Théorie

Johnston, David Jhave: McLu-uhms

McLu-uhms, de l'artiste multimédia David Jhave Johnston, est une courte oeuvre mariant texte et vidéo. En toile de fond, plusieurs vidéos jouent en boucle: coucher de soleil, balle de tennis roulant dans une flaque d'encre, nuages dans un ciel bleu, détritus abandonnés sous un arbre, etc. En superposition, différents blocs de texte défilent en se fondant les uns à la suite des autres (fade in/fade out). Les blocs se succèdent automatiquement à toutes les 4 secondes environ, mais l'internaute peut aussi utiliser les flèches ← et → de son clavier pour avancer et reculer à son propre rythme.

Le texte raconte sur un ton intimiste l'influence qu'a eu la découverte des livres de Marshall McLuhan sur l'éveil érotique du narrateur lorsqu'il était adolescent. Ce récit étrange et troublant, où le narrateur confie notamment s'imaginer Marshal McLuhan en train de suer dans un costume de Teletubbies, est accompagné de citations théoriques tirées d'ouvrages de McLuhan et de théoriciens ayant écrit à propos de McLuhan.

Carter, Roxanne: Housing Problems

Housing Problems est une oeuvre de Roxanne Carter influencée par les théories féministes de Susan Bernstein et Susan Sontag [1]. L'internaute navigue dans l'oeuvre à partir d'une interface composée d'une série de 18 images disposées en rectangle. Ces images sont des illustrations qui représentent des femmes juxtaposées à des maisons menaçantes, un peu comme les illustrations qu'on s'attendrait à trouver sur les couvertures de romans pulp des années 1950 et 1960. En cliquant sur les images, l'internaute provoque l'ouverture de fenêtres intempestives contenant différents éléments servant à nourrir le propos de l'oeuvre: vidéos mettant en scène des maisons claustrophobiques et inquiétantes, textes qui soulignent l'aliénation de la femme-prisonnière réduite à sa fonction domestique, etc. L'internaute doit tantôt cliquer sur des hyperliens pour faire apparaître d'autres sections du texte, tantôt utiliser des menus déroulant, ou encore simplement laisser les vidéos ou les animations défiler d'elles-mêmes.

Il est à noter que le cadre temporel de l'oeuvre de Carter demeure difficile à cerner, certains passages rappelant parfois le régime des anciens manoirs du 19e siècle, alors que d'autres éléments suggèrent plutôt le milieu du 20e siècle. À ce sujet, on pourrait d'ailleurs penser l'oeuvre de Carter comme une espèce de «mémoire» de la domesticité, étalée sur plusieurs décennies.

 

[1] Roxanne Carter (2009) «Artist Statement», New River Journal, automne. En ligne: http://www.cddc.vt.edu/journals/newriver/09Fall/carterbio.html (consult/ le 11 d/cembre 2012)

Barajas, Salvador: Tech-illa Sunrise: Un/a remix

Tech-illa Sunrise: Un/a remix de Salvador Barajas est une vaste oeuvre hypertextuelle qui explore les questions de l'identité chicano, de l'hybridité, de la xénophobie «blanche» à l'égard des communautés «brunes» et de la fascination exotisante des Nords-Américains pour la culture latino-mexicaine. Ces thèmes sont abordés à travers leurs manifestations dans les nouvelles technologies: paranoïa engendrée par les fichiers contaminés et les virus, problèmes de traduction du spanglish vers l'anglais ou l'espagnol, identités mutables du sujet sur le Web, etc. Les fragments textuels qui composent l'oeuvre sont des passages remixés de la performance Tech-illa Sunrise de Rafael Lozano-Hemmer et Guillermo Gómez-Peña [1].

L'oeuvre de Barajas prend la forme d'un vaste collage/remix d'images d'archives et d'images tirées de la culture populaire (bandes dessinées, portraits d'artistes, etc.). L'internaute navigue en suivant les hyperliens, associés tantôt à des mots, tantôt à des images.

 

[1] Rafael Lozano-Hemmer et Guillermo Gómez-Peña (2002) Tech-illa Sunrise, sur La Pocha Nostra. En ligne: http://www.pochanostra.com/antes/jazz_pocha2/mainpages/techilla.htm (consulté le 11 décembre 2012)

Ce site Web documente un projet réalisé en 2003 qui a réuni six artistes germanophones oeuvrant dans le domaine de la littérature hypermédiatique. Pour le projet, chaque artiste a soumis une de ses oeuvres qui a ensuite servi de base de travail: der schrank die schranke (Martina Kieninger), das buch gertrud (Reinhard Döhl), tango rgb (Oliver Gassner), piep-show - around the world in a minute (Sylvia Egger), Log-Book of a Common Journey (Johannes Auer), et c1berf1ction.ch (Beat Suter). À partir de la réinterprétation et du collage de ces oeuvres, chaque artiste devait ensuite produire une nouvelle oeuvre: concrete_maschine (Auer), voyage automatique - webcam's revenge (Egger), Aus dem Logbuch eines Traumkapitän (Döhl), as time goes on: absolute wreaders (Gassner), Fenster 1 2 3 4 5 6 (Kieninger), et *kunstrad1o : 1o : 1o : v1suelles rad1o: scrabble mit döhl* (Suter et Bauer). Sur le site, en plus de retrouver les liens menant aux 12 oeuvres mentionnées, l'internaute a accès à un ensemble de textes expliquant la démarche des artistes (en versions contrôlées ou remixées - c'est-à-dire en collages générés, générés et commentés, ou générés et «alcoolisés», avec une option pour générer de nouveaux textes à volonté), à une performance radio en format MP3 qui a eu lieu sur ORF Kunstradio lors de la présentation du projet, ainsi qu'à la fonction de convertisseur texte-image développé par Johannes Auer pour concrete_maschine.

 

c1berf1ction.ch est le site Web des éditions cyberfiction, première maison d'édition d'hypertextes de fiction de langue allemande. L'internaute peut y commander différentes oeuvres publiées par cyberfiction dont, par exemple, Hilfe! de Susanne Berkenheger; kill the poem de Johannes Auer et Reinhard Döhl et Spätwinterhitze de Frank Klötgen. On y retrouve aussi plusieurs informations sur les auteurs (projets, essais, pages personnelles); un blogue sur la publication d'hypertextes de fiction, la littérature hypermédiatique et les conférences et évènements à venir; un lien vers le projet The Famous Sound of Absolute Wreaders, réalisé par Suter en collaboration avec Johannes Auer, Reinhard Döhl, Sylvia Egger, Oliver Gassner et Martina Kieninger; une section bibliographique proposant une liste de textes théoriques en allemand sur la littérature hypermédiatique; différents liens vers les publications des éditions hyperfiction et beluga ainsi que vers les oeuvres de Suter; une liste d'hypertextes de fiction accessibles sur Internet; etc.

Ce site constitue un important bassin de ressources sur la littérature hypermédiatique allemande (Netzliteratur) et l'art hypermédiatique allemand (Netzkunst). En plus d'offrir à l'internaute la possibilité d'accéder à plusieurs oeuvres de Johannes Auer, Susanne Berkenheger, Reinhard Döhl, Sylvia Egger, Martina Kieninger et Florian Cramer, netzliteratur.net héberge aussi une quantité impressionnante de textes théoriques sur la littérature hypermédiatique en version intégrale, le Groupe de Stuttgart, la cyberfiction et des essais radio en littérature hypermédiatique. Finalement, une section «symposiums/congrès/festival» permet d'informer l'internaute sur les évènements passés et à venir en matière de littérature hypermédiatique allemande.
Apparu en 2000 à São Paulo, le FILE Electronic Language International Festival est le plus important festival d'art et technologie du Brésil. Sur leur site Web, l'internaute a accès à sept sections différentes couvrant les activités du FILE: la section NEWS qui présente les événements à venir et les appels à soumission; la section dédiée au festival comme tel (celui-ci a lieu annuellement); les archives du FILE Script Magazine; la section Symposium consacrée aux autres conférences et rencontres du FILE en dehors du festival; la section Hypersonica qui traite des manifestations musicales, sonores, visuelles et performatives de l'art électroniques; les archives du FILE, proposant une sélection importante de sites Web, textes et livres sur l'art électronique; la section du FILE Labo dédiée aux activités de recherche du FILE (résidences et échanges internationaux, etc.); et la section Theory regroupant les textes théoriques écrits par les membres du FILE.
« Détournement » est une oeuvre interactive de Serge Bouchardon, théoricien du récit interactif ayant développé le concept d'extratextualité. De fait, l'oeuvre possède une large dimension autoréflexive, construisant un discours sur la nature et les possibilités du récit interactif. De nombreux liens contenus dans l'oeuvre mène à des citations d'oeuvres que l'on peut qualifier de proto-hypertextes, par exemple Jacques le fataliste et son maître de Diderot ou encore Si par une nuit d'hiver un voyageur... d'Italo Calvino. L'internaute a aussi la possibilité de participer à l'écriture d'un récit collectif ou encore d'envoyer des images qui seront ensuite archivées sur le site.
Robert Frank est une version hypermédiatique du mémoire de fin d'études de l'auteur Philippe de Jonckheere. Il s'agit ainsi d'une oeuvre-archive qui utilise un texte d'abord théorique pour faire découvrir aux internautes le photographe Robert Frank. Le texte est parsemé d'hyperliens qui mènent vers des photographies de Robert Frank ou encore vers l'espace Web.
Grâce à ce site, l'internaute pourra se familiariser avec les différentes utilisations inhérentes aux systèmes de positionnement global. Andrea Ulrberger présente ici les résultats d'une recherche s'étant étalée sur une durée de trois ans. On pourra y consulter des textes et des entrevues concernant la technologie GPS et la théorie qui l'entoure. Ce site s'intéresse plus précisément aux usages artistiques des systèmes de positionnement, mettant à la disposition de l'internaute une banque de liens vers des oeuvres et des sites d'artistes faisant usage de cette technologie. Des entrevues avec, par exemple, Ju Row Farr (Blast Theory), Masaki Fujihata et Esther Polak, bien connus pour leurs jeux de géolocalisation urbaine ou leurs installations, permettront à l'internaute de mieux cerner leurs démarches artistiques, qui définissent un situationnisme parfois ludique, mais très souvent engagé.
William, Poundstone: New Digital Emblems

New Digital Emblems est un volumineux essai théorique de William Poundstone portant sur l'évolution des emblèmes de la Renaissance jusqu'à nos jours. L'essai est divisé en 16 chapitres auxquels l'internaute accède en cliquant sur les icônes d'un menu en forme de colimaçon. Chaque chapitre est présenté dans une fenêtre contenant plusieurs éléments: des concepts, des titres, des questions et des images circulant en arrière-plan; une fenêtre de lecture contenant du texte, que l'internaute peut parcourir à l'aide d'une barre de défilement placée sur la droite; des vignettes illustrées complémentaires, surgissant en fonction de la section de texte affichée dans la fenêtre de lecture; et un menu rudimentaire permettant d'avancer/reculer d'un chapitre à l'autre ou de revenir au menu principal. Une riche bibliographie de près de 60 titres accompagne l'oeuvre.

Cette oeuvre présente un essai réflexif et poétique sur le thème de l’hypertextualité.
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