Mouvement

LeMay, Eric: Still Life

Still Life est un poème d'Eric LeMay qui aborde les thèmes de la respiration et de la circulation sanguine. Les vers défilent un à un en bas de l'écran, à un rythme régulier. Juste au-dessus de ceux-ci, sept études photographiques d'Eadweard J. Muybridge tournent en rond. En glissant le curseur de sa souris près des images, l'internaute peut contrôler la direction et la vitesse des rotations de ces dernières. Lorsque l'internaute immobilise une image juste au-dessus du texte qui défile, l'image s'anime, présentant la suite de l'étude photographique et donnant une impression de mouvement. En trame sonore, on entend un bruit de respiration et le tic-toc d'une horloge.

Grant, Céleste: Site dont vous êtes le héro

Site dont vous êtes le héro joue sur les réinterprétations d’un même sujet. L'artiste s'est filmé faisant une culbute devant un tulle bleu. Cela lui a ensuite permis de pouvoir changer le fond d’écran tout en conservant le même mouvement. S’inspirant des livres dont vous êtes le héro et des récits hypermédiatiques, deux choix sont offerts à la fin de chaque tableau - nouveau décor, nouveau mouvement, vitesse différente, effets spéciaux. La musique qui accompagne les tableaux est une reprise du même thème et est différente pour chacun des choix. Chaque choix en amenant deux nouveaux, l’internaute devra rejouer «l’aventure» plusieurs fois pour voir l’entièreté du travail de l’artiste.

L’œuvre fait partie de l’Anneau Magique, répertoire indexant une vingtaine de sites d'artiste. En faisant faire un tour horaire à son curseur, l'internaute fait apparaître un anneau qui permet d’aller visiter les autres sites repertoriés sur l'Anneau.

Visakh M. Menon: Self-portrait abstractor

Self-portrait abstractor est une expérimentation ludique du designer graphique Visakh M. Menon. L'artiste déconstruit des images saisies par Webcam en y adjoignant une part d'aléatoire et de manipulation gestuelle.

Après avoir autorisé l'oeuvre à utiliser la Webcam de son ordinateur, l'internaute voit apparaître à l'écran son portrait (très pixelisé) diffusé en temps réel, mais fracturé en plusieurs morceaux, tous rectangulaires. Il peut en ajouter davantage en cliquant directement sur le portrait, ce qui densifie l'image. En agitant sa main devant la Webcam, l'internaute «jongle» en quelque sorte avec les morceaux affichés, ceux-ci répondant aux mouvements effectués en se déplaçant comme s'ils avaient été touchés directement. Le portrait est ainsi constamment remanié par les mouvements de l'internaute.

Still Standing, Bruno Nadeau et Jason E. Lewis

Still Standing est une installation mise au point par Bruno Nadeau et Jason E. Lewis. Sur un écran blanc, des lettres apparaissent pêle-mêle près du sol. Lorsqu'un visiteur passe devant l'écran, les lettres réagissent en remuant comme si elles avaient été poussées du pied. Si le visiteur reste immobile pendant un moment, les lettres s'organisent peu à peu et se stabilisent, donnant à voir un poème prenant la forme de la silhouette du visiteur. Ce poème est intitulé "seeking sedation" et traite de notre dépendance face à la technologie. Lorsque le visiteur bouge à nouveau, les lettres retombent au bas de l'écran.

L'oeuvre n'est pas disponible sur le Web. Cependant, une description de l'oeuvre ainsi qu'une vidéo de démonstration sont disponibles sur le site de Bruno Nadeau.

Calvert, Mike: Mushrooms

Mushrooms présente onze champignons blancs regroupés sur un écran rouge. Lorsque l'internaute passe sa souris sur leur tête ou leur pied, les champignons se mettent à trembloter, tous à une vitesse différente. L'oeuvre s'inscrit dans la série d'oeuvre Neen de Calvert.

Rozendaal, Rafaël: vai avanti

Vai avanti (qui a le sens, en italien, de «poursuivre») présente une série de bandes ondulantes colorées (jaune, vert, rose, noir, bleu, rouge) partant du fond de l'écran et avançant vers l'avant, dans un mouvement continu, comme des vagues qui ne subiraient jamais de ressac. Les vagues défilent sur fond rose. Lorsque l'internaute recharge la page, l'enchaînement des couleurs n'est jamais le même. L'oeuvre s'inscrit dans la série d'oeuvres Neen de Rozendaal et semble être le précurseur de Freedom from fear and worry qui adopte une esthétique similaire.

Five Kinds of Weather Roll Across Texas: Weisburd, Stefi; Doherty, Jason

Five Kinds of Weather Roll Across Texas est la remédiatisation par l'artiste Jason Doherty d'un poème de Stefi Weisburd paru dans The Gettysburg Review en 2004. Le poème relate la traversée des prairies du Texas par un conducteur anonyme, un jour d'orage. Il y est question de vitesse, de temps, de mouvement, mais aussi du désir permanent de l'homme d'être ailleurs, de penser sa vie autrement. L'oeuvre est constituée d'une animation représentant une camionnette Dodge roulant sur une route sans fin sous un ciel orageux. En trame sonore, on entend le bruit de la pluie et du tonnerre. Les vers du poème apparaissent successivement en surimpression, dans la partie supérieure de l'image. Une fois le poème terminé, l'animation représentant la camionnette et la trame sonore continuent de jouer en boucle, encore et encore. Une version texte du poème est aussi disponible.

Manetas, Miltos: Against One

Against One présente une sphère rouge de laquelle, dans un va-et-vient, entrent et sortent d'autres minuscules sphères rouges. L'internaute peut cliquer et glisser (click & drag) ses plus petites sphères. Il peut également cliquer sur la grosse sphère et en extraire de nouvelles petites. L'ensemble rappelle le processus d'homéostasie d'une cellule animale ou végétale. L'oeuvre s'inscrit dans la série d'oeuvres Neen de l'artiste Miltos Manetas.

À son état initial, l'oeuvre de Michaël Sellam présente l'image en négatif d'une personne quelconque, dont on ne voit que les épaules et la tête et dont le sexe ne peut être identifié. Des sons ambiants répétitifs accompagnent cette image. Les indications de navigation laissées par l'auteur indiquent à l'internaute que le déplacement de sa souris fera varier certaines composantes de l'image. En effet, lorsque l'internaute déplace sa souris sur l'axe des ordonnées, le volume se modifie: au bas de l'écran, l'ambiance sonore est inexistante; en haut, elle se fait omniprésente. Lorsque l'internaute déplace sa souris sur l'axe des abscisses, c'est l'angle de vue ainsi que la luminosité de l'image qui changent: très sombre et décentrée vers la droite lorsque la souris est du côté gauche, saturée et décentrée vers la gauche lorsque la souris est du côté droit. Toutefois, pour que ces variations soient fonctionnelles, il faut absolument que la souris repasse par le centre de l'écran, c'est-à-dire sur l'image. De plus, à chacun de ces passages, la couleur de l'image se modifie: elle passe du jaune au rouge, au bleu, au blanc. 

L'internaute peut aussi changer l'image en appuyant sur les touches alphabétiques du clavier. De la touche "A" à la touche "Z", un récit se construit. D'ailleurs, l'ambiance sonore se module également au fil des touches. À la touche "D", l'image, qui n'était auparavant que pixels grossiers, révèle très clairement le visage d'une femme aux épaules nues. À partir de ce point, l'esthétique générale des images rappelle celle des images captées par Webcam, et ce, particulièrement lorsque l'internaute enchaîne rapidement les touches du clavier en respectant l'ordre alphabétique, conférant une impression de mouvement (et donc de vidéo) à l'oeuvre. 

Plus l'internaute progresse dans l'alphabet et plus le visage de la femme s'approche de l'écran, jusqu'à ce que son oeil gauche l'occupe tout entier. Le titre de l'oeuvre devient alors une indication de lecture: on comprend qu'un parcours alphabétique de l'oeuvre simule un baiser donné par la femme à celui devant l'écran. La touche "Z" ramène la femme en position initiale; le baiser est terminé. 

L'oeuvre de Sellam explore donc les questions du corps et de la présence dans le cyberespace. L'internaute est celui qui contrôle le corps de la femme. Il décide du déroulement du baiser - sa vitesse, sa couleur, la musique qui l'accompagne -, mais il décide également de son existence, car il lui suffit de placer sa souris à l'extrême gauche de l'écran pour que toute présence se dissolve.

Sellam semble vouloir nous rappeler que :

[1] présence n'implique nullement la permanence, mais le dynamisme. [...] C'est que l'effet de présence ne se comprend que dans le discontinu, l'interruption ou le déséquilibre. Il ne se perçoit véritablement qu'aux points de jonction de l'apparition et de la disparition. [1]

La relation qui s'établit entre l'internaute et la femme anonyme est éphémère. Elle naît faiblement à la lettre «A», ne prend véritablement corps qu'à la lettre «D», se termine à la lettre «Z». Mais à tout moment elle peut s'interrompre, s'assombrir, s'assourdir; ou s'intensifier, s'illuminer. S'installe ainsi un aller-retour constant entre présence et absence.

Anciennement hébergée au http://incident.net/hors/portrait/lebaiser/, l'oeuvre n'est aujourd'hui plus disponible en ligne.

Notons en terminant que l'oeuvre s'inscrit dans la série «Le Portrait» d'Incident.net

[1] Gervais, Bertand (04/2007) «L'effet de présence. De l'immédiateté de la représentation dans le cyberespace», Archée, section Cyberculture. En ligne: http://archee.qc.ca/ar.php?page=article&section=texte6&note=ok&no=280&surligne=oui&mot=#6 (consulté le 4 février 2011)

Milk, Chris: The Wilderness Downtown

The Wilderness Downtown est un projet expérimental qui réunit la technologie et l’art visuel, produisant une œuvre hypermédiatique à la fois innovatrice et expressive. Usant des nouvelles possibilités offertes par le HTML5, Chris Milk réalise un vidéoclip interactif pour la chanson We Used to Wait du groupe montréalais Arcade Fire. Bien qu’elle paraisse rudimentaire, cette œuvre réussit à captiver son public par la douce nostalgie qu’elle provoque. En effet, l’internaute est amené à inscrire l’adresse de l’endroit où il a grandi afin de démarrer la vidéo. Une première fenêtre s’ouvre, où on voit la séquence d’un jeune courir dans une rue anonyme; une seconde fenêtre s’y superpose, dans laquelle apparait une volée d’oiseau qui semble le suivre. Toute l’œuvre se concentre sur cette poursuite, à travers laquelle surgissent des images (générées par Google Maps et son mode Street View) de l’adresse insérée au départ; la rue anonyme devient celle d’un souvenir d’enfance. Au rythme de la chanson, la vidéo et les séquences animées apparaissent et disparaissent, sous forme de fenêtres intempestives pouvant être manipulés, altérés ou déplacés. Tous ces plans assemblés entrainent l’internaute à s’identifier au personnage, à s’introduire dans l’intrigue. En mêlant des souvenirs au déroulement de la vidéo, l’interaction à la base virtuelle alors émotionnelle. L’internaute est aussi invité à participer à l’œuvre, en créant une carte postale avec laquelle l’œuvre interagit. Il est possible d’envoyer cette carte, par le biais du site, à The Wilderness Machine qui s’occupe de la matérialiser et de lui donner une vie hors du monde numérique.

Pour une autre lecture de l'oeuvre, voir aussi l'analyse de Benoit Bordeleau.

Milk, Chris: The Wilderness Downtown

Le réalisateur Chris Milk et le groupe montréalais Arcade Fire (dont la chanson We used to Wait est utilisée dans l'oeuvre) offrent, avec The Wilderness Downtown, un film interactif conçu en HTML 5. Sur la page d'accueil, l'internaute est invité à entrer l'adresse de la maison de son enfance. La séquence d'ouverture, présentée dans une fenêtre intempestive (canevas), montre un personnage qui court sur l'asphalte détrempée d'une rue. S'enchaînent ensuite les ouvertures d'autres fenêtres, où des oiseaux constitués de polygones se déplacent, et dont la trajectoire est influencée par les déplacements du curseur de la souris. L'internaute peut ensuite suivre les déplacements (fictifs) du coureur à vol d'oiseau, grâce à divers canevas présentant des images animées de Google Maps. De plus, les déplacements sont éventuellement présentés au ras du sol par l'usage d'images animées tirées de Google Street View. L'interaction entre les séquences filmées et l'imagerie cartographique donne un sentiment d'immersion dans ce film proposé dans une interface morcellée. L'internaute aura aussi la possibilité, vers les deux tiers du film, d'écrire une carte postale virtuelle qui pourra être envoyée à d'autres internautes ou bien intégrée aux effets visuels des spectacles d'Arcade Fire (actuellement en tournée de promotion pour leur dernier album intitulé The Suburbs).

Pour une autre lecture de l'oeuvre, voir aussi l'analyse de Gabrielle Carlier.

Legato est un tableau animé conçu l’artiste pluridisciplinaire français Nicolas Clauss sur la musique du compositeur Thomas Le Saulnier. Lorsque l’internaute active l’œuvre, trois petits danseurs apparaissent à l’écran, dans une fenêtre rectangulaire horizontale allongée. Deux des danseurs sont immobiles mais le troisième, qui se déplace en suivant les mouvements du curseur de l’internaute, effectue des mouvements gracieux au son d’une pièce de musique classique pour violoncelles. Lorsque l’internaute approche son danseur d’un des autres personnages, celui-ci quitte son immobilité et entre dans la danse. Dès lors, si l’internaute se déplace suffisamment lentement, l’autre danseur se met à le suivre. Toutefois, si l’internaute effectue un déplacement rapide, il peut abandonner l’autre danseur, qui redevient alors immobile. Il est possible pour l’internaute de contrôler son danseur de manière à entraîner à sa suite les deux autres personnages à la fois. L’internaute peut ainsi faire danser les avatars seul, en duo ou en trio.

Mais les déplacements de l’internaute ne font pas que contrôler les mouvements des danseurs; chacun de ses déplacements influe aussi sur la superposition des voix instrumentales entendues. Lorsque le danseur de l’internaute est seul au centre de l’écran, seul le thème principal se fait entendre. S’il se rapproche de la gauche de l’écran, une deuxième voix instrumentale s’ajoute momentanément, constituée d’une variation pizzicato sur le thème principal. S’il se rapproche de la droite, une autre voix instrumentale s’ajoute aussi, présentant cette fois une variation non pizzicato sur le thème principal. De plus, chacun des deux autres danseurs est associé à une voix mélodique supplémentaire. En s’activant, celui de gauche déclenche une voix mélodique solo aux accents tragiques, alors que celui de droite laisse entendre une voix mélodique plus emportée jouée par deux violoncelles.

Au plan de la programmation, chacun des mouvements constituant les diverses voix instrumentales de l’œuvre est conçu de manière à reprendre chaque fois à l’endroit où il avait été interrompu précédemment lorsque l’internaute le réactive. De plus, chaque mouvement est suffisamment long pour éviter les répétitions lors d’une séance de navigation normale. Ainsi, la diversité des jeux de superposition permis par la multiplicité des possibilités (activation d’une ou de deux lignes mélodiques et/ou de l’une ou l’autre des variations sur le thème principal à des moments divers de chaque mouvement) permet de faire varier pratiquement à l’infini les expériences d’écoute.

Si l’aspect musical de l’œuvre est déjà à lui seul suffisamment intéressant pour retenir l’attention de l’internaute (la composition de Thomas Le Saulnier est en effet impeccable), l’aspect visuel du «tableau» à proprement parler n’en est pas moins lui aussi remarquable. Car, avant de se tourner vers l’hypermédia, Nicolas Clauss était peintre; il ne se considère pas comme un programmeur et n’utilise pas la technologie comme une fin en elle-même, mais plutôt comme un moyen d’exprimer des idées et des sentiments picturaux classiques [1]. Bref, ses œuvres sont souvent conçues comme des «tableaux animés», plus proches des toiles classiques affichées dans les musées que d’une esthétique net.art contemporaine.

Dans Legato, on remarque immédiatement l’ambiance particulière du tableau, suggérant un univers romanesque éloigné, perdu dans le rêve. Le sol sur lequel évoluent les danseurs est marqué de caractères d’imprimeries géants à moitié effacés, apparaissant comme s’ils avaient été frappés sur un papier délicat par une ancienne machine à écrire sans encre. Au travers, on devine même quelques inscriptions tracées à la main à l’encre bleue, comme avec une plume plutôt qu’un stylo moderne. Parallèlement, les personnages eux-mêmes semblent avoir été tracés à la plume ou avec un fin pinceau, à peine plus développés que des bonhommes-allumettes. Déjà, le visuel de base du tableau, suggérant une époque passée, répond au classicisme de la composition musicale qui l’accompagne. De plus, un voile de brouillard masque en permanence le tableau, suggérant un certain éloignement, comme si nous regardions vers le passé plutôt que dans le présent. Lorsque le danseur de l’internaute s’approche des côtés de la fenêtre, l’apparition de tourbillons de feuilles tantôt rouges, tantôt jaunes renforce aussi cette impression: le monde dans lequel évolue les personnages de Legato n’est plus un monde de printemps, ni même d’été, mais d’automne, presque déjà disparu sous les neiges de l’hiver. Un dernier regard sur une dernière danse solennelle surgie du passé, au rythme d’une musique étrangement tragique.

L’œuvre de Nicolas Clauss et du compositeur Thomas Le Saulnier s’avère ainsi d’une grande finesse, créant une réaction esthétique forte chez ceux qui en font l’expérience. Il s’agit aussi d’une œuvre qui a été largement adoptée par les médias de masse, recommandée dans les pages de quotidiens comme Le Matin Semaine [2] ou The Independant [3]transcendant ainsi la barrière invisible (de plus en plus fragile, mais quand même présente) entre le monde de l’art hypermédiatique et le grand public.

[1] Simanowski, Roberto (2003) «About the End of Painting and Paintings as Text», dans turbulence. En ligne: http://www.turbulence.org/curators/Paris/simanowskiclaussenglish.htm (consulté le 2 août 2010)

[2] Le Matin Semaine (03/10/2004) «COUP DE C¼URFace à la dureté de l'actualité, Legato donnerait presque l'impression de suspendre le temps», dans Le Matin.ch. En ligne: http://archives.lematin.ch/LM/LMS/-/article-2004-10-485/coup-de-curface-a-la-durete-de-l-actualite-legato-donnerait-presque-l-impression-de-suspendre-le (consulté le 2 août 2010)

[3] Pro, Ash (27/03/2002) «Websites: jotto.com, arthurmount.com, gpsdrawing.com and others», dans The Independant. En ligne: http://www.independent.co.uk/news/business/analysis-and-features/websites-jottocom-arthurmountcom-gpsdrawingcom-and-others-655641.html (consulté le 2 août 2010)

 

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