GPS

Kaplan, Caren: Precision Targets

Precision Targets est un projet de Caren Kaplan, professeure de l’Université de Californie à Davis, qui traite de la militarisation de la vie quotidienne par l’implantation de technologies militaires (ici, le GPS). Il s'agit d'une oeuvre à la fois ludique, par sa présentation en bande dessinée, et éducative, par les explications qui l'accompagnent.

Precision Targets s’ouvre sur une introduction narrée par Kaplan, qui explique les origines de son projet et son évolution. En cliquant sur «continue», l’internaute est projeté au centre d’un cube dont chaque face est une fenêtre sur une bande dessinée présentant des situations liées à l’usage du GPS: un bateau pris dans une tempête, la localisation d’un prédateur sexuel portant un bracelet de repérage, le lancement de missiles guidés, etc. L’internaute peut naviguer de haut en bas et de gauche à droite: la première option permet de voir les six bandes dessinées offertes et la deuxième de naviguer à travers les quatre cases d'une même bande dessinée. C’est en cliquant directement sur la fenêtre ou sur le bouton «enter panel» que l'internaute accède au comic strip comme tel.

Une fois dans le strip, il passe d’une case à l’autre en cliquant sur l’image. Les mouvements de son curseur modifient la perspective linéaire de la case. En cliquant sur le bouton «more», une brève explication des enjeux soulevés par la situation décrite apparaît; en cliquant une seconde fois sur ce bouton, une explication plus détaillée avec références bibliographiques est affichée. «Return to Cube» permet de revenir à l’intérieur du cube et de choisir une autre bande dessinée. En cliquant sur «menu», l’internaute accède aux informations sur l’œuvre et a la possibilité de la visionner en mode plein écran.

Lacher, Mike: Mayors of the Waffle House

Mayors of the Waffle House est une oeuvre humoristique de Mike Lacher qui présente les listes, pour chaque état américain, des personnes visitant le plus souvent les succursales de la chaîne de restaurants familiaux Waffle House selon l'application pour téléphones portables Foursquare.

Foursquare est une application qui permet à ses utilisateurs de signaler les lieux qu'ils visitent et de laisser leurs commentaires pour les autres utilisateurs. Il est de même possible grâce à Foursquare d'accéder à des cartes virtuelles (géolocalisation) signalant les points d'intérêts dans l'entourage de l'utilisateur. Un utilisateur de Foursquare qui visite plus souvent que les autres un lieu en particulier (commerce ou autre) est nommé "maire" de l'endroit, ce qui lui donne parfois accès à des rabais spéciaux - d'où l'appellation de "maires de Waffle House" pour les individus présentés sur le site de Lacher.

Le fait d'avoir choisi de répertorier les "maires de Waffle House" est cependant tout à fait loufoque. Pourquoi s'intéresser à cette chaîne de restaurants fondée en 1955, dont l'un des slogans est "Friends don't let friends eat pancakes"? Le site de Lacher reprend d'ailleurs l'esthétique franchement kitsch et de mauvais goût de la chaîne Waffle House: faux bois, lettres noires dans des carrés jaunes, style rétro... Si le but de Foursquare est de connaître les bonnes adresses, les endroits branchés à fréquenter, que signifie en effet d'être nommé "maire de Waffle House"? L'internaute est en droit de se demander si le "tableau d'honneur" de Lacher n'est pas un "tableau du déshonneur", l'antithèse même du cool, révélant du coup le sort des losers des nouveaux réseaux sociaux.

Degoutin, Stéphane; Knapp, Alex; Wagon, Gwenola: Potential City

Ce site documente le projet d'architecture augmentée Potential City dont on peut faire l'expérience aux Halles de Paris. L'utilisateur est invité à télécharger une application sur son téléphone cellulaire équipé d'un système GPS afin de découvrir des couches potentielles de la ville. Muni d'écouteurs liés à son téléphone, l'utilisateur peut écouter différentes séquences sonores (sons, voix et textes) qui sont déclenchées selon sa position. Les curieux pourront lire ici le texte «Essai de description psychogéographique des Halles», d'Abdelhafid Kathib, dont le projet de Nogoland est l'héritier.

The Blu Dot Real Good Experiment

The Blu Dot Real Good Experiment est à la fois un coup de publicité pour l'entreprise de design Blu Dot, sous l'oeil attentif de la compagnie de marketing Mono, et une incursion dans le monde du «curb-mining», soit le fait de ramasser des objets sur le trottoir destinés aux vidanges ou au recyclage. 25 chaises au look particulier ont été dispersées ça et là sur les trottoirs de la ville de New York. La moitié de ces chaises étaient munies d'un dispositif GPS permettant de localiser l'endroit où elles aboutieraient, en vue d'interviewer les nouveaux propriétaires des chaises et de mieux comprendre leur pratique du «curb-mining». L'équipe du projet a fait des annonces via Twitter révélant la position précise des chaises, mais la grande majorités de celles-ci ont été récupérées par de simples passants. De la documentation photographique a été rendue disponible sur Flick'r et un court documentaire vidéo est maintenant disponible sur le site Web de Blu Dot.

BlueScreen propose ici une réflexion sur ce qu'est l'espace à soi, cet espace qui, à force de répétition quotidienne, fait partie de soi. Or, qu'en est-il de cet espace à soi dans une ville étrangère? La carte de la ville, aussi précise qu'elle puisse l'être, n'est pas en mesure de le révéler: seul le parcours serait en mesure de représenter l'espace qu'un individu s'est approprié. C'est donc sur fond noir que différentes cartes de parcours (dont les données sont recueillies par GPS) que BlueScreen donne à voir sa pratique quotidienne des lieux. Trois MySpace(s) peuvent être consultés pour le moment, soit le 001 qui contient 59 jours de données, le 002 (75 jours) et le 003 (54 jours pour le moment, en cours de construction). Une fois à l'intérieur de ces différentes cartes GPS, l'internaute, en glissant son curseur sur les dates en caractères gras et affichées en blanc, fait apparaître l'état de cet espace à soi à la date donnée.

La carte Brentford Biopsy est le résultat de douze semaines de résidence de l'artiste Christian Nold et de la designer Daniela Boraschi à Brentford. Bénéficiant de la participation de 200 habitants de Brentford, le projet a pour but de permettre une meilleure visualisation des problématiques sociales de la ville. Se lisant de gauche à droite, cette grande carte présente l'état actuel des relations interpersonnelles des habitants de Brentford et vise l'amélioration de sa vie culturelle, économique et sociale. La carte emploie d'ailleurs plusieurs stratégies de cartographies (terrestres et humaines) utilisées dans des projets précédents, dont le Provocation Drawing (répondre en dessinant à un énoncé en lien avec Brentford), le Emotion Mapping (utilisation du système Bio Mapping développé par Nold, combinant un GPS et un capteur du réflexe psychogalvanique), le Sensory Mapping (une personne se fait diriger, yeux bandés, par une autre qui prend en note ses réactions), et les Adjective Clouds (qui résulte en une visualisation des mots employés pour décrire Brentford). L'internaute pourra voir la carte dans le lecteur Zoomify disponible à même le site de Christian Nold ou télécharger la carte en format PDF ou PNG. Une version brute destinée à la lecture dans Google Earth a aussi été créée. Sont aussi disponibles les fichiers de presse et une version «poster» de la carte (PDF). L'internaute pourra aussi remplir un questionnaire sur l'utilité de la carte Brentford Biopsy.

Cette carte conçue par l'artiste Christian Nold, la designer Daniela Boraschi et les résidents de la ville de Stockport, résulte de la combinaison de deux activités: Drawing Provocations et Emotion Mapping. La première activité consistait à demander aux participants (des résidents de la ville) de dessiner des éléments de leur vie quotidienne en posant des questions sur leurs lieux de rencontre favoris, les personnages les plus influents ou les plus dangereux de la ville, les activités principales qui se pratiquent à Stockport, l'histoire de la ville, etc. Le second volet consistait à équiper ces mêmes personnes du dispositif créé par Nold pour son projet Bio Mapping, à savoir un appareil GPS et un capteur du réflexe psychogalvanique (conductibilité électrique de la peau) mesurant la réaction physiologique (agréable ou non) au lieu parcouru. Les participants étaient aussi invités à noter leurs impressions durant leur parcours. L'internaute pourra consulter la Stockport Emotion Map directement dans son navigateur grâce à un lecteur Zoomify ou en la téléchargeant (formats JPEG ou PDF pour une meilleure qualité). La création de cette carte a permis de relever diverses problématiques sociales au sein de la ville de Stockport, dont l'isolement des jeunes et le développement communautaire et commercial de la ville.

Employant l'équipement développé pour son projet Bio Mapping, à savoir un appareil GPS relié à un capteur du réflexe psychogalvanique (conductibilité électrique de la peau), la San Francisco Emotion Map a profité de la participation de 98 résidents du Mission District de San Francisco. Durant une résidence de cinq semaines de l'artiste et designer Christian Nold, les participants ont été invités à déambuler dans leur quartier et à noter leurs réactions aux lieux - annotations qui, à la fin de la journée, étaient recombinées aux tracés GPS ainsi qu'aux données physiologiques recueillies. Le tout a pour résultat une carte stylisée du Mission District, créée par Nold: sont disposés sur un fond gris foncé des ronds rouges qui représentent les réactions des participants aux lieux visités (plus la couleur est vive, plus la réaction est forte), ainsi que les annotations de participants prises lors de leurs déambulations. L'internaute a le choix de consulter la carte dans un lecteur Zoomify, à même son navigateur Internet, ou encore de télécharger la carte en format PDF pour une meilleure qualité d'image. Le côté verso de la carte est aussi disponible en format PDF (plutôt lourd, avec un poids de 55Mo), qui documente l'activité avec des photographies. Il est aussi possible de communiquer avec Southern Exposure pour commander une version papier de la carte.

Employant l'équipement développé pour son projet Bio Mapping, à savoir un appareil GPS relié à un capteur du réflexe psychogalvanique (conductibilité électrique de la peau), la East Paris Emotion Map a profité de la participation de 18 résidents du 11e arrondissement. Durant un atelier de deux jours menés par Christian Nold, les participants ont été invités à déambuler dans leur quartier et à noter leurs réactions aux lieux - annotations qui, à la fin de la journée, étaient recombinées aux tracés GPS ainsi qu'aux données physiologiques recueillies. Le tout a pour résultat une carte stylisée du 11e arrondissement de Paris, créée par Nold: le parcours est visible en bleu pâle sur la carte, les points blancs cerclés de bleu signalent les annotations et les points rouges (plus ou moins gros) signalent les zones de forte réaction à un lieu. L'internaute a le choix de consulter la carte dans un lecteur Zoomify, à même son navigateur Internet, ou encore de télécharger la carte en format PDF pour une meilleure qualité d'image.

Liée au projet Bio Mapping, qui consiste à cartographier les émotions générées lors de déplacements en ville, la Greenwich Emotion Map a été conçue dans le cadre d'une résidence d'artiste ayant duré 6 mois et ayant nécessité la participation de 80 résidents de la péninsule de Greenwich. Équipés d'un capteur mesurant le réflexe psychogalvanique (le degré de conductibilité électrique de la peau variant lors de périodes de stress ou d'émotions plus ou moins intenses) ainsi que d'un capteur GPS, les participants étaient invités à déambuler et dériver un peu à la façon des situationnistes. Les relevés de l'équipement ont permis de géolocaliser les pointes d'émotion générées lors des déplacements en ville auxquelles ont été ajoutés les commentaires ou photographies prises par les participants. Les 80 cartes ainsi générées ont été combinées, donnant une carte communautaire des émotions de Greenwich. L'internaute peut consulter une version PDF de la carte ou une version KML lue avec Google Earth.

Photographe et infographiste de formation, Xavier Bismuth a enseigné pendant quatre ans à l'Université Paris VIII. Dans Non site, il présente ses oeuvres, basées principalement sur le rapport au territoire. L'internaute peut y consulter des photos et des textes provenant de différentes expositions dont Cartes blanches (Galerie Ars Longa 2007) et Tohu Bohu 1 et 2 (Galerie Console, 2004). L'exposition Cartes blanches avait été présentée avec l'Atelier de Géographie Parallèle, fondé en 2006. L'Atelier de Géographie Parallèle s'est penché jusqu'à présent sur les zones blanches présentes sur la carte de Paris et de ses banlieues.

La Montre verte / Citypulse

La Montre verte a été développée dans le but de promouvoir la participation du citoyen dans la collecte des données environnementales. Conçue pour ressembler à une montre (aspect esthétique du projet), la Montre verte, en plus de donner l'heure, contient une puce GPS et un capteur d'ozone et de bruit. Les données recueillies peuvent être visualisées sur un téléphone cellulaire grâce au réseau Bluetooth. Elles sont ensuite envoyées à un serveur qui met en forme les données sur la plateforme Citypulse, permettant aux internautes de visualiser les données sur une carte - soit en temps réel si une activité prévue avec la Montre verte est en cours, soit en consultant les données recueillies antérieurement. Si le résultat sur le Web est esthétiquement intéressant, les données de la Montre verte/Citypulse peuvent aussi être utilisées par des acteurs publics, des chercheurs, des artistes ou autres militants. Plusieurs activités ont eu lieu dans le cadre de Futur en Seine pour faire connaître la Montre verte au public et aux chercheurs.

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