Disquettes 3.5 pouces

Rosenberg, Jim: Diffractions Through

Diffractions Through (ou Diffractions Through: Thirst weep ransack (frailty) veer tide elegy) est un long poème hypermédiatique de Jim Rosenberg, programmé sur Oracle. Le poème est constitué de huit «grappes» ("clusters") reliées entre elles par des connecteurs logiques empruntés à la notation syntaxique, chaque «grappe» remplissant ainsi une fonction déterminée au sein de l'ensemble (verbe, modificateur, etc.). Pour naviguer dans le poème, le lecteur doit d'abord cliquer sur une «grappe», ce qui permet d'en faire apparaître simultanément tous les contenus: chaque «grappe» se présente ainsi avant tout comme un enchevêtrement de mots, les vers se superposant les uns aux autres jusqu'à en être illisibles. Toutefois, en passant le curseur de la souris au-dessus d'un des six rectangles situés au bas de la fenêtre de lecture, le lecteur peut appeler une à une les différentes strates textuelles constituant la «grappe», ce qui permet de les lire. Il est à noter que plusieurs strates contiennent elles aussi des connecteurs logiques, ce qui renforce la nature profondément syntaxique et systématique de l'écriture de Rosenberg.

Le style de Rosenberg dans Diffractions Through se rapproche de la technique du flux de conscience (stream of consciousness): les thèmes s'enchaînent à grande vitesse et se chevauchent, suivant une multitude de déviations imprévisibles. Bien que l'ensemble soit quelque peu hermétique, les images évoquées par Rosenberg (violence, sexualité, soumission, nature, exil) suggèrent une étrange traversée de territoires émotifs tourmentés, où le corps de l'autre, parfois rabaissé au statut d'esclave, devient le lieu de cristallisation des désirs du narrateur absent.

Rosenberg, Jim: The Barrier Frames

The Barrier Frames (ou The Barrier Frames: Finality crystal shunt curl chant quickening giveaway stare) est une collection de neuf poèmes hypermédiatiques de Jim Rosenberg. Chaque poème se présente d'abord comme un enchevêtrement de mots illisibles: les vers existent dans la simultanéité et la superposition, créant un effet de «grappe» ("cluster") noircissant l'écran. (Notons qu'un poème peut être composé de plusieurs «grappes»; la «grappe» apparaissant en surface au début de chaque lecture est sélectionnée aléatoirement.) En plaçant son curseur sur le poème, le lecteur détache toutefois les strates textuelles les unes des autres et peut alors les visualiser une à une, à la manière de fiches empilées; il suffit de promener le curseur de la souris sur les coins des fiches cachées pour les ramener à la surface.

De par l'enchevêtrement des mots qui les composent, les poèmes de Rosenberg interrogent formellement les notions de lisibilité et de temporalité linéaire du texte. Quant au vers lui-même, le style de Rosenberg s'avère au premier abord extrêmement hermétique: les mots se succèdent et s'agglutinent pour créer des images vagues, souvent violentes, mais la structure syntaxique de l'ensemble fait peu de sens. Toutefois, au bout d'un moment, l'accumulation des images parvient à évoquer un univers riche où il est question de chamanisme, de sacrifices rituels, du culte du cargo et d'équilibre magique, quelque part peut-être à la limite entre civilisations anciennes et modernité forcée, aux frontières inquiètes de la Conquête du Nouveau Monde.

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