Parc

Mendes, Jeremy; Allison, Leanne: Bear 71

Bear 71 est un documentaire interactif produit par Jeremy Mendes et Leanne Allison, en collaboration avec le National Film Board of Canada (branche anglophone de l'Office national du film du Canada). Le documentaire est construit à partir d'images saisies par des caméras de surveillance installées dans le parc national de Banff, au coeur des Rocheuses canadiennes. En trame sonore, on entend une voix de femme narrer l'histoire de l'ourse 71, une femelle grizzly munie d'un radio-émetteur ayant permis de recueillir des informations sur ses déplacements de 2001 jusqu'à sa mort en 2009. Le récit à la première personne se comprend comme un dispositif narratif servant de support à un discours écologiste qui dénonce les intrusions humaines dans les territoires occupés par des ours et autres espèces animales partageant leur environnement: on prête à l'ourse la capacité d'analyser non seulement sa propre vie, mais les conditions plus larges (commerciales, industrielles, etc.) qui l'influencent et lui donnent forme.

L'internaute peut interrompre la narration à tout moment et se servir d'un menu caché dans le coin supérieur gauche de l'écran pour sauter d'un chapitre à l'autre. De plus, pendant l'écoute, l'internaute est invité à parcourir une carte virtuelle représentant les différentes zones du parc national de Banff. Sur cette carte en trois dimensions, on voit non seulement les montagnes, les lacs, les routes et les autres repères géographiques habituels, mais aussi les caméras de surveillance placées par les gardes forestiers et les mouvements des animaux en déplacement, munis de radio-émetteurs, représentés par des points en mouvement. En cliquant sur ces points, l'internaute fait apparaître des images de l'animal, différentes données statistiques sur son espèce et parfois même des petits détails amusants concernant un individu en particulier. Un point supplémentaire, représentant l'internaute lui-même, est associé à des images saisies par la webcam de l'utilisateur. Il est à noter qu'à certains moments clés de la narration, du texte apparaît dans la partie supérieure de l'écran. À d'autres moments encore, des films se déclanchent automatiquement, sans que l'internaute n'ait à les activer.

Un menu au bas de la fenêtre de visionnement permet d'accéder à un texte de présentation écrit par les auteurs, de lire la version texte de la narration, de visiter le Tumblr du projet, de visionner la liste des crédits, de partager l'oeuvre sur différents réseaux sociaux et de contrôler le volume de la piste audio.

Complexity Maps est un projet mis sur pied par le centre urbain métropolitain de Turin, en collaboration avec des artistes, urbanistes et experts en communications. Prenant pour sujet d'étude un quartier au nord de la ville de Turin, les intervenants du projet Complexity Maps recueillent des informations sur les lieux afin de créer des cartes qui rompent avec les modes de cartographie traditionnels. Mettant en évidence les perceptions qu'ont les gens de leur propre quartier - et principalement du parc Stura occupé par des vendeurs et utilisateurs de drogue -, les cartes conceptuelles qu'offre le groupe derrière Complexity Maps tentent de relier et de clarifier les relations entre les divers réseaux (interpersonnels, sociaux, économiques et politiques) qui tissent le quartier nord de Turin. Les concepteurs ont recours à des graphiques, des textes provenant des gens questionnés, parfois même des dessins qui participent d'une démarche expérimentale de visualisation de la complexité urbaine. Ces cartes ont aussi été créées avec l'espoir de retombées concrètes sur la vie du quartier. 

Carte sonographique de Montréal

Projet mis sur pied par Max Stein, de l’Association des étudiants en électroacoustique de Concordia (CESSA), la Carte sonographique de Montréal a pour objectif de «concrétiser une collection des sons enregistrés à la grandeur de l’île.» L'ampleur du projet étant de taille, les internautes munis d'une enregistreuse sont invités à mettre leur ouïe à profit. Une façon originale de redécouvrir le paysage (sonore) montréalais et de penser autrement la ville, dont la représentation est trop souvent dictée par le visuel, mais aussi de prendre conscience des niveaux de bruits environnants. L'internaute curieux pourra activer les différentes pastilles colorées représentant les extraits sonores, disposées sur une interface Google Maps. On en dénombre 110 en juin 2009. Il est aussi possible de faire une recherche par types de contenus, qu'il s'agisse du lieu de l'enregistrement, de la date ou même de l'équipement utilisé.

Un paysage fragmenté en des centaines de petits carrés se présente de manière animée. On peut y déceler de la pelouse, des arbres et un enfant qui semble courir vers l'internaute et disparaître par la suite sur le côté de l'écran. La séquence se répète en boucle. Le titre de l'oeuvre suggère la déformation et l'imprécision des souvenirs d'enfance.
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