Génération

Nadeau, Hugo: Entrepile | Passer un bon coup de Data

Avec Entrepile | Passer un bon coup de Data, Hugo Nadeau propose de rassembler «un "grand n'importe tout" de contenus choisis», contenu qu'il puise à la fois du cyberespace à l'aide de moteurs de recherche de textes et d'images, mais également de productions artistiques personnelles. Notons toutefois que ce contenu (littéraire, poétique, visuel, informatique) n'est pas puisé aléatoirement, mais plutôt rigoureusement choisi par l'artiste. La navigation de cet immense labyrinthe de données est rendue conviviale grâce à une interface représentant un plan de métro étalé sur une mappemonde. Chaque ligne (verte, jaune, rouge, orange et bleue) subdivise les contenus (les sites Web) en des catégories: bleu - sites de navigation; rouge - sites de visionnement; vert - sites d'environnement; orange - sites de collection; jaune - sites de communication. Au total, on compte quinze modules distincts. Lorsque l'internaute clique sur l'une des lignes, une série d'onglets se chargent dans son navigateur et l'errance à travers les ramifications prévues par l'artiste peut commencer. L'ambitieuse proposition de l'artiste a un but avoué: permettre à l'internaute d'effectuer une navigation Web où plaisir se mêle aux surprises et aux découvertes. À noter que l'exploration de l'oeuvre est plus fluide sur Firefox que sur Safari ou Internet Explorer. 

Pour plus de détails, voir la fiche média de l'oeuvre

Cherry, Paul; Morton, Chris: Googlism

Googlism, initiative de Paul Cherry et Chris Morton, n'est d'aucune façon affilié à Google.com (Google Inc), même s'il s'y alimente. Le principe de Googlism est simple: savoir ce que Google pense d'une chose, d'un lieu, d'une date, d'une personne. Pour ce faire, l'internaute est invité à entrer un mot quelconque et à sélectionner la sous-section appropriée («Who», «What», «Where», «When» ou «About»). Il peut également sélectionner un mot parmi les plus populaires, proposés sous chaque section. Googlism sélectionne ensuite dans Google toutes les occurrences du terme choisi qui sont suivies de «is». Par exemple, si l'internaute désire savoir ce que Google pense de Madonna, il inscrit Madonna et sélectionne la sous-section «Who». Les résultats auront tous la forme de «Madonna is ...». 

En 2004, Googlism était si populaire que Google a ajusté ses serveurs pour l'empêcher d'accéder à de nouvelles données. Le site fonctionne donc encore bien, mais il est impossible de trouver de l'informations sur des éléments qui se seraient inscrits dans le cyberespace après cette date.

Miltos Manetas, chef de file du mouvement Neen, considère le site de Cherry et Morton comme précurseur du Neen Art.

Dalmon, Gérard : My Google Body

My Google Body est une oeuvre qui exploite le moteur de recherche Google afin d'arriver à la représentation d'un corps humain. Le logiciel recherche des images associées aux mots clés "arm", "head", "leg", et ainsi de suite, pour créer un corps hybride qui ne manque pas de rappeler le monstre de Frankenstein. Cette oeuvre crée des effets intéressants grâce à la polysémie des mots, les membres du Google Body pouvant être représentés par diverses images qui ont peu ou rien à voir avec le corps humain.

Un palpitant est une œuvre hypermédiatique de l’artiste français Nicolas Clauss créée avec le soutien de L’espal scène conventionnée du Mans dans le cadre d’une résidence à l’@telier multimédia en 2005-2006. Il s’agit de l’aboutissement d’un projet communautaire intergénérationnel instigué par l’artiste, dans le cadre duquel sept jeunes étaient invités à rencontrer des personnes âgées pour leur parler d’amour, de vieillesse et de mort. Pendant ces rencontres, les témoignages des personnes âgées autant que ceux des jeunes ont été enregistrés sur support audio alors que certaines séquences ont été captées sur vidéo. De même, plusieurs photos – parfois mises en scène, parfois non – ont été prises. Ces photos, ces vidéos et ces témoignages constituent la matière première de l’œuvre hypermédiatique Un palpitant, divisée en neuf tableaux interactifs.

Notons que l’œuvre Un palpitant a reçu le prix de la Création nouveaux médias Vidéoformes 2008 au 23e festival international arts vidéo et nouveaux médias de Clermont-Ferrand (France).

Pour passer d’un tableau à l’autre dans l’œuvre, l’internaute peut utiliser le menu principal, dans lequel une suite de neuf images renfermant des hyperliens donne accès aux neuf tableaux, ou encore se servir de la flèche située dans le coin inférieur droit de chaque tableau pour passer de l'un à l’autre, sans retourner au menu. Chaque tableau interactif aborde un aspect différent du projet derrière Un palpitant.

Dans le premier tableau, «chanson», l’internaute fait apparaître différentes séquences vidéo répétitives en promenant son curseur sur l’écran et en cliquant sur la droite. Ces séquences montrent les personnes âgées et les jeunes ayant participé au projet en train de se saluer et de s’embrasser, ou des mains en train de manipuler un vieil album de photos. En fond sonore, on entend des bribes de chansons chantées par les personnes âgées et des bruits de cloches. Dans le deuxième tableau, «époux», l’internaute active, en cliquant à l’écran, des séquences audio dans lesquelles les personnes âgées parlent de leur mariage et de leur couple. Les mouvements de la souris permettent de contrôler des figurines anciennes de gâteau de mariage qui défilent comme par vagues. Dans le troisième tableau, «cœur», les clics de souris et les déplacements du curseur font se superposer à l’écran plusieurs représentations de cœurs, en rouge, pendant qu’on entend des gens donner leur définition de l’amour. Le quatrième tableau, «vieux», présente quant à lui une mosaïque de courtes séquences vidéo que l’internaute peut faire changer ou s’accélérer d’un clic de souris. Lorsque l’internaute place son curseur à l’extérieur de la mosaïque, une seule séquence prend tout l’écran. On peut activer des témoignages audio des jeunes parlant de leur perception des personnes âgées avec qui ils ont travaillé en cliquant dans les marges. Le cinquième tableau, «vieillesse», s’ouvre sur un couple presque nu traversant le bas de l’écran. En cliquant sur celui-ci, l’internaute fait apparaître une scène au centre de laquelle des jeunes portant des masques de vieux imitent des personnes âgées. À chaque nouveau clic, l’internaute active des séquences audio où les personnes âgées parlent des changements physiques et sociaux qui accompagnent la vieillesse (perte d’autonomie, solitude, nostalgie, etc.). Le sixième tableau, «vanité», présente le témoignage audio d’un infirmier qui travaille avec des personnes mourantes en milieu hospitalier. Au bas de l’écran, des squelettes de carnaval en toges noires dansent frénétiquement alors que des enfants portant le masque de la mort président à leur assemblée. Dans le septième tableau, «bio», des images de fœtus, d'une jeune fille déguisée en vieille dame, de chromosomes et de cellules alternent à l'écran en fonction de la position du curseur de la souris de l’internaute. En fond sonore, on entend des enfants discuter de la mort – sa définition, ce qu’il y a après, les moyens de la contourner, etc. Dans le huitième tableau, «visages», une superposition floue d’images (une pomme, des visages, etc.) accompagne les témoignages audio des jeunes parlant de la vieillesse, et plus spécifiquement de leur perception des personnes âgées. Pour activer les segments audio, l’internaute doit déplacer son curseur dans les marges autour de l’image centrale. Finalement, le neuvième tableau, intitulé «mort», présente de vieilles photos d’enfants tachées de sang, dans un cadre brisé. En cliquant sur l’image, l’internaute active des segments audio dans lesquels des personnes âgées parlent de l’instant de la mort lui-même, et notamment de la peur qu’il inspire.

L’esthétique de cette œuvre de Nicolas Clauss demeure un brin bancale, voire baroque:

Palimpseste d’archives, de vidéos, de dessins, de rires, de mascarades et d’étoiles: l’en deçà n’est jamais très loin, pour convoquer Bosch, ou Bacon.» [1]

Il y a des détails dans tous les coins, les images se superposent jusqu’à ce qu’il soit impossible de les dénombrer et, dans tout ce fouillis, il est souvent difficile de déterminer ce que contrôle au juste l’internaute. De plus, les choix visuels de Nicolas Clauss donnent à l’œuvre une noirceur certaine: les couleurs sont sombres, les images choisies sont souvent inquiétantes (photos tachées de sang, fœtus, squelettes, etc.), les cœurs de fleur y côtoient des cœurs de chair ayant l’air d’avoir été fraîchement «arrachés», tout y est un peu décrépit, rayé, brisé… Comme le remarque Aude Crispel dans sa critique pour poptronics, on se croirait dans une photo de Joel-Peter Witkin [2]. Pourtant, dans les témoignages audio entendus en trame sonore, même lorsqu’il est question du moment même de la mort, jamais le discours n’est à ce point lourd ou obscur pour inspirer à lui seul une telle imagerie. L’effet est au final plutôt saisissant, créant un contraste qui vient charger de double-sens un discours somme toute innocent. Au-delà du projet communautaire réel, de l’interaction des gens, Nicolas Clauss s’est ainsi totalement approprié le matériel pour créer une œuvre qui lui est toute personnelle, fidèle à ses propres obsessions et à son propre imaginaire.

Bref, Un palpitant est une œuvre dont le contenu audio permet de replonger dans une expérience intergénérationnelle des plus intéressantes – mais il n’en demeure pas moins que, visuellement, elle nous entraîne dans un univers signé 100% Nicolas Clauss.

[1] Leborgne, Corinne (2006) «Un palpitant: les saisons du coeur», sur Sextant. En ligne: http://www.sextant-revue.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=249&Itemid=136 (consulté le 3 août 2010)

[2] Crispel, Aude (11/03/2008) «Nicolas Clauss, un coeur qui bat», sur poptronics. En ligne: http://www.poptronics.fr/Nicolas-Clauss-to-be-Or-not-toupie (consulté le 3 août 2010)

The Ornemental Pack

The Ornemental Pack est une vitrine artistique attribuée au Lab 404. Il s'y trouve différentes pages où s'affichent des oeuvres abstraites dont la forme rappelle celle d'une mosaïque. À un rythme régulier, l'oeuvre évolue, les couleurs changent et les formes se déplacent. Le tout est accompagné de musique. Ces oeuvres génèrent un nombre impressionnant de possibilités visuelles.

MapMaker

Mapmaker est une oeuvre d'art génératif grâce à laquelle la page Web qui s'affiche à l'écran de l'internaute se modifie sans cesse, d'elle-même, sans qu'aucune intervention ne soit nécessaire. Le rendu des images générées évoque des cartes géographiques, notamment par leur aspect géométrique, mathématique.

 

 

SCIgen - An Automatic CS Paper Generator

SCIgen - An Automatic CS Paper Generator est, comme son titre l'indique, un générateur de textes académiques. L'internaute est appelé à taper le nom d'un ou plusieurs auteurs de l'article qui sera généré. Il a par la suite accès à un texte adoptant une forme académique, traitant de sujets reliés à l'informatique. Le logiciel génère le texte, des graphiques explicatifs, ainsi que des notes de bas de page. Sur la page de présentation du générateur, la section "Examples" relate l'anecdote suivante: en 2005, les créateurs du logiciel ont soumis une proposition de communication au WMSCI, qui a été acceptée temporairement en tant que "soumission non-revisée". Par la suite, ils ont payé les frais d'inscription de 390$, mais ont été remboursés, les organisateurs ayant flairé l'arnaque. Cela démontre tout de même que cette oeuvre d'art génératif parvient à simuler de façon relativement efficace les standards de présentation des travaux académiques, ainsi que les contenus parfois sybillins qui s'y trouvent.

Neo City embarque l'internaute dans un voyage à travers une ville futuriste montée de toute pièce sous la direction de Hao Ai Qiang (textures et lumières). Passant d'abord au travers de diverses structures métalliques très léchées, l'internaute pourra lire les mots «Neo Generation», «Neo Order», «Neo Society»... La ville présentée par la suite présente une architecture rappelant à bien des égards des structures biologiques qui lui confèrent un aspect très léger. Ce qui semble être d'immense baleines mécaniques évoluent avec lenteur entre les édifices, des véhicules se déplacent sur des routes sinueuses et presque désertes. Des petits êtres métalliques s'apparentant à quelque crustacé (et générés par la ville elle-même) se déplacent vers une tour vertigineuse située au centre de la ville. L'un de ceux-ci y entrera et ira «féconder» une sphère. Rapidement, la ville est enveloppée de lumière. La Neo City de Ai Qiang s'offre comme un être ayant sa propre conscience, sa propre biologie (au même titre que la Soft City d'Olivier Ruellet): une cité utopique où l'humanité n'existerait plus.
Bibio's Ambivalence Forest est un projet de création collaborative en ligne mis sur pied par l'étiquette de musique électronique anlgaise Warp Records. Dans cette forêt virtuelle, l'internaute est invité à créer un arbre virtuel qui s'ajoutera à une forêt collective. Pour ce faire, l'internaute peut contrôler un certain nombre de paramètres: hauteur et inclinaison de l'arbre, nombre de branches et de baies, amplitude de déploiement des branches, et couleur du tronc d'arbre et des baies. Il est également possible de générer automatiquement un arbre en sélectionnant l'option "random tree". La création de l'arbre s'effectue en écoutant des extraits passés en boucle de la plupart des titres du dernier album de Bibio, Ambivalence Avenue. L'internaute peut choisir la pièce de l'album et le volume de diffusion de la musique. Finalement, il est possible d'explorer la forêt une fois sa création terminée.
Edward Amiga est un hypertexte de fiction. Certains mots sont soulignés et font apparaître des fenêtres intempestives dans lesquelles il y a des images, des informations supplémentaires, des textes animés et des liens vers d'autres sites Internet. À un certain moment, il s'agit en quelque sorte d'une conversation entre père et fille; nous avons l'option d'écrire un courriel à l'un d'eux, de la part de l'autre. Le personnage principal invente une machine à générer des pièces musicales.
P-Soup est une oeuvre qui permet à l'internaute de créer des images abstraites en mouvement à partir « d'ondes » colorées. En cliquant avec son curseur dans l'espace de création, l'internaute crée une oeuvre visuelle qui s'accompagne de sons plus ou moins aigus, selon la position de son curseur dans l'écran.
Le site de poésie érotique d'un personnage fictif, Marc Hodges, dédicacé à un autre personnage fictif, Gilberte, dans le cadre du projet "La Disparition du Général Proust" (ou encore, HyperFiction).
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