Images animées

Ansari, Sepand; Fatemi, Raschin: Waiting for Gwodot

Waiting for Gwodot est une remédiatisation libre de la célèbre pièce de Samuel Beckett, Waiting for Godot. Cette remédiatisation, présentée par les artistes comme «A Tragicomedy in HTML», est en fait une oeuvre générative utilisant la pièce de Beckett comme structure modèle.

Sur la page principale, les différents actes de la pièce sont identifiés par des images cliquables représentant le décor où se joue la longue attente de Vladimir et Estragon. On y voit un arbre et une route, de même que quelques buissons. Une nouvelle image est générée pour chaque acte à chaque visite, le même décor se déclinant ainsi selon d'infinies variations. Il est à noter que le nombre d'actes n'est pas limité: lorsque l'internaute arrive vers la fin de la liste, de nouveaux actes sont automatiquement générés. Chaque acte est lui-même composé de répliques générées aléatoirement dans le style de la pièce de Beckett et de divers activités interactives, variant à chaque visite: génération de descriptions automatiques, accompagnées d'hyperliens; petit programme permettant de «créer Godot» sous la forme d'une figurine tridimensionnelle; génération de listes d'images à partir de Flickr; etc. Encore une fois, le couplage des textes et des activités se fait aléatoirement, changeant à chaque fois que l'internaute accède à un des actes de la pièce. Pour passer d'une section à l'autre (entre les actes ou à l'intérieur de ceux-ci), l'internaute doit cliquer sur des liens identifiés par des expressions se référant à l'univers de Beckett, comme «wait», «do something» ou «Vladimir exits to piss».

Baker, Chris: M. Night School

M. Night School est un site humoristique mis sur pied par l'artiste Chris Baker afin de lever des fonds pour renvoyer le réalisateur Night Shyamalan à l'école de cinéma de la New York University, pour que les cinéphiles n'aient plus à subir «his schlocky plot twists, canned dialogue, and over commercialized image as an "auteur"» [1]. L'objectif est d'obtenir, grâce aux dons des internautes, la somme de 150 000 $, qui sera ensuite donnée au réalisateur sous la forme d'un chèque géant. (Si Shyamalan refuse le chèque, l'artiste utilisera plutôt les fonds pour créer une bourse d'étude qui sera attribuée à un jeune cinéaste prometteur.)

Le site Web de M. Night School permet de faire un don, de partager la page sur Facebook ou Twitter, de se procurer différents produits à l'effigie de la campagne (boutique hors ligne en date de la rédaction de cette fiche: 20 juillet 2012) et de télécharger du matériel graphique gratuit pour en faire la promotion (avatars Twitter, rubans Web, icônes, bandeau Facebook, etc.).

[1] Extrait du texte d'introduction, sur le site Web de l'oeuvre.

Canyonlands: Edward Abbey In the Great American Desert est un projet développé par l’anthropologue et cinéaste Roderick Coover. Il s’agit d’un documentaire explorant la pensée et l’héritage d’Edward Abbey (1927-1989), un écologiste qui dédia sa vie à la préservation du Canyonlands National Park, en Utah. À travers une série d’entrevues avec des proches d’Abbey, de documents d’archives (lettres, cartes, photographies, etc.), de lectures de textes écrits par l’écologiste, de vignettes informatives et de graphiques statistiques de toutes sortes, l’internaute est ainsi invité à découvrir l’histoire du parc de Canyonlands des années 1950 jusqu’à aujourd’hui. Celle-ci est marquée par l’urbanisation de ses zones périphériques, par la construction sauvage de routes et de barrages, par la destruction de quelques-uns de ses plus beaux monuments naturels et par l’exploitation minière croissante de ses sols. Canyonlands témoigne des luttes qui ont été menées et perdues mais aussi des petites victoires, posant un regard lucide et impitoyable sur le mode de vie américain et sur ses conséquences sur l’environnement. Il s’agit d’une œuvre écologiste profondément idéologique, épousant de près la philosophie de résistance anarchiste d’Abbey.

Formellement, l’œuvre est constituée d’un long panorama divisé en 21 segments. Ce panorama, développé à partir de la métaphore de la carte, suggère les contours des canyons tant affectionnés par Abbey. Pour naviguer latéralement entre les différents segments, l’internaute n’a qu’à utiliser les deux flèches situées de part et d’autre de l’écran. Il est aussi possible de simplement passer par le menu placé sur la gauche, où chaque segment est identifié par un numéro renfermant un lien cliquable. Sur la carte servant d’interface de navigation, cinq types d’icones permettent d’activer des types de contenus différents: des documents produits par ou à propos d’Abbey, des vidéos basées sur les écrits d’Abbey, des entrevues avec des proches de l’écologiste, des vidéos d’archives et des textes secondaires. Les textes secondaires apparaissent dans des vignettes lorsque l’internaute survole du curseur de sa souris les icones qui leur sont associées; l’activation des autres types de contenus se fait quant à elle en cliquant sur les icones concernées. Les vidéos en cours de lecture apparaissent au centre de l’écran et aucun contrôle ne permet d’en interrompre le visionnement, d’avancer ou de reculer. En fait, une vidéo lancée ne pourra être interrompue avant terme que si l’internaute active un autre contenu audiovisuel ou passe à un autre segment du panorama. Une fonction de lecture automatique permet de visualiser dans l’ordre tous les contenus vidéo, sans avoir à les activer soi-même. Cette fonction est conçue pour offrir un premier survol d’environ 60 minutes de l’ensemble de l’œuvre. Toutefois, pour accéder aux contenus audio seulement (sans vidéo) et aux autres textes et pièces d’archives secondaires, l’internaute doit à tout prix désactiver la lecture automatique pour naviguer par lui-même dans le panorama.

Roderick Coover a pensé Canyonlands comme un documentaire cinématographique panoramique interactif, forme filmique qu’il a baptisée «cinemascape». Il s’agit en fait de sa deuxième expérimentation avec cette forme nouvelle, ayant produit Voyage Into the Unknown un an auparavant. Il est à noter que Roderick ne se détache toutefois pas encore tout à fait du documentaire classique dans sa conception de Canyonlands, ayant produit parallèlement une version filmique plus traditionnelle de son documentaire, destinée à être projetée en salles. Il n’en demeure pas moins que le développement du «cinemascape» représente une avenue intéressante pour penser l’avenir du documentaire interactif sur le Web, utilisant la métaphore de la carte pour questionner le processus de lecture. Comme l’affirme Coover à propos de son expérience du désert, au cœur de Canyonlands:

Walking in the desert constantly offers a set of choices and one needs to be aware of the signs in the moment, and paths usually aren't really visible. This makes his experience quite different from hiking along marked trails and wooded mountain tops. Walking becomes a creative experience and, in a way, it becomes a readerly process, too. [1]

Bref, cette approche géographique, où l’internaute «marche» ou «parcourt» le documentaire peut-être davantage qu’il ne le «visionne» au sens classique du terme, offre un regard très différent sur la pratique du documentaire Web, souvent associée à l’école ONF (Code Barre, PIB, Qui nous sommes, etc.) faisant la part belle aux interfaces blogue et aux index classiques de types alphabétiques ou autres, ou à l’archive simple, façon La cité des mortes. Thème, contenu et forme s’entrecroisent, se mélangent, l’un devenant l’image de l’autre, et vice versa.

 

[1] Coover, Roderick (2010) «Roderick Coover, Larry McCaffery, Lance Newman and Hikmet Loe: A Dialogue about the Desert», Electronic Book Review. En ligne: http://www.electronicbookreview.com/thread/criticalecologies/ecoconnected (consulté le 27 juin 2012)

Lacher, Mike: Broadway Audience Soundboard

Broadway Audience Soundboard est une petite oeuvre humoristique composée de neuf pastilles permettant d'activer neuf courts segments audio. Sur chaque pastille, une phrase est inscrite, reprenant une des exclamations les plus souvent émises par le public pendant les spectacles sur Broadway – par exemple «What did he say?», «Oooh, a trap door!» ou «I like sitting in the mezzanine». Lorsque l'internaute clique sur une pastille, on entend un homme énoncer la phrase qui lui est associée, sur un ton légèrement caricatural.

Baker, Greenspan, Lacher, Loffredo: The World's Most Exclusive Website

The World's Most Exclusive Website est un site Web apparu au début de juin 2011 et ayant attiré plus de 25 000 visiteurs dans ses huit premières heures d'existence [1]. Le site est constitué d'une succession de pages représentant des pièces diverses (par exemple: un placard à balais, l'intérieur d'une yourte ou une salle de musée) auxquelles l'internaute accède en utilisant les informations relatives à son compte Twitter. Pour passer la porte d'entrée, il faut posséder un compte Twitter certifié, réservé aux utilisateurs oeuvrant dans le domaine de la musique, du cinéma, de la politique, des finances, etc. Bref, être une célébrité ou une figure publique quelconque. L'accès aux autres portes nécessite quant à lui un nombre toujours grandissant d'abonnés: 5 000 pour la deuxième porte, 25 000 pour la troisième, puis 100 000, 500 000, 1 000 000, 5 000 000, etc. Dans chaque pièce, en haut de l'écran, l'internaute peut voir la liste des personnes s'étant elles aussi rendues jusque là, une pastille bleue identifiant en temps réel les personnes présentes. Chaque pièce est ainsi un peu plus «exclusive» que la précédente, la liste des visiteurs s'amenuisant peu à peu. Et dans chaque pièce, toujours, une nouvelle porte invite l'internaute à essayer de pénétrer dans l'autre pièce, pour passer au niveau suivant... (Aucune interaction n'est possible entre visiteurs. Ce qui compte est simplement d'y être, de voir son nom s'afficher avec les autres au haut de la page.)

Si un internaute essaie de franchir la première porte sans posséder de compte Twitter certifié, le message suivant apparaît:

Verified Twitter accounts are reserved for the famous or otherwise socially significant. You are being redirected to a slightly less discriminating destination.

La page du site Web de la chaîne de restaurants Olive Garden s'ouvre alors, remplaçant celle du World's Most Exclusive Website dans le fureteur de l'internaute. (Rappelons que la devise de la chaîne Olive Garden est: «When you're here, you're family» [2], antithèse parfaite du principe d'exclusivité du World's Most Exclusive Website.) Si un internaute ayant déjà franchi la première porte se heurte à une des portes suivantes pour cause de nombre insuffisant d'abonnés, c'est plutôt ce message qui apparaît: «You don't meet the requirements for entry. Please remain here until you are more popular.»

Auparavant, la progression de chaque internaute était automatiquement rapportée dans leur fil Twitter. Cette fonction de tweet automatique est aujourd'hui désactivée, permettant aux internautes de relaxer dans The World's Most Exclusive Website en toute confidentialité.

[1] Hayes, Mike (2011). «Meet The Creators Of TheWorldsMostExclusiveWebsite.com», BuzzFeed. En ligne: http://www.buzzfeed.com/mikehayes/meet-the-creators-of-theworldsmostexclusivewebsite (consulté le 26 juin 2012).

[2] Olive Garden. En ligne: http://www.olivegarden.com/ (consulté le 26 juin 2012).

Baker, Chris; Lacher, Mike: Sounds of the Internet

Sounds of the Internet est un petit outil ludique créé par Chris Baker et Mike Lacher qui permet d'écouter la «musique» d'Internet. L'outil se présente sous la forme d'une console de lecture occupant le haut de la fenêtre du fureteur utilisé par l'internaute, où l'on peut lire l'inscription: «Sounds of the Internet! VOL I / a mixtape of websites with autoplay music». Dans la fenêtre du fureteur elle-même, les sites Web se succèdent, changeant automatiquement après avoir passé de 30 à 40 secondes sur le site. Or, les sites proposés dans Sounds of the Internet ont la particularité de posséder une trame sonore musicale. Ainsi, l'internaute est bel et bien invité à écouter un «mixtape» du Web, généré par la succession régulière des sites.

Sur la console d'écoute, l'adresse du site Web visité est indiquée et des fonctions permettent de revenir ou d'avancer d'un site à l'autre. Aussi, une fonction (disponible en cliquant sur le bouton «+») offre la possibilité de soumettre un nouveau site musical à ajouter à la liste de lecture.

Loyer, Erik: Strange Rain

Strange Rain est une œuvre exclusive à l'iOs d'Apple et qui utilise les caractéristiques tactiles propres à ce système à des fins narratives et interactives. Elle propose à l'utilisateur trois modes de lecture.

Dans le mode principal, «Story», elle présente les pensées d'Alphonse, l'unique protagoniste de l'histoire qui, vivant une crise familiale à la maison, se réfugie à l'extérieur, sous la pluie, afin de relaxer et de faire le point sur sa vie. L'utilisateur se retrouve donc à regarder la pluie tomber, comme s'il était couché par terre. L'oeuvre utilise pleinement les possibilités interactives de l'écran tactile. L'image bouge en fonction de l'inclinaison de l'appareil mobile, donnant l'illusion immersive de tourner la tête. En tapant sur l'écran, une pensée d'Alphonse apparaît en noir accompagnée de quelques notes de musique. Il est ainsi possible de faire jouer une mélodie en tapant continuellement sur l'écran et d'en modifier le rythme selon la vitesse à laquelle l'action est produite. En laissant le doigt appuyé sur l'écran, les gouttes de pluies se concentrent à cet endroit et une série de mots en lien avec la pluie se joignent à elles. Si l'utilisateur déplace le doigt, des pensées écrites en blanc apparaîtront. S'il pince l'écran (les fonctions de zoom avant et de zoom arrière habituelles des appareils tactiles), la densité des gouttes augmentera ou diminuera temporairement. Plus des pensées (noires ou blanches) apparaîssent, plus Alphonse plonge dans son monde intérieur, plongée illustrée par l'effet de zoom arrière produit par le rétrécissement du cadre de l'image. En tapant l'écran avec plusieurs doigts, un effet rapide et intense de zoom avant se produit, représentant la sortie vers la réalité. Selon le moment de l'histoire, Alphonse peut toutefois refuser de sortir et ainsi rester sous la pluie encore un peu.

Deux autres modes sont disponibles: «Whisper» propose essentiellement la même chose que «Story», mais sans les pensées d'Alphonse, et «Wordless» ne fait que générer des gouttes de pluie. Il est possible de télécharger gratuitement deux autres trames musicales afin de créer des nouvelles mélodies.

Loyer, Erik: Hollowbound Book

Hollowbound Book est une œuvre conçue pour accompagner le livre Writing Machines de N. Katherine Hayles [1], qui explore la question de la matérialité dans le domaine des études littéraires. L'œuvre créée par Loyer suit essentiellement le propos du livre de Hayles, mais de façon plus ludique. On y découvre l'histoire d'un livre qui, ayant conscience de son rôle qui est essentiellement de retenir les arguments d'un auteur par sa reliure, réfléchit aux concepts qui le définissent, en fonction de deux principes opposés: la structure d'une organisation logique (représentée en vert) et la fluctuation d'un réseau de penseurs (en jaune). Or, le livre réussit ultimement à se détacher de la linéarité qui lui était autrefois imposée et peut ainsi relier les différents arguments comme il lui plaît, quoique toujours à l'intérieur des limites de la couverture.

La navigation est très simple. L'internaute avance en cliquant sur l'icone dans le coin inférieur droit de la fenêtre. À mi-parcours, la position du curseur de la souris (déplacements vers le haut ou vers le bas) permet de naviguer à travers des arguments qui reflètent les deux lignes argumentatives déployées. Un peu plus tard, une fois que le livre obtient sa liberté narrative, l'internaute peut réorganiser le texte tiré du livre de Hayles en cliquant sur le carré associé au champ dans lequel il apparaît.

[1] Voir la fiche du livre dans la bibliographie du NT2.

Daniel, Sharon; Loyer, Erik: Blood Sugar

Blood Sugar est la deuxième collaboration entre Daniel et Loyer, la première étant le projet Public Secrets [1]. L'œuvre aborde le sujet délicat de la dépendance à l'héroïne et des problèmes de pauvreté, d'abus, de discrimination, de racisme et d'isolation sociale vécus par les héroïnomanes.

Avec une introduction et une conclusion narrées par Daniel, le noyau central de Blood Sugar est une compilation de témoignages d'héroïnomanes recueillis par l'auteure lors de sa participation bénévole à un programme d'échange de seringues. L'interface suit la métaphore de l'injection intraveineuse, allant du corps jusqu'au noyau de la cellule, afin de faire parcourir à l'internaute les divers sujets abordés. Le premier niveau, le corps, est représenté par une onde ondulatoire et touche aux problématiques sociales soulevées par la consommation d'héroïne. Cependant, l'amplitude de l'onde ne suit pas le volume du clip audio qui l'accompagne, mais plutôt le nombre d'annotations faites par Daniel. Ces annotations circulent autour du «corps» sous la forme de questions, de suppléments d'informations entre crochets et d'extraits tirés du témoignage entendu. Un clic sur ces derniers fait sauter le clip audio au moment d'où est tirée la citation.

Le deuxième niveau, accessible en cliquant au point d'ancrage du corps, amène au niveau cellulaire où sont abordées les problématiques biologiques, physiologiques et psychologiques. Des termes précédés d'un cercle y circulent et permettent de relier des thèmes et des sujets à d'autres témoignages, et ainsi d'accéder à ces derniers. Le troisième et dernier niveau, accessible en cliquant sur la cellule, mène au cœur de celle-ci, où les sujets plus tabous et douloureux sont abordés, tels que les abus sexuels et physiques. Il est possible de revenir au niveau précédent par l'activation de la fonction «zoom out» au bas à gauche.

Le menu situé au bas permet de faire basculer l'œuvre en plein écran, de couper l'audio et d'accéder à un index des sujets abordés. Ce dernier permet de sauter à des moments précis des témoignages ou d'accéder à leurs transcriptions complètes, en plus d'offrir une bibliographie et de l'information sur les options disponibles pour contrer l'usage de la drogue et venir en aide aux héroïnomanes.

[1] Voir la fiche du répertoire sur Public Secrets.

Hui Kyong Chun, Wendy: Programmed Visions

Oeuvre qui accompagne le livre du même nom, Programmed Visions est une exploration des concepts d'archive et de race. Se basant sur la conception de l'archive telle que vue par le philosophe français Michel Foucault, l'œuvre rassemble une collection de textes discutant de la race comme étant une archive (ADN, culture, etc.), voire la base de toute les archives. Il n'y a qu'un seul des textes qui a été écrit par l'auteure, l'entièreté des autres étant une compilation de citations et d'extraits de penseurs ayant abordé de près ou de loin cette question.

Cependant, comme le titre de l'œuvre l'indique, l'auteure a enlevé beaucoup de liberté à l'internaute. Celui-ci accède aux différents textes en cliquant sur celui déjà affiché. Cependant, aucun indice ne lui est donné pour reconnaître quels mots renferment des liens et quelle est la destination de ceux-ci, si ce n'est que le thème du prochain texte s'affiche subtilement lors du clic. Il faut donc cliquer au hasard la plupart du temps. L'internaute ne peut ainsi pas accéder au contenu tel qu'il le désire, mais doit naviguer à travers une organisation chaotique afin de réorganiser l'archive présentée selon sa propre compréhension du sujet, comme le fait un chercheur académique.

Ce chaos à organiser est visible en cliquant sur le triangle bleu situé au bas à droite, ce qui fait apparaître un plan cartésien du site présentant la disposition des différents textes suivant des coordonnés xyz. Le parcours effectué par l'internaute est tracé par une ligne rouge et permet de revenir aux sections déjà visitées.

Friedberg, Anne; Loyer, Erik: The Virtual Window Interactive

The Virtual Window Interactive est une œuvre qui accompagne le livre The Virtual Window: From Alberti to Microsoft d'Anne Friedberg. Elle reprend essentiellement le même thème que ce dernier, soit l'influence du cadre dans notre perception du monde.

L'œuvre s'ouvre en demandant à l'internaute de dessiner une ouverture sur un fond noir, en cliquant et déplaçant (click&drag) son curseur. Ce faisant, les différents ratios d'écran (16:9, 4:3, etc.) sont indiqués selon le rectangle tracé, qui laisse alors apparaître une silhouette regardant vers cette ouverture. Une fois cela fait, l'internaute a la possibilité de modifier ce qui est présenté en ouvrant le menu accessible grâce à la flèche située au bas de l'écran. Les différents choix proposent un parcours interactif suivant l'historique du cadre et de la fenêtre («aperture» en anglais) depuis le treizième siècle jusqu'en 2025, afin de nous présenter la manière dont ceux-ci fonctionnent, de la fenêtre anglaise au iPod en passant par la camera obscura. Il est également possible de changer la silhouette de l'observateur (homme, femme, enfant, chien) et même d'insérer l'adresse Internet d'une image.

Lorsque le menu est caché, une série de mots-clefs se déplacent dans l'espace, et un clic fait apparaître un bref commentaire sur les concepts abordés. Tout en haut, à gauche, le bouton «in depth» permet de passer à des explications et autres textes plus approfondis.

Studio Moniker: Pointer Pointer

Pointer Pointer est un projet du Studio Moniker, une boîte de design basée à Amsterdam, en Hollande. L'interactivité est très simple: il suffit de placer son curseur dans le cadre. L'œuvre calcule entuite sa position et affiche une photographie sur laquelle une personne pointe directement le curseur. Il suffit de déplacer le curseur pour qu'une nouvelle photographie s'affiche, toujours avec un protagoniste pointant le curseur de son doigt. Il est possible «d'aimer» cette page sur Facebook une fois que quelques photos ont été affichées.

Utilisant le diagramme de Voronoi [1] (une méthode mathématique de décomposition d'un espace) afin de cartographier l'encadré, les artistes ont choisi de simuler le temps d'attente pris pour calculer la position, qui est réellement instantané.

[1] Vidéo Youtube expliquant le fonctionnement de l'oeuvre.

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