Poésie

makkaronisch fuer niedlich est une oeuvre créée par Reinhard Döhl et Johannes Auer pour le 70e anniversaire de Wendelin Niedlich, libraire très connu de Stuttgart (Allemagne). À la droite de l'écran, l'internaute peut voir un poème en l'honneur de Niedlich se former tranquillement - les mots apparaissent, dansent, se retournent, changent de couleur, puis prennent place. Il s'agit d'un poème en macaronique qui joue sur les permutations possibles à partir des lettres qui forment W-e-n-d-e-l-i-n N-i-e-d-l-i-c-h. À gauche, une note noire permet à l'internaute de faire apparaître des lignes de musique en notation musicale alphabétique allemande pour accompagner le poème (par exemple: «deeedch», «edeedch», etc.). À chaque clic de souris sur la note, une nouvelle ligne fait son apparition et danse, elle aussi, à l'écran. L'oeuvre est aussi disponible sur le CD-ROM kill the poem.
L'oeuvre Tango-Bar de Wolfgang Tischer permet d'afficher aléatoirement une des 2304 variations du poème «Tango-Bar» de Fernando Gomarez (traduction de Peter Bayr). Il suffit à l'internaute d'appuyer sur le lien «Noch eine Variation ansehen» pour qu'une nouvelle variation numérotée apparaisse à l'écran. La visualisation du poème est accompagnée d'un court texte de Tischer qui explique l'origine du poème et de ses variations, son histoire, etc. et d'une courte notice biographique sur Fernando Gomarez. On y apprend notamment que les variations de ce poème (écrites en 1923/24) ont été redécouvertes en 1996 seulement et mises en ligne dans le cadre du projet Tango de Martina Kieninger.
Cette oeuvre explore différentes possibilités offertes par Internet pour présenter et lire de la poésie. En cliquant sur «Size S», l'internaute fait apparaître une nouvelle fenêtre dans laquelle se trouve un poème qui rapetisse graduellement jusqu'à disparaître totalement, ne laissant qu'une fenêtre vide. En cliquant sur «Size L», l'internautre fait apparaître une autre fenêtre (un peu plus grande) divisée en quatre cadrans identifiés par les mots «your», «mouse», «isn't large» et «enough». En passant le curseur de la souris sur chaque cadran, l'internaute accède à de courts poèmes. Finalement, en cliquant sur «Size XXL», l'internaute fait apparaître une troisième et dernière fenêtre qui contient, sur la gauche, un court poème de même qu'une série de lettres placées en ordre alphabétique. En cliquant sur chacune de ces lettres, l'internaute peut faire apparaître dans la partie droite de la fenêtre les vers qui forment la suite du poème. Notons que Klaus Thaler est un pseudonyme de Klaus F. Schneider.

Vorhang für Ernst Jandl est un hommage à Ernst Jandl, poète et écrivain autrichien décédé en 2000. Présentée sous la forme d'un programme de théâtre, l'oeuvre célèbre l'influence de Jandl sur le Groupe de Stuttgart et le développement de la poésie concrète. En navigant dans l'oeuvre, l'internaute découvre des liens qui mènent au site du projet «Als Stuttgart Schule machte»; différentes «scènes» écrites à plusieurs mains qui réunissent divers personnages ayant influencé Jandl ou qui ont été influencés par lui; des citations diverses; des poèmes et des hommages visuels à Jandl; des extraits de poèmes et de lettres écrits par Jandl; et une série d'essais théoriques qui traitent de Jandl et de son influence. Ont participé, entre autres, Reinhard Döhl (auteur principal derrière le projet), Armin Elhardt, Johannes Auer, Karel Trinkewitz, Gerdi Sobek-Beutter, Beat Suter, Helmut Pfisterer, Carmen Kotarski, Jürgen Stelling, Claus Henneberg, Yüksel Pazarkaya, Bohumila Grögerová et Josef Hiršal, Klaus Groh, Martina Kieninger, Sibyll Beth, Klaus Thaler, etc.

Le Looppool a l’apparence d’un labyrinthe gris formé par un ensemble de boucles sur fond noir. Deux boutons au centre du Looppool, (STOP) et (PLAY), permettent d’activer l’œuvre ou d’en interrompre la lecture. Lorsque l’internaute active le Looppool, des fragments de texte apparaissent sur les boucles au premier plan et on entend le poète et slameur Bas Böttcher, créateur du Looppool, réciter le texte d’une de ses chansons, sur un fond musical de clavier et «beat box». L’internaute s’aperçoit alors que les fragments de texte au premier plan sont en fait des repères qui permettent de suivre la progression de la performance de Böttcher. Qui plus est, un point rouge se déplace sur le tracé du Looppool indiquant quel fragment est actuellement en cours de lecture. En appuyant sur n’importe quelle touche de son clavier, l’internaute peut faire dévier la trajectoire du point aux différentes intersections du labyrinthe et ainsi contrôler l’ordre de succession des fragments. Le rythme égal qui accompagne la performance de slam de Böttcher de même que le ton uniforme adopté par le slameur pour réciter son texte permettent un enchaînement fluide des différents fragments, peu importe les combinaisons choisies par l’internaute. L’œuvre, présentée au public en avril 1998, a permis à Böttcher de remporter le prix spécial du concours Internet Pegasus en octobre 1998. Le texte utilisé par ce dernier pour la démonstration du Looppool (version disponible sur le Web) s’intitule Das süße Leben. Dans Das süße Leben, l’internaute découvre au fil du slam de Böttcher une réflexion sur l’appel du luxe, le faux-semblant des boîtes de nuit, le désespoir et l’inévitable déception qui se cachent derrière la recherche du bonheur dans les paillettes et les flashs des stroboscopes. À la base, Das süße Leben a été enregistré en 1999 par Zentrifugal, groupe rap formé de Böttcher et du disc-jockey Loris Negro, pour l’album Tat oder Wahreit (Jive Records). Notons que le duo Zentrifugal est dissout depuis 2001.

Looppool est une œuvre intéressante à cause de la manière dont elle allie slam et procédés de lecture non linéaire – deux pôles habituellement peu rapprochés. Et la performance de slam de Böttcher vaut à elle seule le détour: il s’agit après tout d’un des plus grands slameurs allemands de sa génération, gagnant à plusieurs reprises du Prix de Slam Poétique de l’Atelier de littérature de Berlin.

Une version française du Looppool, réalisée avec la collaboration du rappeur québécois Pete Tardif, est parue dans le troisième numéro de la revue en ligne bleuOrange, au http://revuebleuorange.org/bleuorange/03/looppool/index.htm.

das buch gertrud est un hommage en deux parties à la mémoire de Gertrude Stein, poétesse, écrivaine, dramaturge et féministe née aux États-Unis en 1874 et décédée à Paris en 1946. Dans la première partie de l’œuvre, l'internaute est invité à explorer trois environnements différents constitués de séries de mots disposés de façon à former divers motifs que l'internaute peut modifier à chaque clic de souris. Ces trois environnements explorent les thèmes de la mémoire, de l’héritage poétique de Stein et de la mort, symbolisés par les noms des trois sous-sections: les pierres colorées (« bunte steine/coloured stones »), le jardin de roses («rosengarten/rose-garden») et la pierre tombale («grabstein/tombstone»). Notons que la première partie de das buch gertrud est aussi disponible sur le CD-ROM kill the poem. Epitaph Gertrude Stein, la deuxième partie de l’œuvre, a quant à elle été mise sur pied avec l’aide de Johannes Auer. Il s’agit d’un projet collaboratif: l'internaute est invité à composer une épitaphe pour Gertrude Stein à partir de la dernière strophe des Stanzas in Meditation et à soumettre par courriel son texte ou sa collaboration visuelle. (Les règles complètes du jeu sont disponibles en allemand et en anglais sous la rubrique « Spielregeln ».) Plusieurs des documents reçus sont affichés en différentes langues sur le site. Pour les épitaphes visuelles, l’ajout d’une fonction créée par Johannes Auer permet, en cliquant sur un lien dans le coin inférieur gauche de l’image (« Die Töne »), de convertir l’œuvre visuelle en texte musical (notation musicale alphabétique allemande). En-dehors de das buch gertrud, ce même principe d’hommage collectif (créé en « mail-art ») a été repris par Reinhard Döhl et Johannes Auer pour créer un Hommage à Helmut Heißenbüttel (H.H.H.), un « rideau » pour Ernst Jandl (Vorhang für Ernst Jandl) et une page de deuil pour Jirí Kolár (Trauerseite für Jirí Kolár).
das buch gertrud a été mis en ligne en 1996 pour le 50e anniversaire de la mort de Gertrude Stein et a été officiellement présenté au public à l’occasion d’une exposition à la mémoire de Stein qui a ouvert à la Galerie Buch Julius le 27 juillet 1996. Cette exposition était elle aussi une création collective: sur les invitations pour le vernissage, la galerie fournissait aussi les instructions aux visiteurs pour soumettre leurs propres contributions. Le but derrière de cette action était de rouvrir, à partir de l’œuvre de Stein, un dialogue artistique international.[1] Il faut dire que les premiers textes qui constituent das buch gertrud ont été écrits par Döhl vers 1965-1966. Quelques-uns, plus vieux encore, datent même de 1961. (das buch gertrud faisait de plus partie à l’origine d’un projet de trilogie sur le thème des portraits de femmes: « das buch es anna », « das buch gertrud », « das buch heidi ».)

Historiquement, cet intérêt de Döhl pour Gertrude Stein demeure indissociable de son affiliation au Groupe de Stuttgart: « Nous préférons une poésie du métissage. Nos critères sont l’expérimentation et la théorie, la démonstration, le modèle, le spécimen, le jeu, la réduction, la permutation, l’itération, le hasard (brouillage et diffusion), la série et la structure.[2] » En effet, quelque dix ans après la fin de la guerre, les artistes et écrivains allemands étaient à la recherche d’une voie pour rouvrir une littérature malmenée par son passé nationaliste. Lorsque la première traduction allemande de l’œuvre de Stein paraît en 1955, elle tombe à point. Ses affinités avec Picasso, Matisse et Cézanne, ses liens avec le cubisme et ses expérimentations poétiques en font la figure de proue parfaite pour opérer la résurrection de l’avant-garde, thème cher aux jeunes membres du Groupe. Döhl lui-même, en plus de produire une quantité impressionnante de textes poétiques expérimentaux inspirés par Stein (dont certains seront repris dans différentes versions de das buch gertrud), est aussi l’auteur de plusieurs essais critiques à tendances biographiques sur Stein.

Bref, das buch gertrud constitue à la fois un exemple de poésie concrète intéressant pour qui veut explorer les principes esthétiques du Groupe de Stuttgart, une fenêtre sur les imaginaires qui se sont développés autour de la figure de Gertrude Stein et un témoignage précieux du rôle central de Stein dans la renaissance de la littérature d’avant-garde allemande dans la période d’après-guerre.

[1] Döhl, Reinhard (1996) "Memorial Gertrude Stein [Epitaph Gertrude Stein]", Universität Stuttgart, en ligne: http://www.uni-stuttgart.de/ndl1/steinmem.htm (consulté le 25 juin 2009)

[2] Bense, Max et Reinhard Döhl (1964) "Zur Lage", Universität Stuttgart, en ligne: http://www.uni-stuttgart.de/ndl1/zurlage.htm (consulté le 2 juin 2009)
otherelectricities.com est le site Web personnel du poète et essayiste Ander Monson, lauréat du Graywolf Press Nonfiction Prize 2006 pour son oeuvre Neck Deep. Ander Monson ayant publié sur papier, le site propose des pistes de lectures complémentaires pour comprendre son oeuvre - par exemple en redirigeant l'internaute vers d'autres sites Web traitant de sujets touchés dans ses recueils. Aussi, Annonces d'événements à venir (publications ou apparitions publiques) côtoient des éléments qui relèvent de l'ordre du privé, comme la date d'anniversaire d'Erik Sather (le 16 avril). Ce type d'humour parsème le site Web de Monson, qui joue d'ailleurs sur le flou entourant son identité, le vrai et le faux. Revues de presse et critiques disponibles sur le site permettront de mieux cerner le personnage. Au lecteur tentant de trouver une cohérence aux textes du poète, il faut penser en termes de performativité.
L'oeuvre das buch gertrud est un hommage à la mémoire de Gertrude Stein (1874-1946). L'utilisateur se promène dans trois environnements différents: les pières colorées ("bunte steine/coloured stones"), le jardin de roses ("rosengarten/rose-garden") et la pierre tombale ("grabstein/tombstone"). Chacun de ces environnements est constitué de séries de mots simples (par exemple "die stein rose in meinem stein garten ist" ou "a rose is a rose is a rose") disposés de façon à former différents motifs que l'internaute modifie à chaque clic de souris. Aussi disponible sur netzliteratur.net (http://www.nt2.uqam.ca/repertoire/das_buch_gertrud).
L'oeuvre das buch gertrud est un hommage en deux parties à la mémoire de Gertrude Stein (1874-1946). Dans la première partie, l'internaute se promène dans trois environnements différents: les pierres colorées ("bunte steine/coloured stones"), le jardin de roses ("rosengarten/rose-garden") et la pierre tombale ("grabstein/tombstone"). Chacun de ces environnements est constitué de séries de mots simples (par exemple "die stein rose in meinem stein garten ist" ou "a rose is a rose is a rose") disposés de façon à former différents motifs que l'internaute modifie à chaque clic de souris. La deuxième partie est un projet collaboratif: l'internaute est invité à composer un épitaphe pour Gertrude Stein à partir de la dernière strophe des Stanzas in Meditation et à soumettre son texte ou sa collaboration visuelle à l'adresse courriel de l'artiste. Plusieurs des documents reçus sont affichés en différentes langues sur le site. La première partie de l'oeuvre est aussi disponible sur CD-ROM (http://www.nt2.uqam.ca/repertoire/das_buch_gertrud_0).
Ce CD-ROM regroupe dix oeuvres de «Netzliteratur» (littérature hypermédiatique allemande) de Johannes Auer et Reinhard Döhl produites entre 1996 et 2000: «Kill the Poem» (Auer, 1997), «Noras Ohr» (Auer, 1997), «Das pferd am Handy» (Auer, 2000), «Aphorismen Galerie» (Auer, 2000), «der tod eines fauns» (Döhl, 1997), «das buch gertrud» (Döhl, 1996), «worm applepie for doehl» (Auer, 1997), «Der Zuritt vom Stuttgarter Rössle» (Auer, 1999), «Pietistentango» (Auer/Döhl, 1998) et «makkaronish für niedlich» (Döhl/Auer, 1997). Au fil de ses navigations, l'utilisateur est entre autres invité à donner forme à un jardin de roses en mémoire de Gertrude Stein, regarder un ver manger une pomme de texte, trancher l'oreille de Nora Ohr ou faire danser le tango à des mots sur l'écran. La réflexion d'Auer et Döhl s'inscrit dans la prolongation des travaux du Groupe de Stuttgart sur la poésie entrepris dans les années 1950 et 1960.

L'oeuvre se présente comme un court poème romantique que l'utilisateur peut modifier en cliquant sur les mots soulignés en rouge. À chaque clic, l'ensemble des mots soulignés (dix nominatifs) se réorganisent pour proposer une nouvelle variante du poème où, par exemple, l'horizon avance tantôt sur l'écho pour ensuite laisser apparaître le soleil lui-même comme écho. Aussi disponible sur netzliteratur.net (http://doehl.netzliteratur.net/faun/faun.htm).

L'oeuvre se présente comme un court poème romantique que l'internaute peut modifier en cliquant sur les mots soulignés en rouge. À chaque clic, l'ensemble des mots soulignés (dix nominatifs) se réorganisent pour proposer une nouvelle variante du poème où, par exemple, l'horizon avance tantôt sur l'écho pour ensuite laisser apparaître le soleil lui-même comme écho. Aussi disponible sur CD-ROM.

Syndiquer le contenu