Promenade

Carpenter, J. R.: Wanderkammer

Dans son ensemble, Wanderkammer de J. R. Carpenter est composé de 58 citations, tirées majoritairement d’œuvres littéraires imprimées, et d’un petit nombre de déclarations citées diverses. Les citations littéraires dans Wanderkammer proviennent principalement d’œuvres en prose, mais on y retrouve de même des citations de poèmes variés et de textes académiques. Le titre complet, Wanderkammer – A Walk Through Texts, constitue déjà une introduction au thème de l’œuvre, l’errance. J. R. Carpenter décrit le terme «Wanderkammer» comme: «1. a web-based collection of hyperlinked quotations from curious and rare writings on the topic of wandering. 2. a walk through texts» [1]. Cette définition exprime l’ambiguïté inhérente du terme: d’une part, «Wanderkammer» suggère que l’idée principale qui traverse les textes cités est le thème de la «promenade». D’autre part, le terme met également en valeur le fait que l’œuvre est une construction hypermédiatique, ce qui signifie que le visiteur doit se «promener» d’un texte à l’autre dans l’espace virtuel pour progresser dans sa lecture.

Toutefois, l’image statique du carnet de notes en arrière-plan et la disposition uniforme des textes de chaque lexie dans une même section de l’écran transmettent aussi l’impression familière d’être en train de procéder à la lecture linéaire d’un livre imprimé.

Concernant les choix de lecture du visiteur, il est évident que le lecteur prend des décisions actives en choisissant sur quel(s) mot(s) cliquer et, ainsi, quel(s) lien(s) suivre. Durant ce processus, il est possible pour le lecteur d’identifier un mot intéressant qui attire son attention dans un texte spécifique. Même si ce choix peut d’abord sembler être une décision relative à un sujet particulier, il entraîne plutôt l’apparition du prochain texte qui contient le mot choisi. Cela signifie que les enjeux de ce second texte, ou texte-cible, peuvent être complètement différents.

Pour conclure, Wanderkammer peut être vu comme une œuvre hypermédiatique qui met en évidence l’influence des nouvelles technologies sur la littérature et l’art. D’un côté, l’œuvre montre comment les pratiques traditionnelles de lecture sont toujours prises en considération à l’intérieur du processus de production artistique dans un environnement électronique. Toutefois, d’un autre côté, Wanderkammer démontre aussi comment de nouvelles formes de production et de consommation du littéraire et de l’artistique peuvent être développées.

 

[1] J. R. Carpenter (2011) section «About», Wanderkammer. En ligne: http://luckysoap.com/wanderkammer/credits.html (consulté le 6 décembre 2012)

Harrell, Curtis: Turning Away

Turning Away est une oeuvre poétique de Curtis Harrell qui utilise le GIF animé pour créer des haïkus en constante mutation. Le principe est simple: les trois lignes du haïku affiché sont en fait trois GIF animés. Chaque GIF animé est constitué de quatre vers qui alternent selon des rythmes différents, de manière à ce que les changements de vers ne soient pas synchronisés d'un GIF animé à l'autre. L'internaute peut ainsi apprécier plusieurs combinaisons, sans avoir à intéragir avec l'oeuvre. Les haïkus de Curtis Harrell explorent les thèmes de la lune, de la promenade et de la nature contemplative.

Herrstrom, David: Virtual Reality Exhibit at the Singapore Museum

Virtual Reality Exhibit at the Singapore Museum est un long poème de David Herrstrom divisé en 19 segments. Chaque segment est accessible à partir d'hyperliens abrités par chacun des 19 mots de la phrase «LEAVING A VIRTUAL REALITY EXHIBIT AT THE SINGAPORE NATIONAL MUSEUM, I WALK DOWN ORCHARD ROAD TO THE TEMPLE PARK», affichée sur la page d'accueil. Une fois que l'internaute accède à un premier segment, il peut passer d'un segment à l'autre en utilisant les liens renfermés dans les images de feuilles d'arbres en haut et en bas du texte ou cliquer sur «Genet» pour revenir à la page d'accueil.

Le long poème d'Herrstrom relate sur un ton intimiste les pensées d'un étranger qui parcourt les rues de Singapour, un appareil photo à la main. Ses réflexions portent surtout sur les rayons insistants du soleil, sur la religion et sur la végétation, cette dernière servant de métaphore pour la plupart des autres thèmes abordés. Tout au long de son poème, Herrstrom s'efforce de mettre en relief la tension entre genet et ramet [1], entre la foule d'individus semblables qui forment le tissu humain de la ville et l'étranger isolé, unique.

 

[1] En botanique, un genet désigne un ensemble de plantes regroupées génétiquement identiques, alors qu'un ramet sert quant à lui à identifier un individu unique issu d'un genet.

Mouton, Alexander: Passing Through

Passing Through est une promenade photographique réalisée par l'artiste Alexander Mouton. L'oeuvre est composée d'une série de photographies prises dans des lieux déserts de Seattle, Chicago et Providence, pendant la nuit. Le parcours proposé est linéaire: l'internaute doit simplement repérer le lien dans chaque image permettant d'aller vers l'image suivante. Ce lien est généralement localisé sur une source de lumière (un lampadaire, un reflet, une fenêtre) qui devient plus vive lorsque l'internaute la survole du curseur de sa souris. En trame sonore, on entend des bruits urbains. Certaines images sont accompagnées de transcriptions de fragments de conversations entendues dans les lieux où les photographies ont été prises.

The Walking Man propose neuf courtes séquences vidéos (des phases selon les termes employés dans l'oeuvre) dans lesquelles on suit les déplacements d'un homme qui marche. Trois séquences animées, jouées en boucle, montrent diverses actions du piéton. En voix off, une voix synthétisée narre les actions et les impressions que ressent le sujet, qu'il s'agisse de sa peur ou de son bien-être dans un lieu donné, la façon dont négocie le terrain urbain. Cette voix fait aussi quelques commentaires sur le design urbain, sur les possibilités futures d'une ville donnant des informations à ses habitants sans autre intermédiaire que le matériau urbain lui-même. Bien que siégeant dans le contexte d'une ville réelle, le traitement des vidéos confère à la ville un certain anonymat qui permet de mieux s'intéresser aux interactions entre les utilisateurs de la ville et son architecture.
L'oeuvre aborde le thème du déplacement, de la marche et du mouvement en présentant des marcheurs, des moyens de transport et plusieurs lieux, accompagnés d'une musique dynamique.
L’œuvre explore le thème de la promenade au musée. L’internaute, à travers les déambulations des spectateurs du British Museum, y observe son architecture, ses pièces vides et différentes prises de vue.
Cette oeuvre propose à l'internaute une exploration virtuelle dans un environnement 3D. Un peu comme un touriste, l'internaute explore une île où gît une pyramide. Il doit toujours tenir compte du fait qu'il est à pied et ainsi trouver des escaliers et d'autres endroits ou il peut réellement se déplacer. Trois losanges flottants doivent être activés dans un certain ordre afin d'ouvrir la pyramide, ce qui permet d'accéder à un sous-sol où on peut trouver des toiles virtuelles.
Un site magnifique qui transporte l'internaute sur une île fantasmagorique. À l'aide d'un capteur de position, l'internaute peut se balader dans les différents endroits du paysage (la vallée, la mer, la forêt) qui apparaissent sous forme de fenêtres intempestives lorsque sélectionnées.
Cette oeuvre sonore et visuelle aborde le thème de la pause du travail qui devient une déambulation dans la ville. On suit le promeneur à travers les bruits urbains.
Syndiquer le contenu