit par l'artiste et faire suivre un SMS à ses contacts («SMSTO::Projet Pollution. Si tu aimes polluer fais comme moi et envoie ce message tout autour de toi!»); ou encore il peut choisir d'afficher le spam de Frespech sur ses comptes Twitter et Facebook. Plus les messages corrompus de Frespech circulent, plus ceux-ci courent le risque de se détériorer, et plus la pollution médiatique globale augmente. Comme nous le rappelle l'artiste:

Dans l'univers médiatique contemporain, la notion de pollution intervient dès lors qu'un message est altéré, transformant ou rendant difficile sa réception. D'un autre côté, la pollution apparaît aussi dans la transformation qu'elle opère sur le message, comme un élément révélateur d'un trop grand polissage du flux hypermédiatique contemporain.

That can be: Hazenberg, Wimer

That Can Be est une oeuvre de Wimer Hazenberg, connu sur le Web sous le pseudonyme de Monokai. Cette oeuvre propose à l'internaute de générer l'apparition d'un flux d'images basé sur l'association de deux mots qu'il aura insérés de part et d'autre de "that can be". Par exemple, "Art" that can be "fun". L'oeuvre ira ensuite puiser dans les bases de données du moteur de recherche Google afin d'afficher certaines images qui correspondent aux mots qui ont été choisis par l'internaute. Il est à noter que cette oeuvre utilise l'outil Monoslideshow (http://www.monoslideshow.com/) qui permet aux internautes de créer des diaporamas. Finalement, dans une sous-section de l'oeuvre intitulée "That can be my next tweet", l'internaute est invité à entrer son nom d'utilisateur Twitter, suite à quoi l'oeuvre générera, à partir de tous les tweets ultérieurs, un nouveau tweet. 

Syndiquer le contenu