Portail/répertoire

Runme.org

Runme.org (dont le slogan est «say it with software art!») est un répertoire d'oeuvres hypermédiatiques développé par un collectif formé tant d'artistes que de programmeurs et d'auteurs. Cherchant à établir une interface d'échange pour les artistes et les programmeurs, Runme.org accepte des projets hypermédiatiques de toutes formes. Chacun peut soumettre sa création. L'internaute peut parcourir les oeuvres selon deux axes: par taxonomie (liste de catégories) ou par intuition (nuage de mots-clé). S'il s'inscrit en ligne, il peut aussi commenter les divers projets. Pour assurer un certain contrôle de qualité, les meilleurs soumissions sont régulièrement commentées par des experts. Le but des instigateurs de Runme.org est de dépasser le modèle de base de données classique, davantage sous le mode de l'archivage, et de créer un répertoire permettant l'échange et la discussion entre les différents membres de la communauté d'art Web.

Still Water Lab: The Pool

Développé par Joline Blais et Jon Ippolito du groupe Still Water Lab, The Pool se veut une plateforme d'échange créée par et pour les artistes hypermédiatiques. Combattant l'idée selon laquelle le partage d'information nuirait à la pratique artistique, les instigateurs du site offrent un environnement où les utilisateurs sont libres d'échanger art, texte et code. L'internaute peut plonger dans deux "piscines" distinctes: la «art pool» et la «reference art pool». Une fois immergé, libre à lui de parcourir les multiples fiches des différentes oeuvres et vitrines artistiques répertoriées, fiches offrant un court résumé, des critiques faites par d'autres usagers ainsi qu'un lien renvoyant au site Web fiché. 

Fictive Net Porn est un projet artistique qui a débuté sous l’impulsion de Paul Clay. Se présentant comme un hébergeur de sites pornographiques, Fictive Net Porn est plutôt un lieu où plusieurs artistes se sont rassemblés afin de proposer de l’art qui réfléchit sur la pornographie. Comme l’écrit Paul Clay dans le texte explicatif du site, «It’s not porn, its art about porn.»

À ce jour, soixante-quinze artistes ont participé au projet en ajoutant leurs œuvres à la liste disponible sur le site. Cette liste prétend être une recension de sites pornographiques et énumère différents types de contenus pornographiques sous le mode de slogans racoleurs. Ces œuvres se caractérisent par une esthétique du détournement, principalement en jouant sur les attentes que peuvent avoir les internautes qui visitent des sites pornographiques. Par exemple, le site dont l’intitulé est «Girls Girls Girls of INDIA!» (anonyme) se présente comme étant une collection de photographies présentant des femmes indiennes nues. Cependant, lorsque l’internaute clique sur l’une de ces images afin de la visionner, il accède à une photographie qui a été brouillée de façon à ce qu’il ne puisse pas distinguer clairement le corps de la femme. En légende de la photo brouillée, nous pouvons lire des réflexions sur la condition des femmes indiennes, par exemple celle-ci: «I AM ALWAYS NERVOUS ABOUT MEETING FRIENDS AND FAMILY OF A BOYFRIEND. I FEEL THAT THEY WILL LOOK DOWN AT ME BECAUSE I AM FROM AN INDIAN HERITAGE, (LOWER CLASS).» Ainsi, Fictive Net Porn participe pleinement d’une logique de l’activisme. Chacune des œuvres présentes sur le répertoire tient un discours qui met à distance la pornographie, que ce soit sous le registre de la polémique ou encore de l’humour.

Le site «Your Latina» (http://www.fictive.net/porn/your_latina/yourlatina00.html), par exemple, déconstruit la définition que donne un dictionnaire du mot pornographie en prétextant que cette définition est le symptôme d’un malaise. Cette définition, en insistant sur le fait que la pornographie est de «mauvais goût», mais en occultant la souffrance des femmes qui sont impliquées dans cette industrie, est présentée comme étant un symptôme de la vision sexiste inhérente à la pornographie. Plus loin dans l’œuvre, l’artiste propose une définition qui, à ses yeux, est plus adaptée à la réalité de la pornographie en ce qu’elle insiste sur le caractère dégradant de cette pratique.

D’autres œuvres, quant à elles, traitent de la pornographie avec beaucoup d’humour. C’est le cas de «Toilet Cam» (http://www.fictive.net/porn/toilet_cam/index.html), une œuvre qui se présente comme étant un site de voyeurisme. Lorsque l’internaute active le lien, celui-ci se retrouve plutôt devant une photographie d’un rouleau de papier hygiénique, en dessous de laquelle il peut lire «still waiting…» Dans la même logique, le site «Truck Fuck» (http://www.fictive.net/porn/truck_fuck/index.html), dont le titre peut laisser croire qu’il s’agit d’un site pornographique mettant en scène des camionneurs, déjoue les attentes en montrant plutôt des photographies de camionneurs et de leurs camions, dans une esthétique qui est aux antipodes de l’érotisme ou de la pornographie.

Malgré l’humour avec lequel la pornographie est abordée dans cette œuvre, il subsiste un malaise qui vient sans doute de la proximité qu’elle entretient avec la réalité. Dans la liste des sites disponibles, nous pouvons lire des publicités présentant des liens vers des sites où l’on peut voir des viols, des actes de zoophilie et de torture. Il est troublant que ces contenus soient listés sous le mode de la publicité, faisant usage de phrases exclamatives qui invitent l’internaute à visiter ces sites. Le décalage entre les contenus qui sont proposés et la tonalité candide, qui relève quant à elle de l’univers idyllique de la publicité, est d’autant plus troublant qu’il renvoie à une situation bien réelle. L’exemple de Fictive Net Porn montre que les pratiques canularesques, malgré les moyens humoristiques qu’elles mobilisent, visent également à engendrer une réflexion sérieuse à propos de sujets troublants. Le détournement humoristique, dans ce cas, fonctionne selon une logique du renversement du discours: en adoptant la forme de l’objet détourné, le canular en reprend les stratégies d’une manière hyperbolique qui a la vertu d’en montrer le caractère problématique.

Cover Browser est un répertoire contenant plus de 450 000 couvertures de comic books (bandes dessinées américaines). L'internaute peut naviguer à travers les mots clés, effectuer une requête dans le moteur de recherche ou encore utiliser la fonction d'affichage aléatoire. Ce répertoire permet de constater les évolutions esthétiques et éditoriales qui caractérisent la production de comic books à travers les époques.

Bram.org est le portail de l'artiste hypermédiatique Annie Abrahams, active sur le Web depuis 1997. Le portail permet d'accéder à un répertoire de toutes ses oeuvres classées par année ou période. Le site de cette pionnière de l'art sur le Web permet de mesurer l'évolution de sa carrière aussi bien au niveau technique que dans sa démarche artistique.

Une partie de la production artistique d'Annie Abrahams repose sur le principe de la création collaborative et participative. Par exemple, ses oeuvres Wishes/Voeux (1999-2000), SolitudeS (2004), Peurs (2007) et Violence (2008) sollicitaient les internautes sur plusieurs sujets ayant trait à des émotions intimes et personnelles, et les textes soumis par les internautes ont été employés de plusieurs manières, que ce soit à l'occasion de performances dans des galeries d'art et des festivals ou en étant compilés et reproduits à l'écran.

La démarche artistique d'Annie Abrahams aborde la question de l'identité à l'ère du numérique. Les fluctuations de son état émotionnel sont mises de l'avant dans certaines de ses oeuvres, dans une démarche d'extimité qui est commune à plusieurs artistes contemporains (notamment Ana Clara Voog). Les oeuvres d'Annie Abrahams doivent donc être considérées dans une logique de réseau identitaire où chaque nouvelle mise à nu par l'artiste s'inscrit dans un processus continu visant à former un portrait complexe et mouvant de l'artiste.

Le site d'Annie Abrahams lui permet également de recenser des archives de ses performances par le biais de textes et de vidéos documentant les événements auxquels elle a pris part. Ces archives peuvent également être consultées par catégorisations: collectif writing, performance, net art, video, curation, interviews, articles.

InOut s'intéresse à la création connective. Ce site permet la mise en relation de projets artistiques connectés en réseau. Les échanges de flux s'effectuent en temps réel: chaque projet se nourrit de flux extérieurs et rend disponible le résultat de sa production. Les trois types de flux (vidéo, audio, données) peuvent être intégrés dans tout type d'environnement logiciel. Les projets sont répartis dans différents lieux et un simple accès Web permet la participation. Tout d’abord, les participants doivent s’inscrire pour avoir accès au serveur d’In/Out, après quoi la connexion s’effectue entre les différents projets et leurs profils.

In/Out peut être considéré, selon les mots de Maurice Benayoun, comme un «écosystème» favorisant une approche opensource et créative. Chaque participant doit à la fois recevoir des flux de données mais aussi en produire afin d’alimenter le réseau. Les artistes peuvent à la fois utiliser les flux, les détourner ou bien les ignorer. Chaque projet artistique constitue une «cellule» à la fois émettrice et réceptrice, interconnectée: «chaque cellule constitue une création en soi et n’est pas à considérer comme un élément d’une création collective. (…) Chaque production doit avoir une forme de visibilité/audibilité. Que ce soit en ligne ou dans un lieu d’exposition, l’œuvre se donne à voir et/ou à entendre.»

In/Out a fait l’objet d’une exposition intitulée IN/OUT x.0 qui a eu lieu du 1er au 10 Décembre 2008. Artistes et chercheurs s’y sont appropriés les potentialités d’échange de flux de données en temps réel au travers d’œuvres interconnectées présentées dans plusieurs lieux.

In/Out abrite ainsi plusieurs projets: Qualia de Vincent Ciciliato, Comme vous, je connais l'oubli d’Olivier Perriquet, Collectionnisme 2.0 de Mayumi Okura et Dominique Cunin, Driving de Florent di Bartolo, Gestes: trois variations sur la Naissance d’Yves-Marie L'Hour et Benoit Meudic, Cartels d'identité de Thomas Cheneseau, Générateur Poiétique d’Olivier Auber, Tempo d’Emilie Brout et Maxime Marion, "f ∞ .." de Vincent Goudard.

Nous détaillerons particulièrement deux œuvres faisant partie du réseau In/Out. Tout d’abord Qualia de Vincent Ciciliato: il s’agit d’un projet d’installation vidéo générative inspirée du film Tango de Zbig Rybczynski (1980) et de Salo de Pier Paolo Pasolini (1975). L’œuvre est avant tout une réflexion sur la gestuelle et le foisonnement. L’œuvre consiste en différents tableaux habités par des acteurs, ici dénommés avatars, chacun se voyant attribuer le flux de données d’une des autres œuvres composant le réseau In/Out. Les données entrantes sont traduites en comportements gestuels aléatoires que les acteurs doivent performer. Qualia envoie ensuite à son tour des images et des données dans le réseau. Nous avons affaire à un même système caractéristique de flux dans l’œuvre de Florent Di Bartolo. DrivingVanishing Point de Richard C. Sarafian. La simulation fait ensuite l’objet d’une installation, dans laquelle le flux de données tiré de In/Out permet de composer aléatoirement les comportement de la voiture: intensité des phares, trajectoires, accélérations etc. L’œuvre envoie elle aussi à son tour des données pour alimenter le réseau.

reproduit numériquement une Dodge Challenger de 1970, inspirée du film

Finalement, si In/out constitue en premier lieu un outil de création pour les artistes qui s'y connectent, elle finit par devenir en même temps elle-même une oeuvre composite, en mutation incessante. In/Outtémoigne de «la diversification et la fluidification des échanges rendus possibles par la multiplication des réseaux et des systèmes de communication (...)»(1)

1Benayoun, Maurice (sans date) "La création transactionnelle", CiTu. En ligne: http://www.citu.fr/wiki/index.php?title=Intentions (consulté le 8 septembre 2009)

Ce site constitue un important bassin de ressources sur la littérature hypermédiatique allemande (Netzliteratur) et l'art hypermédiatique allemand (Netzkunst). En plus d'offrir à l'internaute la possibilité d'accéder à plusieurs oeuvres de Johannes Auer, Susanne Berkenheger, Reinhard Döhl, Sylvia Egger, Martina Kieninger et Florian Cramer, netzliteratur.net héberge aussi une quantité impressionnante de textes théoriques sur la littérature hypermédiatique en version intégrale, le Groupe de Stuttgart, la cyberfiction et des essais radio en littérature hypermédiatique. Finalement, une section «symposiums/congrès/festival» permet d'informer l'internaute sur les évènements passés et à venir en matière de littérature hypermédiatique allemande.
AVMbox (Animal Vegetal Mineral) propose à l'internaute de parcourir un magnifique herbier et un bestiaire numérique. Le site, à l'interactivité limitée, est accompagnée d'une musique d'ambiance et met à disposition les codes sources de chacune des réalisations numériques.
Idixa, croisement entre la base de données et l'hypertexte, est un site conçu au départ autour de la pensée de Jacques Derrida. Il propose un "cheminement" capable de s’étendre à d'autres auteurs proches de la pensée déridéenne. Le site propose à la fois des parcours guidés et libres qui entraînent des lectures rhizomatiques, ainsi que des moteurs de recherches par mot clés. Idixa offre un véritable panorama de la pensée de Derrida, proposant extraits d’œuvres et analyses, dans un système reprenant les concepts de déconstruction et de dissémination.
"The comic strip doctor" contient une douzaine d'essais à propos de certaines séries de strips apparaissant dans les journaux d'Amérique du Nord que l'auteur juge particulièrement mauvais. Les séries sont analysées et sévèrement critiquées une par une, et à la fin de chaque essai l'auteur suggère une variation dans les dialogues qui permet d'insuffler un peu de fantaisie ou d'humour de qualité dans chaque exemple proposé. Bien que le Comic Strip Doctor ait "pris sa retraite" en 2006, ses essais demeurent en ligne et sont toujours pertinents.
Grâce à ce site, l'internaute pourra se familiariser avec les différentes utilisations inhérentes aux systèmes de positionnement global. Andrea Ulrberger présente ici les résultats d'une recherche s'étant étalée sur une durée de trois ans. On pourra y consulter des textes et des entrevues concernant la technologie GPS et la théorie qui l'entoure. Ce site s'intéresse plus précisément aux usages artistiques des systèmes de positionnement, mettant à la disposition de l'internaute une banque de liens vers des oeuvres et des sites d'artistes faisant usage de cette technologie. Des entrevues avec, par exemple, Ju Row Farr (Blast Theory), Masaki Fujihata et Esther Polak, bien connus pour leurs jeux de géolocalisation urbaine ou leurs installations, permettront à l'internaute de mieux cerner leurs démarches artistiques, qui définissent un situationnisme parfois ludique, mais très souvent engagé.
The webcomics list répertorie plus de 10 000 sites de bande dessinée en ligne. Les liens sont visités périodiquement afin de déterminer si les sites répertoriés sont toujours en activité. Les sites sont également classés par catégories qui correspondent au genre auquel appartient chaque site. Aucune forme de sélection basée sur la qualité n'est effectuée par les gestionnaires de The webcomics list: quiconque envoie une demande aux créateurs du site peut être ajouté. Une section forum permet aux internautes d'aborder différents sujets autour des webcomics.
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