Images animées

Johnston, David Jhave: etay

etay (anciennement intitulé Total Awareness Now) est un projet développé par David Jhave Johnston auquel ont participé près de vingt autres artistes: Silver Hearts, francoisLeKarybou, Svetlana et Andi Wallwhore, Nick Fox-Gieg, HARS, Dream Team, Elizabeth Whalley, Suzanne Hatt et Halil Sustam, Michael Alstad et Camille Turner, Jake Elliott et Ezara Hoffman, OVARIUM et Meredith Wrede. En janvier et février 2005, les participants étaient invités à habiter, chacun leur tour et pour une période de quelques jours, un appartement situé à Montréal. Cet appartement avait été préalablement équipé de quatre caméras permettant de filmer les activités des locataires ainsi que de plusieurs surfaces de projection, ordinateurs, capteurs, etc. Pendant leur séjour, les participants pouvaient manipuler et positionner les caméras et utiliser le matériel enregistré pour créer de courtes vidéos. De même, des images captées dans certaines zones de l'appartement étaient automatiquement remixées pour créer des vidéos projetées sur différentes surfaces de l'appartement lors de son occupation.

Le site Web du projet etay présente les archives des vidéos produites par les participants. Certaines impliquent des mises en scène sophistiquées et sont riches en accessoires, alors que d'autres touchent de plus près au quotidien et à l'ordinaire. L'internaute navigue à travers les vidéos du site grâce à une interface présentant deux sufaces de projection. Des menus au bas de ces surfaces permettent de sélectionner la vidéo désirée. Les surfaces de projection sont présentées sur des photographies prises à Montréal; l'internaute peut passer d'une photographie à l'autre en utilisant un menu situé dans le haut de l'écran. Il est aussi possible d'appeler des fenêtres supplémentaires en cliquant sur le signe «+» dans le coin supérieur gauche de l'interface. Ces fenêtres supplémentaires sont mobiles et l'internaute les contrôle à partir d'un menu apparaissant dans la partie supérieure de l'écran (format liste). Finalement, une trame sonore individuelle accompagne chacune des vidéos. Il est possible de régler le volume de ces trames sonores et d'en interrompre/reprendre la lecture grâce à des barres de contrôle individuelles.

Johnston, David Jhave: THOEMS

THOEMS (contraction de l'expression THOught-poEMS) est une oeuvre poétique de David Jhave Johnston qui allie texte, son et vidéo. À partir d'une banque de 19 vidéos, 6 poèmes et quelque 330 polices de texte, l'oeuvre génère aléatoirement des agencements visuels et sonores originaux: alors que des segments de vidéos défilent en arrière-plan, des strophes tirées des poèmes se promènent à l'écran. Chaque nouvelle strophe qui apparaît est inscrite à l'aide d'une police différente. En même temps, d'autres mots tirés des poèmes s'agitent dans tous les sens, comme portés par le courant. (Il est à noter que toutes les vidéos présentent des environnements liquides.) En trame sonore, on entend des bruits saisis à l'extérieur (bruits d'avions, ruisseau, trafic automobile, etc.) auxquels s'entremêlent parfois des voix humaines.

L'internaute peut contrôler plusieurs paramètres de visualisation à partir de menus situés au bas de la fenêtre principale. Il faut souvent glisser le curseur de la souris sur les zones occupés par ces menus pour les faires apparaître. Dans le coin inférieur gauche, un menu permet de choisir la vidéo en arrière-plan et d'activer/désactiver la fonction vidéo aléatoire. Au-dessus de ce menu, quatre contrôles servent à interrompre ou à reprendre la lecture des vidéos, des poèmes ou de la trame sonore. Grâce à ces contrôles, il est aussi possible de masquer les vidéos et/ou le texte. Une grille dans le coin inférieur droit sert quant à elle à sélectionner la police d'affichage des textes et d'activer/désactiver la fonction police aléatoire. Au-dessus de cette grille, vers la gauche, six petits carrés sont associés aux six poèmes contenus dans l'oeuvre. Il suffit de glisser le curseur de la souris sur un de ces carrés pour faire apparaître un poème dans son entièreté. Finalement, au centre de l'écran, deux carrés blancs permettent de passer d'un mode de visualisation pleine largeur à un mode de visualisation n'occupant que la moité de l'écran. Lorsque l'internaute sélectionne ce deuxième mode de visualisation, la liste des poèmes demeure accessible en tout temps sur la droite. (En mode pleine largeur, cette partie de l'écran est occupée par une image miroir de la vidéo en cours de lecture.) Finalement, en cliquant sur la vidéo en cours de lecture, l'internaute peut appeler une nouvelle strophe. S'il ne clique pas, chaque strophe est automatiquement remplacée par une autre au bout de quelques secondes.

Les poèmes de Jhave abordent des questions de biologie, d'identité, de neurologie, de philosophie et de sexualité. Les textes sont parfois opaques, cherchant à imiter les comportements du subconscient humain.

Johnston, David Jhave: Concrete P.

Concrete P. est une collection d'une vintaine de générateurs de texte et d'oeuvres de poésie concrète de l'artiste David Jhave Johnston. Toutes les oeuvres, disposées en deux colonnes, adoptent une esthétique minimaliste noir sur blanc. L'internaute n'a qu'à cliquer sur la présentation d'une pièce pour l'activer. En trame sonore, on entend des bruits divers (pulsations, bips, etc.) qui suivent une courbe d'intensités variables.

Il est à noter que certaines des pièces de poésie concrètes sont des remédiatisations de poèmes concrets des années 1950 et 1960 (par exemple, «Birth of God/uniVerse» de Lionel Kearns, 1965; et «Wind» d'Eugen Gomringer, 1953).

Johnston, David Jhave: MUPS

MUPS (contraction de MashUPs) est un moteur de mixage sonore en ligne créé par l'artiste David Jhave Johnston. MUPS permet de mixer jusqu'à 32 fichiers audio simultanément.

L'interface de MUPS est divisée en deux parties. Sur la droite, un carrelage de tuiles noires permet à l'internaute d'aller chercher les fichiers audio à mixer. Chaque tuile correspond à un fichier; lorsque l'internaute survole une tuile du curseur de sa souris, une description du fichier associé apparaît. Il suffit de cliquer sur la tuile pour ouvrir ce dernier. Les fichiers ouverts par l'internaute sont listés dans la partie gauche de l'interface. Une fois qu'un fichier a été ouvert une première fois, il est possible d'en interrompre ou d'en reprendre la lecture en cliquant sur sa tuile. En plaçant le curseur de sa souris sur un des fichiers listés et en utilisant les flèches ↑ et ↓ de son clavier, l'internaute peut aussi en contrôler le volume de lecture. Un contrôle placé dans un cercle, dans le coin supérieur gauche, permet quant à lui de gérer le volume du remix en entier, tous fichiers confondus. Deux types de mixage sont possibles: sans la fonction «WEAVE» (tous les fichiers jouent alors simultanément) et avec la fonction «WEAVE». La fonction «WEAVE» permet de passer d'un fichier audio à l'autre dès qu'un silence d'une certaine durée se fait entendre. L'internaute peut contrôler plusieurs paramètres de la fonction «WEAVE»: seuil, tolérance, durée de la pause.

Au moment d'écrire ces lignes, MUPS était alimenté grâce à la banque de poèmes du site Web PennSound, associé au centre d'écriture contemporaine de l'Université de Pennsylvanie.

Lacher, Mike: Crisis: Donut

Crisis: Donut est une courte oeuvre humoristique créée par le très prolifique écrivain et artiste média Mike Lacher, en collaboration avec Amalgamated Puppetworks. Il s'agit en fait d'un jeu vidéo d'une étonnante simplicité. Sur la page d'accueil, l'internaute peut lire le titre de l'oeuvre alors qu'on entend une musique de type rock metal en trame sonore. Il faut cliquer sur un lien en bas du titre pour accéder au jeu comme tel. Dès qu'on accède au jeu, tout devient silencieux, la musique rock metal cessant subitement. Dans le coin de l'écran, on peut voir l'image grossièrement dessinée d'un beigne fourré à la confiture et recouvert de bonbons. Lorsque l'internaute clique sur le beigne, celui-ci se vide de sa confiture en émettant un «prout» retentissant alors que la musique rock metal reprend de plus bel. À ce stade, un lien placé dans le haut de la fenêtre permet de recommencer une nouvelle partie et d'écraser le beigne encore et encore et encore et encore.

À la blague, l'artiste présente Crisis: Donut comme une oeuvre «tak[ing] online gaming to a whole new level of gripping excitement, combining incredible gameplay with narrative innovation» [1]. Cette oeuvre de Lacher n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'esthétique irrévérencieuse des oeuvres Neen de Rafaël Rozendaal et Angelo Plessas.

 

[1] Présentation dans le portfolio de l'artiste. En ligne: http://mikelacher.com/portfolio/crisis-donut/ (consulté le 29 janvier 2013)

Traub, Peter: WoodEar

WoodEar est une œuvre sonore de l’artiste sud-africain Peter Traub. Le but de l'artiste est de transposer le réseau complexe constituant un arbre (les racines qui absorbent l’eau et les nutriments, les feuilles qui transforment l’énergie solaire en sucre, etc.) sur le réseau numérique de l’Internet. Pour ce faire, il a placé des capteurs (luminosité, température, pression, accéléromètre) sur un arbre situé sur le campus de l’université de Virginie. Les signaux captés sont par la suite interprétés par une puce Arduino et transmis sur le Web via un serveur. L’internaute doit télécharger un logiciel – l’œuvre en tant que telle – qui interprète les signaux en ambiance sonore.

Une fois l’application chargée, l’internaute accède à une fenêtre où trois cercles s’animent devant une image donnant une idée de l'environnement visible autour de l'arbre. Dépendamment de la luminosité ambiante, les images affichées par WoodEar changent (un ciel orageux, une nuit éclairée par une lune, de la rosée le matin, etc.). Trois barres situées en bas à droite contrôlent l’intensité des flux sonores entendus qui, eux aussi, changent selon l’environnement autour de l’arbre.

Il est à noter que, au moment d'écrire ces lignes, seule la version pour Mac Os semble fonctionnelle.

Bigelow, Alan: Last Words

Last Words est une oeuvre d'Alan Bigelow qui regroupe huit anecdotes concernant les derniers mots prononcés par des new-yorkais (célèbres ou non) juste avant leur mort. L'oeuvre est divisée en une série de «vignettes» à travers lesquelles l'internaute navigue en utilisant les deux icônes d'empreintes digitales à gauche et à droite de l'écran (pour avancer et reculer) ou en cliquant directement sur les petits points correspondant aux vignettes dans le bas de l'image. Chaque anecdote est racontée en deux temps: dans un premier temps, les dernières paroles de la personne décédée sont présentées, accompagnées de quelques spécifications entourant les circonstances de sa mort. Ces informations sont regroupées dans une première vignette où des extraits vidéo et des images forment une toile visuelle et sonore pour l'anecdote. Ensuite, dans une deuxième vignette, Bigelow présente sa propre interprétation des pensées de la personne décédée, sous la forme d'un court texte poétique. Ce texte s'agite à l'écran alors qu'une voix traitée avec un logiciel du type Auto-Tune en fait la lecture, redonnant la parole au défunt.

Il est à noter qu'une toute dernière vignette a été placée par l'artiste après la huitième anecdote. Cependant, cette dernière vignette ne contient pas de texte: on y voit simplement la vidéo d'un homme (Bigelow) se préparer à aller dormir. Au-dessus de l'image, deux guillemets restent ouverts, sans contenu. Dans cette dernière vignette, Bigelow effectue un retour sur le décès anonyme, celui qui survient sans qu'aucune parole ne soit prononcée pour en marquer la singularité.

Drouhin, Reynald: GridFlow

GridFlow est une oeuvre produite par Reynald Drouhin, avec le support de l'ingénieur Sébastien Courvoisier. L'oeuvre s'alimente en temps réel des fils RSS de plus de 2200 blogues pour produire une mosaïque mouvante d'images. À l'écran, les images défilent une à une du coin supérieur gauche de l'écran jusqu'au coin inférieur droit, glissant doucement d'une colonne à l'autre jusqu'à leur disparition finale. Il s'agit pour l'artiste de créer un genre d'instantané du Web, une image éphémère des tendances actuelles, au moment même où elles adviennent.

GridFlow se décline sous plusieurs formes: site Web, tirages photographiques 1x1 mètre, installation générative vidéo en galerie (avec laquelle il est possible d'intéragir par téléphone intelligent) et livre imprimé. Sur le site Web, l'internaute peut entrer l'adresse d'un nouveau blogue syndiqué RSS à la banque des adresses servant à générer le flux d'images de l'oeuvre. À n'importe quel moment, il est aussi possible de télécharger une image instantanée en haute définition des images affichées. Il est à noter qu'en plaçant le curseur de la souris sur une image, l'internaute peut voir la date et l'heure exacte à laquelle celle-ci a été mise en ligne. En cliquant sur l'image, l'internaute est aussi automatiquement redirigé vers son blogue d'origine.

Wylde, Nanette: Tru ValU

Tru ValU de l'artiste Nanette Wylde offre une réflexion sur les thèmes de l'individualité et de la communauté, de la norme esthétique et de l'art. Au centre de l'écran, un carré est formé de plusieurs petits carrés mouvant correspondant chacun à l'une des 216 couleurs HTML sécurisées pour le Web. En cliquant sur l'un de ces petits carrés, l'internaute amène un rafraîchissement de la page dont l'arrière-plan affiche maintenant la couleur précédemment sélectionnée. Au centre, un chiffre donne une valeur mathématique à la couleur dominante ainsi mise en valeur. L'internaute peut répéter l'opération à l'infini, faisant défiler les couleurs de son choix. Il est à noter que les mouvements des petits carrés ne sont pas aléatoires mais obéissent plutôt à des opérations mathématiques complexes fixées par l'artiste dans l'algorithme de Tru ValU.

Dans la déclaration accompagnant l'oeuvre (accessible sous le lien «context» apparaissant parfois dans le coin supérieur gauche de l'écran), Wylde dit surtout chercher à interroger la codification de la beauté et les constructions sociales sous-jacentes.

Deck, Andy: Crow Sourcing

Crow Sourcing est un projet d'Andy Deck qui utilise le principe du crowdsourcing (aussi appelé collaborat ou externalisation ouverte) pour explorer les origines et les significations de diverses expressions se rapportant à des animaux. L'interface de navigation du site est composée de plusieurs sections: sous le titre, une série de liens renvoient vers de l'information sur le projet et vers les principales fonctionnalités interactives («feeds», «download», «submission», «share»). Juste en bas, une barre présente en rotation continue les tweets envoyés sur CROW_SOURCING, le compte Twitter du projet. Au centre de l'écran, plusieurs icônes présentant des silhouettes d'animaux permettent d'ouvrir les fenêtres où les expressions qui les concernent sont répertoriées et discutées. Finalement, sur la gauche, une liste d'expressions renferment des liens vers ces mêmes fenêtres, offrant une deuxième porte d'entrée vers le contenu principal du projet.

Ce sont les internautes qui sont invités à nourrir le site en soumettant des expressions qui les intriguent, en fournissant leurs propres explications et théories à propos d'expressions se retrouvant déjà sur le site ou en partageant l'oeuvre sur leurs réseaux sociaux afin d'attirer d'autres participants. Il est à noter que l'artiste offre des calendriers téléchargeables reprenant certaines des expressions les plus intéressantes mises au jour sur Crow Sourcing.

Le projet existe aussi en application mobile Android.

Armstrong, Kate; Tippett, Michael: Space Video

Space Video est une vidéo générative de Kate Armstrong et Michael Tippett qui s'alimente en temps réel de matériel téléchargé sur YouTube. Sur une musique électronique de Thomas Aston, des énoncés à saveurs psycho-pop et pseudo-scientifique alternent avec des extraits de vidéos qui explorent des thèmes associés à la science-fiction, à la croissance personnelle, à la spiritualité, à la méditation, etc. Comme le contenu (vidéo et texte) est constamment renouvelé et remixé, l'internaute visualise une vidéo différente à chaque visite.

Cette expérimentation vidéo d'Armstrong et Tippett permet de mettre en valeur une variété de tendances esthétiques qui influencent plusieurs champs culturels en apparence disparates.

Hatfield, Ephraim & Sadie: We Ping Good Things To Life

We Ping Good Things To Life: An Interactive Networked Installation In 5 Acts est une installation interactive imaginée par le duo Ephraim & Sadie Hatfield. Il s'agit d'une exploration sur les thèmes du théâtre, du cirque, du cabaret, de la performance, de la culture populaire et du jeu. Pour réaliser chacun des cinq actes, les artistes ont utilisé des objets trouvés/récupérés afin de créer des scènes avec lesquelles les internautes pouvaient interagir à distance en activant des petits moteurs cachés. Ainsi, il était possible de faire tourner des figurines à l'effigie de héros du cinéma américain, de faire se balancer des trapézistes en carton, d'allumer la tête d'une poupée, etc. Les artistes ont enregistré les actes à des moments déterminés et les ont ensuite archivés en ligne, sous la forme de vidéos. (Il est à noter que les fonctions interactives permettant de manipuler les éléments des différentes scènes ne sont plus accessibles, le dernier acte ayant été achevé en mai 2012.)

Sur le site du projet, nous retrouvons aujourd'hui les enregistrements des cinq actes, présentés sur un carousel de fenêtres vidéo ovales. Il suffit à l'internaute d'agripper les fenêtres et de les faire glisser (click & drag) pour passer d'un acte à l'autre. Aussi, différents liens permettent d'accéder à un texte des artistes à propos du projet ainsi qu'à de la documentation photographique et vidéo sur la réalisation de chacun des cinq actes.

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