Générateur de texte/d'image/de son

Montfort, Nick; Strickland, Stephanie: Sea and Spar Between

Sea and Spar Between est un générateur de texte de Nick Montfort et Stephanie Strickland qui utilise les lexiques des poèmes d'Emily Dickinson et du Moby Dick d'Herman Melville pour créer une gigantesque «carte» de strophes. Dans le texte de présentation de l'oeuvre, les auteurs estiment le nombre de strophes générées à environ 225 milliards.

Pour alimenter leur générateur, Montfort et Strickland ont d'abord traité les poèmes de Dickinson et le livre de Melville pour identifier les mots qui étaient les plus utilisés chez l'un et chez l'autre; ce sont ces mots qui sont le plus mis de l'avant dans les strophes générées. Les strophes sont présentées en bleu sur fond bleu, rappelant la couleur de l'océan. L'internaute navigue en utilisant sa souris (la position du curseur sur l'écran fait se recentrer la carte); en cliquant sur les bords de l'écran (haut-bas-gauche-droite) pour se déplacer vers d'autres «régions»; en utilisant les flèches de son clavier pour faire défiler les trophes; et en zoomant/dézoomant à l'aide de la roulette de sa souris ou des touches «A» et «Z». Aussi, la strophe affichée au centre de l'écran est identifiée par des coordonnées de latitude et de longitude, sous le format 11380623 : 12459990. L'internaute peut appuyer sur la barre d'espacement pour faire apparaître dans une petite fenêtre au bas de l'écran les coordonnées d'une strophe à laquelle il désire retourner plus tard; cette même fenêtre peut en effet être utilisée pour entrer n'importe quelles coordonnées entre 0 : 0 et 14992383 : 14992383. (Après avoir saisi un couple de coordonnées, il faut appuyer sur la touche «Retour» pour être amené au bon endroit.)

Montfort, Nick: Lede

Lede est un générateur de texte de Nick Montfort inspiré par un article de fait divers paru en novembre 2012. L'article en question, qui avait fait sensation sur le Web, commençait par cette phrase: «While sitting on the toilet, a jobless Scottish man had an idea: Why not dress as a giraffe and do good deeds for people?» [1].

Le générateur de Montfort produit des phrases sur ce même modèle en utilisant une banque de termes sélectionnés par l'artiste. Chaque nouvelle phrase est ainsi générée à partir de six variables, identifiées dans le code source de l'oeuvre: «absurd_situation», «sad_descriptor», «nationality», «man_or_woman», «silly_character» et «interact_with». Les phrases obtenues sont éminemment absurdes, tout comme le fait divers dont elles s'inspirent. (Voir la section «Citations» ci-dessous pour quelques exemples.)

 

[1] Matt Cantor (19/11/2012) «Scotland's New Hero Is Man in Giraffe Suit», sur Newser. En ligne: http://www.newser.com/story/157857/scotlands-new-hero-is-man-in-giraffe-suit.html (consulté le 5 février 2013)

Johnston, David Jhave: Spam Heart

Spam Heart est un générateur de poèmes de l'artiste David Jhave Johnston. Lorsque l'internaute active le générateur, du texte blanc défile à grande vitesse sur un écran noir. Le texte s'immobilise à toutes les trois secondes environ pour donner à lire un poème, qui reste lui-même affiché cinq ou six secondes avant que le cycle de défilement / immobilisation du texte ne recommence.

Si l'on se fie à la courte description de l'oeuvre sur la page d'accueil, Spam Heart se nourrit entre autres de pourriels et de langage académique (probablement la thèse de doctorat de l'artiste). D'un poème à l'autre, on remarque l'utilisation de certaines structures récurrentes dans l'organisation des vers.

Johnston, David Jhave: Zero Whack

Zero Whack est une oeuvre de David Jhave Johnston qui génère aléatoirement des couvertures de livres imaginaires à partir de plusieurs banques d'éléments textuels et d'images. Au total, huit banques sont utilisées: une banque de 139 titres de livres fictifs, une autre de 253 photos, une de 53 blurbs, une de 44 synopsis, une de 285 prénoms, une complémentaire de 1061 noms de famille, une de 1293 villes et, finalement, une dernière banque de 9954 maisons d'édition. Les titres et les synopsis ont d'abord été écrits par l'artiste, puis recherchés sur Google afin de s'assurer qu'ils ne retournaient aucun résultat. (En langage informatique, une recherche qui ne retourne aucun résultat est un «zero whack».) Les noms et prénoms sont empruntés à Wikipédia et aux amis de l'artiste. Les villes, utilisées pour identifier les lieux d'édition, sont des villes du Québec. Les photos ont été prises entre Berlin et Montréal en 2010. Les blurbs ont été écrits par l'artiste et «are inspired by excess catharsis everywhere» [1]. Finalement, les noms des maisons d'édition fictives sont des termes tirés de pourriels compilés par l'artiste. À chaque fois que l'internaute recharge la page de l'oeuvre ou clique sur la flèche située dans le coin supérieur gauche, une nouvelle couverture de livre fictif est générée en combinant des éléments de ces huit banques.

Il est possible de générer des couvertures de livres en français ou en anglais. Il est à noter que la version originellement travaillée par l'artiste est la version anglaise; la version française ne fait que reprendre les mêmes éléments, traités par l'outil de traduction en ligne Google Translate (ce qui donne d'ailleurs à la version française de Zero Whack un caractère loufoque certain).

 

[1] Extrait du texte de présentation de l'oeuvre, sur la page d'accueil.

Johnston, David Jhave: TYPOEMS

TYPOEMS est un générateur de texte conçu par David Jhave Johnston qui s'alimente des fautes de frappe commises par l'artiste dans les six derniers mois. Pour générer des textes, l'internaute n'a qu'à cliquer sur le lien identifié «generate a typoem». À chaque clic, trois blocs sont générés: deux poèmes faisant l'usage d'une même faute de frappe (par exemple, «integratify», «metapore» ou «malgorithm») et une définition fantaisiste de cette faute, comme s'il s'agissait d'un nouveau mot. Ainsi, en même temps que deux poèmes contenant le terme «malgorithm», l'internaute aura aussi accès à une définition du genre:

MALGORITHM:
SICK CODE.
As in: "Wht a recursive malgorithmic maestro.'

Les blocs de texte (poèmes et définitions) apparaissent dans des tuiles dont la disposition s'adapte automatiquement au format de la fenêtre du fureteur de l'internaute. Chaque nouvel ensemble de trois tuiles vient pousser les tuiles plus anciennes vers le bas et entraîne une réorganisation en arborescence de leur disposition.

Holman, Tim: Concentrics

Concentrics est une œuvre visuelle générative qui fait partie d’une série d’expérimentations de Tim Holman utilisant l’élément Javascript canevas pour le HTML 5.0. Il s’agit d’un générateur de formes concentriques (cercles ou carrés).

L’internaute peut utiliser plusieurs contrôles permettant de modifier les paramètres du générateur: taille des formes, espacement, couleur, caractère aléatoire, etc. Il peut donc modifier à sa guise les concentrics affichés. Il est également possible de télécharger une image pour déterminer le contour de zones de couleurs dans la toile formée par les concentrics. À l'intérieur de ces zones, les concentrics demeureront toutefois générés avec les paramètres préalablement établis. L'internaute peut télécharger l'image générée en format PNG.

Traub, Peter: WoodEar

WoodEar est une œuvre sonore de l’artiste sud-africain Peter Traub. Le but de l'artiste est de transposer le réseau complexe constituant un arbre (les racines qui absorbent l’eau et les nutriments, les feuilles qui transforment l’énergie solaire en sucre, etc.) sur le réseau numérique de l’Internet. Pour ce faire, il a placé des capteurs (luminosité, température, pression, accéléromètre) sur un arbre situé sur le campus de l’université de Virginie. Les signaux captés sont par la suite interprétés par une puce Arduino et transmis sur le Web via un serveur. L’internaute doit télécharger un logiciel – l’œuvre en tant que telle – qui interprète les signaux en ambiance sonore.

Une fois l’application chargée, l’internaute accède à une fenêtre où trois cercles s’animent devant une image donnant une idée de l'environnement visible autour de l'arbre. Dépendamment de la luminosité ambiante, les images affichées par WoodEar changent (un ciel orageux, une nuit éclairée par une lune, de la rosée le matin, etc.). Trois barres situées en bas à droite contrôlent l’intensité des flux sonores entendus qui, eux aussi, changent selon l’environnement autour de l’arbre.

Il est à noter que, au moment d'écrire ces lignes, seule la version pour Mac Os semble fonctionnelle.

Carpenter, J. R.: Notes on the Voyage of Owl and Girl

Notes on the Voyage of Owl and Girl est une oeuvre de fiction générative de J. R. Carpenter s'inspirant des navigateurs qui, au fil de l'histoire, sont partis explorer les mers nordiques. L'image servant de toile de fond à l'oeuvre est une image composite constituée à partir de plusieurs cartes maritimes. Au-dessus de cette image, des photographies prises par Carpenter délimitent deux espaces de texte.

À l'intérieur de l'espace principal, situé dans le coin supérieur gauche, des vignettes générées racontent les aventures d'un hibou et d'une jeune fille partis en bateau à la recherche de territoires fantastiques. Ces vignettes sont librement inspirées de «The Owl and the Pussycat» d'Edward Lear (1871) et contiennent parfois des hyperliens vers des articles Wikipedia. Aussi, à l'intérieur de cet espace, un nouveau texte est généré automatiquement à intervalles réguliers, venant chasser l'ancien. Dans le second espace, situé dans le coin inférieur droit, des mots n'apparaissent que très irrégulièrement, faisant de brèves allusions à la mer, à des bateaux, à des naufrages, etc. Plusieurs photographies sont utilisées pour délimiter ce second espace et alternent régulièrement. Finalement, en marge, au-dessus et en-dessous de ces deux espaces, des lignes de texte composées de fragments empruntés à d'anciens récits d'expéditions maritimes, de messages en code morse et d'extraits du poème «Wynken, Blynken, and Nod» d'Eugene Field (1889) défilent de droite à gauche.

Miharbi, Ali; Priestley, John: Panemoticon

Panemoticon est une application conçue pour Firefox par Ali Miharbi et John Priestley. Cette application, que l'internaute doit télécharger et installer sur son fureteur, génère une musique d'accompagnement inspirée des habitudes de navigation de l'internaute. L'interface de l'application contient trois onglets. Le premier onglet permet de sélectionner le mode d'utilisation désiré (personnel, collectif ou dormant). En mode personnel, l'application génère de la musique en ne tenant compte que de l'humeur de l'utilisateur, sans utiliser les données compilées à partir des autres internautes qui utilisent Panemoticon. Aussi, les données personnelles de l'utilisateur ne sont pas compilées. En mode collectif, la musique s'ajuste en fonction de la communauté des utilisateurs présents simultanément sur un même site. Les données concernant les mouvements de la souris de l'utilisateur sont traquées et compilées. En mode dormant, aucune musique ne se fait entendre et aucune donnée n'est communiquée. Toutefois, si l'utilisateur désire continuer à communiquer ses données sans entendre de musique, il peut aussi choisir n'importe quel de ces trois modes et activer simplement la fonction sourdine. La musique est générée en attribuant différents caractères aux mouvements de la souris de l'utilisateur. Ces caractères sont calculés selon trois échelles: une échelle de valence, une échelle d'éveil et une échelle de dominance. Les valeurs atteintes sur ces trois échelles sont visibles dans les onglets 2 et 3 de l'interface de l'application.

Armstrong, Kate; Tippett, Michael: Space Video

Space Video est une vidéo générative de Kate Armstrong et Michael Tippett qui s'alimente en temps réel de matériel téléchargé sur YouTube. Sur une musique électronique de Thomas Aston, des énoncés à saveurs psycho-pop et pseudo-scientifique alternent avec des extraits de vidéos qui explorent des thèmes associés à la science-fiction, à la croissance personnelle, à la spiritualité, à la méditation, etc. Comme le contenu (vidéo et texte) est constamment renouvelé et remixé, l'internaute visualise une vidéo différente à chaque visite.

Cette expérimentation vidéo d'Armstrong et Tippett permet de mettre en valeur une variété de tendances esthétiques qui influencent plusieurs champs culturels en apparence disparates.

Carpenter, J. R.: Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR

Story Generation(s) est une série de trois générateurs programmés en Python par J. R. Carpenter à partir de scripts empruntés à Nick Montfort et publiés sur le blogue Grand Text Auto [1]. Les trois générateurs de la série Story Generation(s) sont Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR (juin 2009), I've Died and Gone to Devon (novembre 2009) et Auto-Autobiography (février 2010). Pour utiliser les générateurs, l'internaute doit installer Python sur son ordinateur et télécharger les fichiers .py fournis par l'artiste. Une fois activés, les générateurs sont lancés dans une fenêtre terminale. Il suffit d'appuyer sur la touche Retour pour générer un nouveau bloc de texte.

Excerpts from the Chronicles of Pookie & JR raconte la cohabitation de Carpenter et de Pookie 14, un bernard l'hermite, en juin 2009. Le ton est léger et humoristique, parfois légèrement claustrophobe. I've Died and Gone to Devon est un générateur adapté d'entrées Twitter publiées par Carpenter lors d'une visite dans le Devon, en Angleterre. Les blocs de texte générés par I've Died and Gone to Devon rappellent la forme du carnet de voyage. Finalement, Auto-Autobiography produit de faux récits autobiographiques intimistes, imitant les mécanismes de la mémoire.

 

[1] Nick Montfort (30/11/2008) «Three 1K Story Generators», sur Grand Text Auto. En ligne: http://grandtextauto.org/2008/11/30/three-1k-story-generators/ (consulté le 16 janvier 2013)

Loss Pequeño Glazier: Four Guillemets

Four Guillemets est une expérimentation poétique générative de Loss Pequeño Glazier qui exploite le concept du quartet. L'oeuvre est divisée en quatre «pages» que l'internaute fait défiler grâce aux flèches placées au bas de la fenêtre de lecture. Chaque «page» est composée de quatre blocs textuels, eux-mêmes générés à partir de quatre fils textuels indépendants – correspondant aux quatre voix du quartet. Si l'internaute n'interagit pas avec le contenu affiché à l'écran, l'oeuvre génère de nouvelles variations des quatre blocs à intervalles réguliers. Il est toutefois possible de hâter le processus en cliquant sur le bouton placé sous la fenêtre de lecture, au milieu de l'écran.

Les blocs textuels générés par Four Guillemets utilisent l'itération pour créer de fines variations de sens à l'intérieur du poème. Il est toutefois difficile de saisir le sens du poème dans son ensemble, puisque les différents blocs ne sont pas traversés par un même fil narratif et/ou thématique. En effet, Loss Pequeño Glazier favorise plutôt les connexions sémantiques et logiques formelles:

These may be narratively disruptive, grammatically continuous, non-relatively contiguous (self-contained in meaning), or paratactic (physically adjacent but open-ended in semantic connection). [1]

Il est à noter que les images qui accompagnent chacune des pages de Four Guillemets sont elles aussi générer à partir de quatre fils de données visuelles.

 

[1] Extrait des notes placées par l'artiste à la fin de l'oeuvre.

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