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Marino, Mark C.: Living Will

Living Will est une oeuvre de Mark C. Marino qui présente à l'internaute le testament de vie de E. R. Millhouse, propriétaire fictif de compagnies d'excavation minière et de télécommunication basées au Congo. L'oeuvre, programmée sur Undum, est pensée sur la logique du jeu de rôle: l'internaute est appelé à adopter l'identité d'un des héritiers de Millhouse et peut voir ses statistiques personnelles, affichées dans le coin supérieur droit, évoluer en fonction de ses choix. Ces statistiques concernent les frais légaux encourus par le personnage du joueur, les frais médicaux pour les soins de Millhouse (invalide mais pas encore mort), etc. À la fin de sa lecture, l'internaute peut ainsi constater quelle est la part réelle de l'héritage de Millhouse que son personnage a réussi à s'attribuer – et recommencer une nouvelle lecture, s'il désire modifier ses stratégies.

Le testament de Millhouse prend la forme d'un hypertexte. L'internaute navigue en utilisant des hyperliens qui permettent de faire apparaître de nouvelles sections de texte à la suite du texte déjà affiché. Il est à noter que, une fois qu'un hyperlien est sélectionné dans un segment de texte donné et que le segment qui lui succède s'affiche, tous les anciens hyperliens inutilisés sont désactivés, ce qui rend les retours en arrière impossibles. Finalement, en parcourant les différentes sections du testament, l'internaute découvre non seulement les détails financiers concernant les compagnies de Millhouse, mais aussi de vastes pans de l'histoire sociale récente du Congo: guerres civiles, génocides, destruction de l'écosystème par les compagnies minières (extraction du coltan), etc.

Montfort, Nick; Strickland, Stephanie: Sea and Spar Between

Sea and Spar Between est un générateur de texte de Nick Montfort et Stephanie Strickland qui utilise les lexiques des poèmes d'Emily Dickinson et du Moby Dick d'Herman Melville pour créer une gigantesque «carte» de strophes. Dans le texte de présentation de l'oeuvre, les auteurs estiment le nombre de strophes générées à environ 225 milliards.

Pour alimenter leur générateur, Montfort et Strickland ont d'abord traité les poèmes de Dickinson et le livre de Melville pour identifier les mots qui étaient les plus utilisés chez l'un et chez l'autre; ce sont ces mots qui sont le plus mis de l'avant dans les strophes générées. Les strophes sont présentées en bleu sur fond bleu, rappelant la couleur de l'océan. L'internaute navigue en utilisant sa souris (la position du curseur sur l'écran fait se recentrer la carte); en cliquant sur les bords de l'écran (haut-bas-gauche-droite) pour se déplacer vers d'autres «régions»; en utilisant les flèches de son clavier pour faire défiler les trophes; et en zoomant/dézoomant à l'aide de la roulette de sa souris ou des touches «A» et «Z». Aussi, la strophe affichée au centre de l'écran est identifiée par des coordonnées de latitude et de longitude, sous le format 11380623 : 12459990. L'internaute peut appuyer sur la barre d'espacement pour faire apparaître dans une petite fenêtre au bas de l'écran les coordonnées d'une strophe à laquelle il désire retourner plus tard; cette même fenêtre peut en effet être utilisée pour entrer n'importe quelles coordonnées entre 0 : 0 et 14992383 : 14992383. (Après avoir saisi un couple de coordonnées, il faut appuyer sur la touche «Retour» pour être amené au bon endroit.)

Montfort, Nick: Concrete Perl

Concrete Perl est une série de quatre poèmes concrets de Nick Montfort programmés en Perl: «All the Names of God», «Alphabet Expanding», «ASCII Hegemony» et «Letterformed Terrain». Les poèmes de la série Conrete Perl sont écrits sous contrainte: les codes de chacun d'entre eux ne font que 32 caractères. Sur le site Web du projet, l'internaute peut télécharger les codes des poèmes ou encore les copier/coller directement à partir de la fenêtre de navigation de son fureteur. Les poèmes téléchargés sont conçus pour être visualisés dans des fenêtres de terminal.

Montfort a présenté les poèmes de Concrete Perl à Stanford, en juin 2011. Plusieurs cartes contenant les codes des poèmes avaient aussi été imprimées par l'artiste sur une imprimante matricielle et distribuées aux lecteurs. Une de ces cartes est affichée sur le «Interactive Poetry Wall» du café Coho, à l'Université de Stanford.

Montfort, Nick: Lede

Lede est un générateur de texte de Nick Montfort inspiré par un article de fait divers paru en novembre 2012. L'article en question, qui avait fait sensation sur le Web, commençait par cette phrase: «While sitting on the toilet, a jobless Scottish man had an idea: Why not dress as a giraffe and do good deeds for people?» [1].

Le générateur de Montfort produit des phrases sur ce même modèle en utilisant une banque de termes sélectionnés par l'artiste. Chaque nouvelle phrase est ainsi générée à partir de six variables, identifiées dans le code source de l'oeuvre: «absurd_situation», «sad_descriptor», «nationality», «man_or_woman», «silly_character» et «interact_with». Les phrases obtenues sont éminemment absurdes, tout comme le fait divers dont elles s'inspirent. (Voir la section «Citations» ci-dessous pour quelques exemples.)

 

[1] Matt Cantor (19/11/2012) «Scotland's New Hero Is Man in Giraffe Suit», sur Newser. En ligne: http://www.newser.com/story/157857/scotlands-new-hero-is-man-in-giraffe-suit.html (consulté le 5 février 2013)

Johnston, David Jhave: etay

etay (anciennement intitulé Total Awareness Now) est un projet développé par David Jhave Johnston auquel ont participé près de vingt autres artistes: Silver Hearts, francoisLeKarybou, Svetlana et Andi Wallwhore, Nick Fox-Gieg, HARS, Dream Team, Elizabeth Whalley, Suzanne Hatt et Halil Sustam, Michael Alstad et Camille Turner, Jake Elliott et Ezara Hoffman, OVARIUM et Meredith Wrede. En janvier et février 2005, les participants étaient invités à habiter, chacun leur tour et pour une période de quelques jours, un appartement situé à Montréal. Cet appartement avait été préalablement équipé de quatre caméras permettant de filmer les activités des locataires ainsi que de plusieurs surfaces de projection, ordinateurs, capteurs, etc. Pendant leur séjour, les participants pouvaient manipuler et positionner les caméras et utiliser le matériel enregistré pour créer de courtes vidéos. De même, des images captées dans certaines zones de l'appartement étaient automatiquement remixées pour créer des vidéos projetées sur différentes surfaces de l'appartement lors de son occupation.

Le site Web du projet etay présente les archives des vidéos produites par les participants. Certaines impliquent des mises en scène sophistiquées et sont riches en accessoires, alors que d'autres touchent de plus près au quotidien et à l'ordinaire. L'internaute navigue à travers les vidéos du site grâce à une interface présentant deux sufaces de projection. Des menus au bas de ces surfaces permettent de sélectionner la vidéo désirée. Les surfaces de projection sont présentées sur des photographies prises à Montréal; l'internaute peut passer d'une photographie à l'autre en utilisant un menu situé dans le haut de l'écran. Il est aussi possible d'appeler des fenêtres supplémentaires en cliquant sur le signe «+» dans le coin supérieur gauche de l'interface. Ces fenêtres supplémentaires sont mobiles et l'internaute les contrôle à partir d'un menu apparaissant dans la partie supérieure de l'écran (format liste). Finalement, une trame sonore individuelle accompagne chacune des vidéos. Il est possible de régler le volume de ces trames sonores et d'en interrompre/reprendre la lecture grâce à des barres de contrôle individuelles.

Johnston, David Jhave: THOEMS

THOEMS (contraction de l'expression THOught-poEMS) est une oeuvre poétique de David Jhave Johnston qui allie texte, son et vidéo. À partir d'une banque de 19 vidéos, 6 poèmes et quelque 330 polices de texte, l'oeuvre génère aléatoirement des agencements visuels et sonores originaux: alors que des segments de vidéos défilent en arrière-plan, des strophes tirées des poèmes se promènent à l'écran. Chaque nouvelle strophe qui apparaît est inscrite à l'aide d'une police différente. En même temps, d'autres mots tirés des poèmes s'agitent dans tous les sens, comme portés par le courant. (Il est à noter que toutes les vidéos présentent des environnements liquides.) En trame sonore, on entend des bruits saisis à l'extérieur (bruits d'avions, ruisseau, trafic automobile, etc.) auxquels s'entremêlent parfois des voix humaines.

L'internaute peut contrôler plusieurs paramètres de visualisation à partir de menus situés au bas de la fenêtre principale. Il faut souvent glisser le curseur de la souris sur les zones occupés par ces menus pour les faires apparaître. Dans le coin inférieur gauche, un menu permet de choisir la vidéo en arrière-plan et d'activer/désactiver la fonction vidéo aléatoire. Au-dessus de ce menu, quatre contrôles servent à interrompre ou à reprendre la lecture des vidéos, des poèmes ou de la trame sonore. Grâce à ces contrôles, il est aussi possible de masquer les vidéos et/ou le texte. Une grille dans le coin inférieur droit sert quant à elle à sélectionner la police d'affichage des textes et d'activer/désactiver la fonction police aléatoire. Au-dessus de cette grille, vers la gauche, six petits carrés sont associés aux six poèmes contenus dans l'oeuvre. Il suffit de glisser le curseur de la souris sur un de ces carrés pour faire apparaître un poème dans son entièreté. Finalement, au centre de l'écran, deux carrés blancs permettent de passer d'un mode de visualisation pleine largeur à un mode de visualisation n'occupant que la moité de l'écran. Lorsque l'internaute sélectionne ce deuxième mode de visualisation, la liste des poèmes demeure accessible en tout temps sur la droite. (En mode pleine largeur, cette partie de l'écran est occupée par une image miroir de la vidéo en cours de lecture.) Finalement, en cliquant sur la vidéo en cours de lecture, l'internaute peut appeler une nouvelle strophe. S'il ne clique pas, chaque strophe est automatiquement remplacée par une autre au bout de quelques secondes.

Les poèmes de Jhave abordent des questions de biologie, d'identité, de neurologie, de philosophie et de sexualité. Les textes sont parfois opaques, cherchant à imiter les comportements du subconscient humain.

Johnston, David Jhave: Concrete P.

Concrete P. est une collection d'une vintaine de générateurs de texte et d'oeuvres de poésie concrète de l'artiste David Jhave Johnston. Toutes les oeuvres, disposées en deux colonnes, adoptent une esthétique minimaliste noir sur blanc. L'internaute n'a qu'à cliquer sur la présentation d'une pièce pour l'activer. En trame sonore, on entend des bruits divers (pulsations, bips, etc.) qui suivent une courbe d'intensités variables.

Il est à noter que certaines des pièces de poésie concrètes sont des remédiatisations de poèmes concrets des années 1950 et 1960 (par exemple, «Birth of God/uniVerse» de Lionel Kearns, 1965; et «Wind» d'Eugen Gomringer, 1953).

Johnston, David Jhave: Spam Heart

Spam Heart est un générateur de poèmes de l'artiste David Jhave Johnston. Lorsque l'internaute active le générateur, du texte blanc défile à grande vitesse sur un écran noir. Le texte s'immobilise à toutes les trois secondes environ pour donner à lire un poème, qui reste lui-même affiché cinq ou six secondes avant que le cycle de défilement / immobilisation du texte ne recommence.

Si l'on se fie à la courte description de l'oeuvre sur la page d'accueil, Spam Heart se nourrit entre autres de pourriels et de langage académique (probablement la thèse de doctorat de l'artiste). D'un poème à l'autre, on remarque l'utilisation de certaines structures récurrentes dans l'organisation des vers.

Johnston, David Jhave: Zero Whack

Zero Whack est une oeuvre de David Jhave Johnston qui génère aléatoirement des couvertures de livres imaginaires à partir de plusieurs banques d'éléments textuels et d'images. Au total, huit banques sont utilisées: une banque de 139 titres de livres fictifs, une autre de 253 photos, une de 53 blurbs, une de 44 synopsis, une de 285 prénoms, une complémentaire de 1061 noms de famille, une de 1293 villes et, finalement, une dernière banque de 9954 maisons d'édition. Les titres et les synopsis ont d'abord été écrits par l'artiste, puis recherchés sur Google afin de s'assurer qu'ils ne retournaient aucun résultat. (En langage informatique, une recherche qui ne retourne aucun résultat est un «zero whack».) Les noms et prénoms sont empruntés à Wikipédia et aux amis de l'artiste. Les villes, utilisées pour identifier les lieux d'édition, sont des villes du Québec. Les photos ont été prises entre Berlin et Montréal en 2010. Les blurbs ont été écrits par l'artiste et «are inspired by excess catharsis everywhere» [1]. Finalement, les noms des maisons d'édition fictives sont des termes tirés de pourriels compilés par l'artiste. À chaque fois que l'internaute recharge la page de l'oeuvre ou clique sur la flèche située dans le coin supérieur gauche, une nouvelle couverture de livre fictif est générée en combinant des éléments de ces huit banques.

Il est possible de générer des couvertures de livres en français ou en anglais. Il est à noter que la version originellement travaillée par l'artiste est la version anglaise; la version française ne fait que reprendre les mêmes éléments, traités par l'outil de traduction en ligne Google Translate (ce qui donne d'ailleurs à la version française de Zero Whack un caractère loufoque certain).

 

[1] Extrait du texte de présentation de l'oeuvre, sur la page d'accueil.

Johnston, David Jhave: TYPOEMS

TYPOEMS est un générateur de texte conçu par David Jhave Johnston qui s'alimente des fautes de frappe commises par l'artiste dans les six derniers mois. Pour générer des textes, l'internaute n'a qu'à cliquer sur le lien identifié «generate a typoem». À chaque clic, trois blocs sont générés: deux poèmes faisant l'usage d'une même faute de frappe (par exemple, «integratify», «metapore» ou «malgorithm») et une définition fantaisiste de cette faute, comme s'il s'agissait d'un nouveau mot. Ainsi, en même temps que deux poèmes contenant le terme «malgorithm», l'internaute aura aussi accès à une définition du genre:

MALGORITHM:
SICK CODE.
As in: "Wht a recursive malgorithmic maestro.'

Les blocs de texte (poèmes et définitions) apparaissent dans des tuiles dont la disposition s'adapte automatiquement au format de la fenêtre du fureteur de l'internaute. Chaque nouvel ensemble de trois tuiles vient pousser les tuiles plus anciennes vers le bas et entraîne une réorganisation en arborescence de leur disposition.

Johnston, David Jhave: McLu-uhms

McLu-uhms, de l'artiste multimédia David Jhave Johnston, est une courte oeuvre mariant texte et vidéo. En toile de fond, plusieurs vidéos jouent en boucle: coucher de soleil, balle de tennis roulant dans une flaque d'encre, nuages dans un ciel bleu, détritus abandonnés sous un arbre, etc. En superposition, différents blocs de texte défilent en se fondant les uns à la suite des autres (fade in/fade out). Les blocs se succèdent automatiquement à toutes les 4 secondes environ, mais l'internaute peut aussi utiliser les flèches ← et → de son clavier pour avancer et reculer à son propre rythme.

Le texte raconte sur un ton intimiste l'influence qu'a eu la découverte des livres de Marshall McLuhan sur l'éveil érotique du narrateur lorsqu'il était adolescent. Ce récit étrange et troublant, où le narrateur confie notamment s'imaginer Marshal McLuhan en train de suer dans un costume de Teletubbies, est accompagné de citations théoriques tirées d'ouvrages de McLuhan et de théoriciens ayant écrit à propos de McLuhan.

Johnston, David Jhave: MUPS

MUPS (contraction de MashUPs) est un moteur de mixage sonore en ligne créé par l'artiste David Jhave Johnston. MUPS permet de mixer jusqu'à 32 fichiers audio simultanément.

L'interface de MUPS est divisée en deux parties. Sur la droite, un carrelage de tuiles noires permet à l'internaute d'aller chercher les fichiers audio à mixer. Chaque tuile correspond à un fichier; lorsque l'internaute survole une tuile du curseur de sa souris, une description du fichier associé apparaît. Il suffit de cliquer sur la tuile pour ouvrir ce dernier. Les fichiers ouverts par l'internaute sont listés dans la partie gauche de l'interface. Une fois qu'un fichier a été ouvert une première fois, il est possible d'en interrompre ou d'en reprendre la lecture en cliquant sur sa tuile. En plaçant le curseur de sa souris sur un des fichiers listés et en utilisant les flèches ↑ et ↓ de son clavier, l'internaute peut aussi en contrôler le volume de lecture. Un contrôle placé dans un cercle, dans le coin supérieur gauche, permet quant à lui de gérer le volume du remix en entier, tous fichiers confondus. Deux types de mixage sont possibles: sans la fonction «WEAVE» (tous les fichiers jouent alors simultanément) et avec la fonction «WEAVE». La fonction «WEAVE» permet de passer d'un fichier audio à l'autre dès qu'un silence d'une certaine durée se fait entendre. L'internaute peut contrôler plusieurs paramètres de la fonction «WEAVE»: seuil, tolérance, durée de la pause.

Au moment d'écrire ces lignes, MUPS était alimenté grâce à la banque de poèmes du site Web PennSound, associé au centre d'écriture contemporaine de l'Université de Pennsylvanie.

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