Noce d'Alain Grandbois

Noce d'Alain Grandbois

Auteure, auteur 
Lefèvre, Joseph; Koutnouyan, Martine
Cette oeuvre inscrite dans le projet Navigations technologiques, sous la direction d'Ollivier Dyens, est une remédiation du poème «Noce», d'Alain Grandbois. Des mots-clés du poème apparaissent à l'écran alors que deux voix, l'une féminine et l'autre masculine, lisent le poème. L'internaute peut suivre la progression de deux personnages, parfois enlacés, parfois éloignés, qui subissent une chute dans les fonds marins. L'atmosphère générale de l'oeuvre est étrange, cet effet étant amplifié par des séquences vidéo souvent impressionnistes.
Citations: 
Nous sommes debout Debout et nus et droits Coulant à pic tous les deux Aux profondeurs marines Sa longue chevelure flottant Au-dessus de nos têtes Comme des milliers de serpents frémissants Nous sommes droits et debout Liés par nos chevilles nos poignets Liés par nos bouches confondues Liés par nos flancs soudés Scandant chaque battement du coeur [...]
Notes: 
« Le projet Navigations technologiques a tout de suite suscité notre désir de collaborer à cette aventure. Mais c’est vraiment lorsque nous avons reçu les textes et que nous en avons pris connaissance que le plaisir a commencé à naître. Martine a fait le travail de sélection des poèmes, les a lus et a fait le choix final qui s'est porté sur « Noces » d'Alain Grandbois. Le titre « Noces » dans le contexte de l'eau et de la navigation a tout de suite fait surgir dans notre esprit des images de l'Atalante de Jean Vigo où l'on voit une mariée s’enfoncer dans le lit d’une rivière avec son grand voile flottant au gré du courant. Cela s’est révélé la source d’inspiration pour illustrer la plongée lente et inéluctable d'un couple dans les abîmes que raconte le poème. La démarche que nous avons adoptée est une illustration animée de certaines strophes et de mots-clés qui rythment le poème. Vu la longueur du texte et les contraintes de production, il nous a paru ambitieux de l'illustrer dans son entier. Nous avons donc délibérément choisi des phrases-clés pour structurer les séquences d'animation. Après avoir convenu de la marche à suivre, il nous fallait partir à la recherche des éléments visuels et sonores pour la réalisation du projet. Le processus d'identification aux personnages s'est alors enclenché et nous nous sommes mis en scène, incarnant ce couple en plongée. Nous avons ensuite numérisé et sélectionné des images que nous avons retouchées et manipulées une à une pour les intégrer dans l'animation. Nous avons parallèlement recherché des éléments marins et nous avons commencé l'assemblage du projet sur l'ordinateur. Nous avons longtemps hésité avant de décider s'il fallait inclure les textes à l'écran selon un mode interactif. Finalement, après divers essais, la narration s'est imposée comme le moyen le plus efficace pour intégrer le texte à l’image. De plus, par accident, nos deux voix se sont mêlées au montage et cela a renforcé l'idée du couple. À part les sons relatifs à la mer et à l'eau, nous voulions aussi construire une ambiance sonore particulière. Notre choix s'est porté sur un extrait de La Mer de Debussy. Nous ne pouvions, pour des questions de droits, utiliser des œuvres déjà éditées. Nous avons donc utilisé des fichiers au format MIDI d’une partition interprétée par l’ordinateur. Après les avoir enregistrés, nous les avons découpés et retouchés pour en faire des boucles musicales qui contribuent à la trame de fond du poème. C'est donc une descente illustrée que nous proposons, celle d'un couple uni, qui se rejoint dans l'infini. Le traitement sonore crée un climat oppressant et tragique qui fait surgir un certain malaise. Nous avons été les premiers surpris car ce n’était pas notre intention mais cela nous a plu et nous l’avons amplifié dans la version finale. Les tests d’interaction que nous avons effectués au début du projet n’étaient pas concluants. Cela offrait un aspect ludique qui ne nous semblait pas correspondre à l’essence du poème. C’est donc délibérément que nous avons fait le choix d’en faire une animation. C’est une descente inéluctable. Puis, la boucle se boucle, le poème se termine et nous revenons au point de départ. »
Auteure, auteur de l'entrée
Date d'accès à l'oeuvre 
2005-07-11