Lumière

Traub, Peter: WoodEar

WoodEar est une œuvre sonore de l’artiste sud-africain Peter Traub. Le but de l'artiste est de transposer le réseau complexe constituant un arbre (les racines qui absorbent l’eau et les nutriments, les feuilles qui transforment l’énergie solaire en sucre, etc.) sur le réseau numérique de l’Internet. Pour ce faire, il a placé des capteurs (luminosité, température, pression, accéléromètre) sur un arbre situé sur le campus de l’université de Virginie. Les signaux captés sont par la suite interprétés par une puce Arduino et transmis sur le Web via un serveur. L’internaute doit télécharger un logiciel – l’œuvre en tant que telle – qui interprète les signaux en ambiance sonore.

Une fois l’application chargée, l’internaute accède à une fenêtre où trois cercles s’animent devant une image donnant une idée de l'environnement visible autour de l'arbre. Dépendamment de la luminosité ambiante, les images affichées par WoodEar changent (un ciel orageux, une nuit éclairée par une lune, de la rosée le matin, etc.). Trois barres situées en bas à droite contrôlent l’intensité des flux sonores entendus qui, eux aussi, changent selon l’environnement autour de l’arbre.

Il est à noter que, au moment d'écrire ces lignes, seule la version pour Mac Os semble fonctionnelle.

The Smell of Roses at Night: Harris, Ian; Tijssen, Remon

The Smell of Roses at Night est la remédiatisation par l'artiste Remon Tijssen d'un poème de Ian Harris. Le poème d'Harris propose une réflexion sur la lumière, l'art et le cosmos. Pour visualiser le poème, l'internaute doit faire tourner une flèche autour d'un cercle formé de points blancs sur fond noir. Lorsque l'internaute fait tourner la flèche dans le sens des aiguilles d'une montre, le texte apparaît lettre par lettre; si l'internaute fait tourner la flèche en sens inverse, le texte disparaît de la même manière. De plus, le passage de la flèche laisse tout autour du cercle des lumières diffuses et multicolores, ressemblant à des galaxies lointaines. Une version texte du poème (html) est aussi disponible.

What Afterlife: Kuipers, Keetje; Kostuik, Andrew

What Afterlife est la remédiatisation par l'artiste Andrew Kostuik d'un poème de Keetje Kuipers traitant de l'âme à travers des images empruntées au monde de l'enfance - une balade en bicyclette, des lucioles dans un cruchon, des étoiles accochées au plafond d'une chambre... Le poème apparaît fragment par fragment dans l'écran brouillé d'une télévision, au milieu d'une pièce chargée d'objets vieillots. Des images mystérieuses (le visage d'une femme, des jambes de poupée, etc.) clignotent parfois pendant une fraction de seconde à l'écran, alors qu'une voix chuchote les vers du poème. Une étrange musique répétitive se fait entendre en trame sonore. Pour passer d'un fragment à l'autre, l'internaute doit cliquer sur le lien "continue" dans le coin inférieur droit de l'écran de télévision. Une version texte du poème (html) est aussi disponible.

Les récits voisins est une création du collectif oVosite, groupe formé autour de Luc Dall’Armellina au Département Hypermédia de l’Université Paris 8 en 1997-1998. Outre Dall’Armellina, les membres d’oVosite sont: Chantal Beaslay, Laure Carlon, Philippe Meuriot, Anika Mignotte et Claude Rouah. L’œuvre Les récits voisins présente huit récits différents composés de cinq chapitres chacun. Ces récits ont été écrits par les membres du collectif, qui signent tous au moins un texte: Chantal Beaslay a écrit La barque; Laure Carlon, AutomotoR; Luc Dall’Armellina, Apocalypse, Sagarmatha et Mission; Philippe Meuriot, Une ville; Anika Mignotte, La main; et Claude Rouah, Rituel. Tous ces textes contiennent trois niveaux d’hyperliens, qui permettent d’accéder à une multitude de liens de type incise. Ces liens de type incise sont parfois textuels, parfois picturaux, parfois filmiques, parfois sonores, et se révèlent à l’occasion eux-mêmes porteurs de nouveaux liens – vers d’autres liens de type incise, ou vers les différents chapitres composant les divers récits qui cohabitent l’œuvre.

Lorsque l’internaute accède à l’œuvre, trois possibilités s’offrent à lui: il peut soit cliquer sur le lien «?/aide» pour visualiser une courte présentation de l’œuvre, soit utiliser les dés pour être redirigé au hasard vers le premier chapitre de l’un des récits, soit explorer chacun des récits à l’aide de l’interface principale, en haut de l’écran. L’interface principale se présente sous la forme de trois arcs de cercle figurant les trois niveaux d’hyperliens dans chaque texte: l’arc rouge, associé aux hyperliens rouges; l’arc violet, associé aux hyperliens violets; et l’arc bleu, associé aux hyperliens bleus. Ces trois arcs sont traversés par huit fils représentant chacun des huit récits. Dans l’ordre, de gauche à droite: Une ville, Mission, Sagamartha, AutomotoR, Apocalypse, La barque, La main et Rituel. Ces fils sont coupés par des cercles situés sur les arcs colorés. En cliquant sur un de ces cercles, l’internaute accède au premier chapitre du récit associé au fil sur lequel se situe le cercle sélectionné. Les hyperliens activés dans le texte qui apparaîtra alors correspondront de plus à la couleur de l’arc sur lequel est placé le cercle en question (rouge, violet ou bleu).

Une fois que l’internaute a fait apparaître un premier chapitre de l’un ou l’autre des huit récits (soit en passant par les dés, soit en utilisant l’interface principale), il peut explorer le texte de différentes façons. Premièrement, en cliquant sur la partie gauche de la bande-titre qui surmonte le texte, l’internaute peut faire démarrer une bande sonore qui met en valeur l’«ambiance» de chaque récit. Tous les récits, à l’exception de Mission et La main, sont munis de ce dispositif. Aussi, en cliquant sur la partie droite de la bande-titre, l’internaute fait apparaître dans la moitié droite de l’écran un court texte de présentation pour chacun des récits, équivalent du quatrième de couverture d’un roman papier. Deuxièmement, l’internaute peut passer directement à l’exploration des liens de type incise grâce aux hyperliens dispersés dans le texte. Chaque hyperlien, indiqué par le soulignement du mot et sa couleur (rouge, violet ou bleu), permet d’accéder à du contenu supplémentaire qui s’affiche dans la moitié droite de l’écran. Il peut s’agir de citations, de nouveaux extraits de texte, d’images que l’internaute devra manipuler, de courts-métrages, d’extraits audio, etc. De lien en lien, l’internaute peut découvrir d’autres liens de type incise et/ou être amené à sauter d’un récit à l’autre, par associations d’idées. Troisièmement, dans la partie gauche de l’écran, une barre de navigation placée au bas du texte et contenant trois pastilles de couleur (rouge, violet et bleu) enchâssées entre deux flèches grises, permet de passer d’un niveau d’hyperliens à l’autre et/ou d’un chapitre à l’autre à l’intérieur d’un même récit. Finalement, l’internaute peut en tout temps utiliser l’interface principale qui demeure visible au haut de l’écran pour naviguer entre les récits.

Tous les récits des Récits voisins sont d’une façon ou d’une autre des «métaphores d’éclosion ou de gestation» [1]. Explorant chacun un genre littéraire différent (le fantastique pour Une ville; la science-fiction pour Mission; le récit d’aventure pour Sagamartha; l’anticipation pour AutomotoR; l’érotisme pour Apocalypse; la poésie pour La barque; le surréalisme pour La main; et le policier pour Rituel), ils partagent toutefois plusieurs éléments communs qui permettent de passer de l’un à l’autre de façon assez fluide: partage de personnages (Sonya, Emma, le Docteur Vincent), partage d’évènements (mission d’exploration spatiale vers l’étoile «U» d’Hercule), partage de formes géométriques (l’ovoïde, qui revient constamment), etc. Si les récits sont tous différents les uns des autres, il est clair qu’ils se rapportent à un même monde étrange, à une même époque placée quelque part dans un futur incertain. De plus, la construction symétrique des huit récits rappelle constamment leur appartenance à un projet commun. Toujours cinq chapitres, toujours trois niveaux d’hyperliens: le rouge pour explorer ce qui se rapporte à l’environnement, le violet pour les personnages, le bleu pour les correspondances poétiques [2]. Ultimement, les huit récits des Récits voisins ne sont ni plus ni moins que huit portes d’entrée différentes pour accéder à un même univers – univers qui se révèle lentement, par facettes, au fur et à mesure que le lecteur progresse d’un récit à l’autre.

Bref, l’expérience des Récits voisins est particulièrement intéressante dans la mesure où elle réussit à réunir dans un même univers fictif huit textes différents écrits par six auteurs dans les styles les plus variés. Au niveau du travail formel sur la structure de l’hypertexte et les enjeux poétiques du récit, le défi à relever était de taille. Le succès d’oVosite à cet égard ne peut que nous rappeler l’importance des recherches en milieu académique (ici, au Département Hypermédia de l’Université Paris 8) pour l’avancement de la littérature hypermédiatique.

[1] et [2] Lebert, Marie et Luc Dall'Armellina (2000-2001) «Luc Dall'Armellina (Paris) Co-auteur et webmestre d'oVosite, espace d'écritures hypermédias. Entretien du 13 juin 2000», dans Le Net des Études Françaises. En ligne: http://www.etudes-francaises.net/entretiens/dallarmellina.htm (consulté le 26 avril 2010)

 

Beaudoin, Jean; Villeneneuve, Érick: Champ de pixels

Ce site documente l'installation Champ de pixels, s'inscrivant dans la mouvance du landart, créé spécifiquement pour le Quartier des Spectacles de Montréal. Constitué de 400 sources lumineuses possédant un dispositif de détection de mouvements qui leur permet de changer du blanc au rouge lorsqu'un mouvement est capté à proximité, le tout se déploie sur une superficie de 40 000 pieds carrés. Cette «installation-expérience» a été en place du 11 décembre 2009 au 6 janvier 2010 et a bénéficié de la collaboration du chorégraphe berlinois Sebastian Matthias et des danseurs de l'école de danse contemporaine LADMMI de Montréal, ceux-ci ayant offert une performance le soir du 20 décembre 2009. Durant l'évènement, les internautes pouvaient suivre les changements des motifs lumineux créés par les passants à l'adresse http://www.champdepixels.tv. Il est possible de visionner un court vidéo présentant l'installation sur le canal YouTube du Quartier des Spectacles de Montréal, à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=hVY30srHa_M&feature=related.

Boissarie, Xavier; Cahen, Roland. Bandonéon

Bandonéon est une installation interactive qui a vu le jour dans le cadre de l'édition 2008 du Cube Festival. Le passant est invité à prendre place sur une planche qui lui permettra de naviguer dans une ville fictive, uniquement constituée d'éléments lumineux, selon les déplacements de son corps. Le participant surfe donc littéralement dans cette ville. En accord avec le titre de l'oeuvre, cette expérience «vidéo-ludique» génère des sons d'ambiance rappelant une fête foraine. Cette ville virtuelle nécessite la participation des citadins afin de déployer son paysage lumineux. La déambulation proposée est ce qui rend Bandonéon vivant.

Cette oeuvre présente un environnement 3D abstrait d'inspiration minimaliste. La souris de l'internaute est reliée à une lumière à l'intérieur de l'environnement. Il peut déplacer cette lumière à l'aide de son curseur.
Cette oeuvre est composée de deux images représentant des natures mortes. L'internaute doit glisser le curseur de la souris d'une image à l'autre afin de faire progresser l'animation. Le son est également influencé par les mouvements du curseur.
Cette oeuvre fut active durant le mois de novembre 2003. Il s'agissait d'une installation interactive présentée au Yamaguchi Center for Arts and Media (Japon). À partir du site Web du projet, les gens pouvaient envoyer et recevoir de courts messages textes, à l'aide d'un cellulaire ou d'un serveur web. Plutôt que d'être envoyés directement, les messages étaient transformés en une séquence lumineuse unique qui était projetée dans le ciel au dessus de l'établissement, séquence qui pouvait être « recapturée » et « traduite » en japonais ou en anglais.
Audio Grove est une installation son et lumière qui se modifie au gré des déplacement et des interactions des spectateurs avec l'oeuvre.
Kac, Eduardo: Genesis

Cette oeuvre consiste en la création d'un «gène d'artiste» obtenu à partir du transfert d'une phrase de la Genèse de la Bible en code ADN, par un code prédéterminé par l'artiste. Au gène formé est ajouté une protéine verte fluorescente (GFP). À partir du site web de l'oeuvre, les internautes peuvent envoyer de la lumière à l'installation, ce qui provoquera une mutation du gène.

To Be Here as Stone Is est un hypertexte poétique de M.D. Coverley et Stephanie Strickland qui traite de la puissance, à la fois créatrice et destructrice, du cosmos et de l'existence des minéraux, témoins du temps.

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