Québec

Trépanier; Turmel; Mongeau-Petitpas; Lafrenière; Craqnuques: Des maux illisibles

Des maux illisibles est une œuvre documentaire considérée comme un essai interactif qui dresse le portrait de l’analphabétisme au Québec à travers le témoignage de trois analphabètes: un jeune ébéniste de 18 ans, une femme de 52 ans à la recherche d’un emploi et une femme de 42 ans ayant des problèmes de santé. Ainsi, trois aspects importants de la société québécoise sont examinés à travers les yeux d’analphabètes: l’éducation, le travail et la santé. Tous les éléments textuels de l’œuvre – à l’exception des textes dans les sections informatives («À propos», «Sources», etc.) – apparaissent avec leurs lettres mélangées («ua lavartia» plutôt qu’«au travail» par exemple) afin d'illustrer la réalité des personnes représentées dans le documentaire. Lorsque l'internaute passe la souris sur ces textes, les lettres s'organisent toutefois pour que les mots redeviennent lisibles.

Sur la page principale de l’œuvre, on accède aux témoignages en cliquant sur l’une des trois sections présentées: «À l’école», «Au travail» et «Chez le médecin». Le clic mène à une question sur l’analphabétisme. L'internaute doit décider si l'énoncé est vrai ou faux. La réponse choisie n’affecte pas la suite de l’œuvre, mais l’internaute saura s’il a eu la bonne réponse en écoutant le témoignage associé. Le documentaire en tant que tel est constitué d’un photomontage du quotidien de la personne interviewée et de son témoignage en fond sonore.

Battaglia, Jérémie: Le poids d'une voix - 30 électeurs pour raconter la démocrat

Le poids d'une voix - 30 électeurs pour raconter la démocratie est un essai interactif vidéo sur la vision de la démocratie dans la société québécoise. Les entrevues qui constituent le projet ont été réalisées durant le mois précédant les élections provinciales du Québec, qui ont eu lieu le 4 septembre 2012. Du jour où les élections ont été déclenchées, soit le 1er août 2012, un Québécois par jour a été interviewé, pour un total de trente. Chacun d’entre eux nous parle de sa vision de la démocratie pour une durée d’environ deux minutes.

La page principale de l’œuvre présente un calendrier. En glissant le curseur de sa souris sur une date, l'internaute fait apparaître le nom, la ville de résidence et la photo de la personne interviewée. Il faut ensuite cliquer pour faire apparaître son portrait ainsi que son âge et son occupation. Pour accéder à l’entrevue, l’internaute doit deviner pour quel parti politique la personne dépeinte va voter lors des élections. Les entrevues se terminent toujours par la mention des allégeances politiques du sujet, permettant ainsi à l’internaute de savoir s’il avait raison ou non.

École de la Montage Rouge; Commun; Capitaine Soldat: ROUGE AU CARRÉ

ROUGE AU CARRÉ est une oeuvre interactive créée par L’École de la Montagne Rouge et l’agence Commun, en collaboration avec Capitaine Soldat (un projet du musicien Jean-Sébastien Massicotte-Rousseau), à l'occasion du conflit étudiant de 2012. L’œuvre concerne l’éducation et l’augmentation des frais de scolarité. Elle explore ce débat qui est devenu un enjeu social majeur au Québec, pour ne pas dire une véritable crise, et qui a été extrêmement médiatisé par les journaux papiers et télévisés. L’œuvre hypermédiatique s’impose ici comme une expérience artistique dans un contexte de mobilisation sociale, comme une apologie intertextuelle de la prise de parole du peuple inspirée par les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Les créateurs invitent les internautes à «Laissez [leur] souris prendre la parole» et leur offrent de participer à cette prise de parole sociale, mais cette fois-ci à travers une œuvre participative collaborative.

En trame de fond de l'expérience hypermédiatique, une narration à voix multiples reprend des extraits du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau et également de la Lettre à D’Alembert. On invite le public à interagir avec 22 tableaux inspirés de la mobilisation sociale et mettant en scène des citations de Rousseau qui exploitent les raisons de la création de l’œuvre et qui réitèrent cette remise en question des valeurs sociales et politiques au Québec. À travers ses écrits datant de 250 ans, Rousseau continue à interpeller et  invite l‘internaute à une lecture parallèle du présent, à une informatisation de la culture.

Les nouvelles technologies informatiques permettent une utilisation variée de l’art visuel, amplement illustrée dans ROUGE AU CARRÉ où le lien entre image et texte est constant; l’œuvre est empreinte de la notion d’iconotextualité. Dans le tableau «Débats» par exemple, le texte interactif forme une fleur de lys, alliant texte et art visuel. Le texte et l’image ne font qu’un; le plastique, l’écrit et le verbal sont réunis ici de manière explicite et convergente, le texte et l’image allant souvent dans le même sens. Certains liens entre l’image et le texte ne sont toutefois pas évidents à comprendre; le texte et l’image ne semblent pas toujours liés, comme on peut le constater dans le tableau «Loi». Chaque tableau est titré et s’associe constamment au même contenu iconotextuel.

ROUGE AU CARRÉ propose chaque fois un nouveau parcours puisque l'internaute n’aura jamais le même premier choix, que ce soit en actualisant la page ou en revenant plus tard sur l’œuvre. Il n’est pas possible de revenir sur un tableau spécifique sauf en parcourant l’œuvre une seconde fois ou bien en cliquant sur le lien «Du contrat social», qui offre un résumé de chaque tableau, mais sans l’expérience interactive. Les  différents parcours ne changent pas le message de l’œuvre puisque chaque tableau est indépendant des autres. Dans tous les cas, les parcours se terminent toutefois par «Débats», tableau qui invite le lecteur à participer, à se questionner.

Dubois, Frédéric: Trou Story

Trou Story de Frédéric Dubois est la contrepartie Web interactive du documentaire Trou Story de Richard Desjardins et Robert Monderie, lancé en salles en novembre 2011, et en DVD en mai 2012. L'initiative Trou Story vise à dénoncer les abus des compagnies minières au Québec et les dommages environnementaux dont elles sont responsables. Le site Web contient plusieurs volets, dont le principal est un parcours interactif qui permet à l'internaute d'exploiter une mine virtuelle en suivant les six étapes du cycle minier: chaque étape présente une tâche à accomplir, un peu sous le mode du jeu vidéo, et propose un contenu informatif que l'internaute peut visualiser en cliquant sur un lien au bas de l'écran. Des extraits audio tirés du documentaire filmique de Desjardins et Monderie viennent enrichir le parcours. Le site Web de Trou Story contient aussi de l'information sur le film de Desjardins et Monderie (affiche à télécharger, bande-annonce, dossier de presse, etc.); une carte interactive des activités minières au Québec, utilisant la technologie Google Maps; un long texte informatif sur la situation minière québécoise; la liste des crédits complets pour le projet; et des informations destinées à la presse. Une version anglophone du site, intitulée The Hole Story, est hébergée au http://theholestory.nfb.ca/#/theholestory.

Étudiants au D.E.S.S. en Design de jeux de l’Université de Montréal: Contrecarré

Contrecarré est une initiative des étudiants de la promotion 2012 au D.E.S.S. en Design de jeux de l’Université de Montréal. Créé lors de la grève générale illimitée étudiante des universités et cégeps québécois en réaction à l'annonce du gouvernement annonçant une hausse de 1625$ des frais de scolarité, ce jeu relate de manière parodique, critique et cynique la réaction du gouvernement libéral face aux demandes et aux manifestations des étudiants. Le jeu tire son nom du symbole du mouvement étudiant: le carré rouge.

Le jeu est de type «tower defense»: un parcours prédéfini est emprunté par l’ennemi et l’internaute doit placer des tours défensives à des endroits stratégiques afin d’empêcher les indésirables de se rendre à destination. Dans Contrecarré, l’internaute prend le rôle du gouvernement et doit empêcher les étudiants de se rendre au Parlement du Québec, tout en maintenant un taux de démocratie le plus bas possible. Pour ce faire, il peut utiliser les forces policières, les médias et la politique. Les premières frappent sur les étudiants; les seconds diffusent des messages de propagande afin de décourager les manifestants; et la troisième génère des messages politiques confus qui ont pour effet de ralentir le mouvement étudiant. Chaque étudiant qui plie face aux forces déployées rapporte 1625$ au gouvernement, argent qui permet de mettre en place plus d'éléments défensifs. À la fin de chaque vague d’assaillants, l’internaute a le choix de négocier ou non avec les étudiants. S’il accepte, le jeu se termine et les étudiants l’emportent.

Le jeu terminé, l’internaute est invité à visiter la section «Le livre d’or» qui permet non seulement de signer son nom et de donner ses commentaires sur le jeu, mais également de réfléchir sur les enjeux mis en scène. En effet, l’internaute remplit un questionnaire où lui est demandé, par exemple, si le jeu l’a fait réfléchir sur l’application actuelle de la démocratie ou encore sur la manière dont les forces policières, médiatiques et politiques sont utilisées dans ce genre de conflit.

Il est possible pour l’internaute de jouer en ligne ou de télécharger le jeu.

Autour de Saint-Tite: Jodoin-Keaton, Valérie; Chabuel, Cédric; Leduc, Alex

Autour de Saint-Tite est un essai photographique réalisé par l'Office national du film du Canada en collaboration avec le Journal Le Devoir. L'essai est constitué de cinq segments alliant témoignages audio et photographies. L'interface d'accueil présente une vidéo captée lors d'un rodéo, jouant en boucle. Au centre de l'écran, cinq icônes servent à identifier les cinq segments de l'essai. En déplaçant le curseur de la souris dans la moitié droite de l'écran, l'internaute fait apparaître des photographies tirées de ces différents segments. Lorsque l'internaute clique sur une des icônes, il n'a aucun contrôle sur la piste audio faisant entendre le témoignage des personnes interviewées correspondant au segment sélectionné. Par contre, en utilisant la flèche de navigation située sur la droite ou en cliquant simplement à l'écran, il détermine lui-même le rythme de défilement des photos accompagnant chaque témoignage. Autour de Saint-Tite présente une galerie de personnages rencontrés au Festival western de Saint-Tite, en 2011, et traite de l'importance de la culture country dans la définition de leurs identités respectives. Au bas de l'écran, un menu donne accès à un court texte de présentation, à une sélection de films de l'Office national du film du Canada abordant des thématiques similaires et à la liste complète des personnes ayant participé au projet.

Réminiscence apocryphe: Dumontier, Annie-Ève; Nault, Gil; Dionne, Étienne

Réminiscence apocryphe se présente comme une errance photographique dans la mémoire religieuse du Québec. Les trois artistes à la base du projet se servent de photographies de cimetières, de statues religieuses, d'objets de dévotion, etc. et de citations tirées du Catéchisme pittoresque de Victorin Germain, prêtre (XIIIe tirage, 1954) pour brosser le portrait vague d'une certaine religiosité perdue. Les artistes se défendent bien d'offrir une image objective du patrimoine religieux québécois; leur démarche se situe du côté de l'affectif, de l'émotif. L'oeuvre s'ouvre d'ailleurs avec la définition des deux termes du titre, «réminiscence» désignant un «souvenir vague, imprécis, où domine la tonalité affective», et «apocryphe» référant à une chose ou à une idée «dont l'authenticité est au moins douteuse».

Pour naviguer dans l'oeuvre, l'internaute est invité à cliquer sur les images apparaissant à l'écran à l'aide du curseur de sa souris, qui prend la forme d'une croix. Parfois, deux images sont présentées côte-à-côte; la position du curseur de la souris détermine alors quelle image est mise en évidence. Parfois, une seule image occupe tout l'écran. L'internaute fait succéder les images en cliquant. À la fin de chaque série, des citations du catéchisme apparaissent, questionnant les notions de mort, de péché mortel et d'enfer. «Communion», le dernier mouvement de la Messe de Liverpool de Pierre Henry (1967), accompagne l'oeuvre en trame sonore et confère à l'ensemble une ambiance lourde, inquiétante. L'oeuvre se termine sur une citation du Refus Global de Paul Émile Borduas, signifiant la fin du règne de l'Église au Québec - et reléguant définitivement les images de l'oeuvre au rang des réminiscences.

Au bas de l'écran, un menu donne accès à des hyperliens vers des articles et ouvrages traitant de la relation qu'entretient le peuple québécois avec la religion catholique. Une autre section, «Films reliés», permet de naviguer parmi d'autres films de l'ONF abordant des thématiques semblables. Finalement, un formulaire en ligne est prévu pour que l'internaute puisse envoyer ses commentaires. Les commentaires ne sont toutefois pas visibles sur le site Web de l'oeuvre.

Plus de détails sont disponibles sur la fiche média de l'oeuvre.

Foster, Stephen: Kiss and tell

Kiss and tell est une oeuvre de Stephen Foster qui s'intéresse à la contradiction entre l'histoire officielle s'incarnant dans les oeuvres d'art public que sont les monuments d'une ville et une version plus alternative de l'histoire qu'offrent à voir les graffitis, considérés par l'artiste comme de véritables inscriptions d'histoires personnelles dans le lieu public. Se promenant dans les rues de la ville de Québec et photographiant toutes ces traces de récits personnels, l'artiste, dont le travail s'intéresse principalement à la représentation des Autochtones dans la culture populaire, cherche à faire naître un espace de dialogue politique et social. Kiss and tell présente donc à l'internaute un rassemblement de photographies de graffitis intimement inscrits dans la cartographie de la capitale qu'il est invité à parcourir, tissant ainsi des liens entre toutes ces histoires personnelles inscrites dans la collectivité du lieu public.

Pour plus de détails, voir la fiche média de l'oeuvre.

Duvall, Linda: Trait d'union

Dans le cadre de sa résidence à La Chambre Blanche portant sur le performatif en art Web, l'artiste, originaire de Saskatoon, s'est immergée dans la communauté culturelle et artistique de la ville de Québec afin d'en comprendre les multiples facettes. Durant six semaines, elle a invité artistes et autres travailleurs culturels de la capitale à répondre à une série de questions devant la caméra. Les vidéos issus de ces rencontres tissent une réflexion actuelle sur les relations qu'entretiennent les membres de la communauté artistique de Québec avec leurs oeuvres, avec la communauté nationale et internationale, mais surtout sur les relations qu'ils partagent entre eux.

L’œuvre Au bord du fleuve / On the Riverside invite l’internaute à naviguer dans l’univers poétique du fleuve Saint-Laurent. La page d’accueil du projet met déjà l’utilisateur en contexte: présentation des auteurs, crédits et recommandations pour de meilleures performances lors de la navigation s’y trouvent, ainsi que la vidéo d’une étendue d’eau houleuse enchâssée dans divers éléments géométriques et pictogrammes reliés à la navigation en mer. Lorsque l’internaute clique sur la vidéo, il est automatiquement redirigé vers l’interface de navigation de l’œuvre, constituée de huit parties qu’il conviendra de détailler.

Tout d’abord, une page Web plein écran remplace la page d’accueil. Cette page est constituée de mosaïques de photos qui sont remplacées régulièrement grâce au rechargement automatique de la page. Les mosaïques en question sont élaborées autour de différentes thématiques: ciels, pierres, paysage fluvial, détails de végétaux, bouts de cartes géographiques diverses. À cette mosaïque photographique et cartographique est surimposée une fenêtre intempestive (pop-up), elle-même divisée en sept parties.

Une première bande, en haut de la fenêtre, présente une lisière de carte géographique qu’il est possible de changer d'un clic. Sur ce bout de carte se déplacent quatre bouées qui défilent successivement. En cliquant sur celles-ci, une nouvelle fenêtre intempestive apparaît et, lorsque le curseur de la souris y est glissé, une vidéo est activée. Les quatre bouées renvoient à une vidéo présentant un plan d’eau, par-dessus lequel le mot «eau» apparaît en diverses langues (français, anglais, allemand, polonais) et se déplace en accord avec les mouvements du curseur.

Sous la carte aux bouées sont disposées quatre cases qui se déplacent de façon aléatoire lors des rechargements de la page. L’une d’elle offre le profil du fleuve Saint-Laurent dans la région entourant Saint-Jean-Port-Joli, identifiée en blanc. D'autres endroits sont identifiés en jaune autour de la municipalité en question. Lorsque l’internaute clique sur l’un de ces points de couleur, une bande de texte s’affiche sous le panorama qui constitue la pièce centrale de la fenêtre intempestive, et où divers paysages fluviaux défilent en boucle. Ce texte est la traduction d'une entrevue avec un intervenant expliquant le cycle des marées, la vie portuaire de la région et les particularités hydrographiques de tel ou tel secteur. Lorsque le point identifié à la ville de Saint-Jean est activé, l’internaute peut écouter des extraits de chants marins, dont le très fameux «Santiano», popularisé par Hugues Aufray, renommé «Santiago» dans l’œuvre.

Une deuxième case de la série propose plutôt une vue schématique du fleuve Saint-Laurent et de son golfe. Sept zones peuvent être cliquées à l’intérieur de cette case, chacune présentant un panorama photographique ou bien un détail (tas de bois sur la berge, algues marines, bulles d’air…) d’abord pixélisé puis gagnant progressivement en netteté. Cet effet de pixélisation a non seulement pour conséquence de rappeler à l’internaute qu’il se trouve devant une représentation numérique du territoire, mais aussi de révéler pleinement les richesses visuelles de la nature.

La troisième case, située sous la bande aux bouées, donne à voir sur chaque côté de la rive les symboles identifiant la présence de balises répondeuses radar: en cliquant sur ces images, une nouvelle fenêtre comportant un écran radar est ouverte. Un point rouge, identifié au nom de Saint-Jean-Port-Joli, se déplace vers le centre du radar. L’internaute peut entendre un bulletin météo concernant la région récité par une voix féminine. L’utilisateur peut interrompre en tout temps le bulletin en cliquant dans la fenêtre du radar, retournant ainsi à la première fenêtre intempestive.

La dernière case située sous la carte aux bouées propose quant à elle un graphique représentant le cycle des marées. Le haut et le bas de l’image sont cliquables et mènent à deux albums média différents; on comprend rapidement qu’il s’agit de photos et de vidéos prises à marée haute ou à marée basse. Chaque album est constitué de neuf cases contenant trois photographies chacune (il suffit de cliquer ou de glisser le curseur de la souris sur les cases pour en faire changer le contenu). On y retrouve des photos de la berge, des deux auteurs de l’œuvre et de complexes rocheux situés sur la rive. Trois cases sont réservées à des clips défilant en boucle. Deux d'entre elles sont identifiées par le sigle TCG (Temps-coordonné géocentrique) et ont des marqueurs croissants; la troisième est identifiée parfois par le sigle TCG, parfois par le sigle TCR et possède un marqueur décroissant.

Les deux bandes centrales communiquent entre elles; on y présente d'abord un panorama dont le paysage change à toutes les cinq à sept secondes. En cliquant sur celui-ci, l’internaute peut faire défiler une série de photos (vraisemblablement prises à différents moments de la marée) qui reconstruisent le paysage fluvial en prenant compte d’une temporalité décalée mettant le geste perceptif (photographique dans ce cas-ci) bien en évidence. Sous le panorama, des boussoles, comportant des aiguilles tournant comme le feraient celles d’une horloge, permettent de sauter d’un paysage à l’autre sans attendre le défilement des panoramas. La cohabitation boussole-horloge rappelle le temps cyclique, en accord avec le territoire.

Finalement, la bande inférieure de la fenêtre intempestive d’origine est occupée par une autre portion de carte géographique où des symboles utilisés sur les cartes de navigation (balises fixes, points de repère…) clignotent. Chacun d'entre eux renvoie à un élément relatif à la navigation en mer: un gamin jouant avec un bateau en papier, une photo ancienne de marins, un outil de navigation chinois au centre duquel un soleil se couche (et où le bateau de papier vogue), des pages d'un manuel d’explication de bornes et de signaux de  navigation… Comme l’explique Sylvie Parent dans une critique de l’œuvre de Lefèvre et Koutnouyan, cette œuvre a su faire converger les possibilités du numérique pour donner une vision multiple d’un espace naturel du Québec [1].

[1] Parent, Sylvie (12/2008) «Au bord du fleuve / On the Riverside, de Joseph LEFEVRE et Martine KOUTNOUYAN (Canada), 2003», dans Magazine électronique du CIAC/CIAC's Electronic Magazine, no 32. En ligne: http://www.ciac.ca/magazine/archives/no_32/oeuvre11.htm (consulté le 3 mai 2010)

Ce site présente l'oeuvre cinématographique d'Isabelle Hayeur intitulée "Vertige". Les images de cette oeuvre ont été croquées à Asbestos, Québec.
Bedeka.org présente diverses informations et nouvelles au sujet de la bande dessinée québécoise. Le blogue, présenté en page d'accueil, offre plusieurs liens vers les sites personnels des auteurs, des nouvelles d'actualité ou leur propre blogue. Il y a également une section « forum » ainsi qu'une section « entrevues ». La section « liens » est très fournie.
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