Choix

Moriarty, Megan: Answers Fumbling Through a Wind Tunnel

Answers Fumbling Through a Wind Tunnel est un poème hypertextuel de Megan Moriarty. Chaque lexie se présente de la même manière: un premier vers incomplet occupe le haut de la lexie. Juste en bas, quatre alternatives pour compléter le vers renferment quatre hyperliens vers d'autres lexies. Le parcours du lecteur est ainsi déterminé par ses choix, par les images poétiques qu'il préfère. Par exemple, à la suite du vers incomplet «November is», le lecteur pourra répondre «a tea bag steeping», «two spooning elegies», «long and bony» ou «branches made of reaching».

Les images invoquées par Moriarty dans Answers Fumbling Through a Wind Tunnel suggèrent l'amour et le désir, la solitude et l'automne.

Grant, Céleste: Site dont vous êtes le héro

Site dont vous êtes le héro joue sur les réinterprétations d’un même sujet. L'artiste s'est filmé faisant une culbute devant un tulle bleu. Cela lui a ensuite permis de pouvoir changer le fond d’écran tout en conservant le même mouvement. S’inspirant des livres dont vous êtes le héro et des récits hypermédiatiques, deux choix sont offerts à la fin de chaque tableau - nouveau décor, nouveau mouvement, vitesse différente, effets spéciaux. La musique qui accompagne les tableaux est une reprise du même thème et est différente pour chacun des choix. Chaque choix en amenant deux nouveaux, l’internaute devra rejouer «l’aventure» plusieurs fois pour voir l’entièreté du travail de l’artiste.

L’œuvre fait partie de l’Anneau Magique, répertoire indexant une vingtaine de sites d'artiste. En faisant faire un tour horaire à son curseur, l'internaute fait apparaître un anneau qui permet d’aller visiter les autres sites repertoriés sur l'Anneau.

Lacher, Mike: Like Fighter

Like Fighter est une application Facebook créée par Mike Lacher qui permet à l'internaute d'exprimer ses préférences sur une multitude de sujets. Le principe est on ne peut plus simple: l'internaute doit d'abord se connecter à Facebook et autoriser l'application à accéder à ses informations de base. Ensuite, sur une page noire, on lui donne le choix entre deux éléments sélectionnés au hasard, par exemple: "THE BRAT PACK", "SNOW", "RIDING LANMOWERS", "COMMUNISM", "BRUCE WILLIS AS JOHN MCCLANE", "GERALDINE FERRARO"... L'internaute doit cliquer sur le bouton "Like" situé sous l'élément qu'il préfère. Une entrée est alors ajoutée sur le mur de son Facebook indiquant qu'il aime "cylons more than Communism", ou "colonizing the moon more than Styx", etc., selon la question qui lui était posée. L'internaute a aussi la possibilité de sauter une question s'il n'a pas envie de lui répondre. Cette oeuvre de Lacher met en évidence le choc des différentes sphères culturelles sur le Web tout en questionnant l'utilisation que nous en faisons: les zombies ou la Guerre des Deux-Roses? Stephen Hawking ou Sega Dreamcast?

Awkward Silence Games: One chance

One Chance est un jeu vidéo développé par un designer anonyme produisant ses oeuvres sous le nom Awkward Silence Games. L'internaute incarne un chercheur médical ayant découvert un remède contre le cancer, qui est propagé à l'ensemble de la population mondiale par dissémination gazeuse. Il s'avère rapidement que le traitement attaque non seulement les cellules cancéreuses, mais aussi toute forme de vie sur terre. L'extinction de la vie sur terre surviendra dans six jours. L'internaute devra donc, au cours de ces six journées, effectuer des choix: lors de l'annonce de la découverte du traitement, ira-t-il fêter son succès scientifique ou restera-t-il travailler? Lorsque l'on découvre que le traitement est néfaste, se laissera-t-il gagner par la panique, passera-t-il du temps avec sa famille, prendra-t-il la clé des champs avec une assistante de laboratoire? Ou choisira-t-il plutôt de persévérer dans la recherche d'un traitement, de chercher à réparer son erreur? L'interactivité du jeu vidéo est réduite au minimum (l'internaute peut faire déplacer de gauche à droite son avatar et appuyer sur la barre d'espacement pour effectuer ses choix), et il serait plus exact de décrire One Chance comme un récit interactif que comme un jeu vidéo. Toutefois, un des aspects du jeu mérite considération: on ne peut jouer qu'une seule fois à One Chance, puisque le jeu reconnaît l'adresse IP de l'internaute, et fera réapparaître la fin du jeu atteinte lors de la partie initiale à chaque fois que l'internaute voudra recommencer son expérience de jeu. One Chance est donc un titre équivoque: non seulement il décrit la prémisse narrative du jeu, mais aussi, à un niveau méta-ludique, il annonce que l'expérience de jeu sera singulative.

Do You Want Love or Lust? est une œuvre de l’artiste français autodidacte Claude Closky, commandée par le Dia Center for the Arts en 1997. Il s’agit d’une œuvre-collage constituée d’une collection de questions portant sur la carrière, la politique, l’amour, l’argent, les relations sociales, l’alimentation, le sexe, etc. tirées de tests publiés dans des magazines réels.

Lorsque l’internaute accède au site Web de l’œuvre, la première question, qui est aussi le titre de l’œuvre, est inscrite en rouge sur fond rose, au milieu de l’écran: «Do you want love or lust?» Les mots «love» et «lust» sont soulignés et clignotent dans le texte, invitant l’internaute à cliquer sur l’un d’eux pour indiquer son choix. Chacun de ces choix-réponses est en fait un hyperlien qui ouvre sur un nouvel écran contenant une nouvelle question, présentée selon le même principe: la question est inscrite simplement sur un fond de couleur uniforme et les deux choix de réponses sont soulignés pour indiquer la présence de nouveaux hyperliens. Parfois, une image accompagne le texte, mais seulement lorsque celle-ci est nécessaire à la compréhension de la question. L’esthétique est donc minimaliste, «pop» et légère: couleurs vives et joyeuses, police de caractère uniforme d’un écran à l’autre pour une lisibilité maximale, absence de décorations superflues. Légèrement kitsch dans sa présentation, le questionnaire qui constitue l’œuvre est d’une extrême convivialité. Toutefois, au fur et à mesure que l’internaute avance dans son expérience de l’œuvre, la disparité des thèmes abordés dans les différentes questions fait apparaître l’absurdité de l’entreprise. Ces questions sont-elles seulement liées par un quelconque fil logique? Si les changements périodiques des couleurs en fond d’écran peuvent laisser croire à une certaine division par catégories, celles-ci deviennent rapidement suspectes, reposant davantage sur le besoin de sens de l’internaute comme lecteur que sur une organisation réelle de l’information qui défile à l’écran. Qui plus est, le questionnaire de Closky est privé de sa conclusion logique: même si l’internaute passe des jours eà répondre aux questions qui se succèdent, jamais il ne peut atteindre une quelconque fin. Les résultats ne sont pas compilés et n’ouvrent sur rien, privant l’internaute de l’instant de révélation promis par les tests auxquels les questions de Do You Want Love or Lust? ont été empruntées. Closky revient ainsi à un de ses thèmes favoris, soit la liste pour la beauté de la liste, l’énumération trouvant en elle-même sa propre finalité. L’hyperlien dans Do You Want Love or Lust? est une parodie de lui-même [1], un simple procédé pour parcourir une liste autrement dépourvue de logique interne.

Bref, le temps que passe l’internaute dans l’œuvre est rythmé par les clics stériles de sa souris et révèle le caractère illusoire de sa liberté comme agent. En présentant ainsi une véritable enquête sur la nature du libre-arbitre [2] sous le couvert d’une entreprise de découverte de soi, Closky s’attaque directement à notre besoin de différenciation. Frustré dans ses attentes, l’internaute n’a qu’un seul choix: fermer son fureteur, quitter l’œuvre, abandonner. Même si l’apparence générale de l’œuvre et les thèmes abordés dans les différentes questions suggèrent une certaine légèreté de l’ensemble («When was the last time you went to a club, yesterday or a century ago?», «Do you see life as blue or pink?», «What's your best profile, right or left?», etc.), le sentiment qui persiste au sortir de l’œuvre est donc amer:

When frustration wells up, the only option is to quit, yet in doing so the temptation to dismiss the whole enterprise as meaningless, as a pointless game, a mere jest, never quite carries conviction. For, by hesitating, deliberating, and pondering one has already invested time, activated desire, and flirted with the possibility of revelation... [3]

Do You Want Love or Lust? est au final une œuvre duale. Légère et ludique d’une part de par son contenu et la naïveté de l’entreprise de recension qu’elle propose, elle n’en demeure pas moins d’autre part révélatrice de nos névroses et de nos quêtes de sens déçues.

[1] et [2] Blair, Dike (11/2003) «Openings: Claude Closky - Critical Essay», ArtForum. En ligne: http://findarticles.com/p/articles/mi_m0268/is_3_42/ai_110913977/ (consulté le 14 octobre 2009)

[3] Cooke, Lynne (1997) «Introduction to Claude Closky's "Do you want love or lust?"», Dia Center for the Arts. En ligne: http://awp.diaart.org/closky/intro.html (consulté le 14 octobre 2009)

Ferris Wheels est un hypertexte formé de 16 noeuds et d'un poème animé. Le thème principal est la grande roue dans laquelle se trouve l'héroiïne qui vient d'être demandée en mariage. Le texte peut être lu de manière linéaire ou non linéaire, selon la volonté du lecteur. Le site propose une carte récapitulative de l'hypertexte. La grande roue offre une vision symbolique, à la fois du choix que doit faire l'héroïne, mais aussi de la structure de l'hypertexte.
Cette oeuvre propose à l'internaute de choisir entre deux mots: à chaque mot est assignée une moitié du fureteur dans laquelle des images associées au concept défilent. On entend également la superposition de deux trames sonores correspondant à chacun des termes. Les associations de termes sont générées aléatoirement et sont lancées soit par le clic de l'internaute, soit automatiquement si aucun clic n'a été détecté après un certain moment.
Dans «Lyre», l'internaute doit passer le curseur de la souris sur un poème déjà existant. Les mots sur lesquels il cliquera seront transposés dasn une autre fenêtre où le poème de l'internaute sera affiché. Il peut imprimer sa création et télécharger l'application pour l'utiliser hors-ligne.
L'oeuvre constitue une réflexion sur la solitude. L'internaute peut envoyer une phrase ou un texte sur ce thème, qui sera intégré à l'oeuvre. Il a aussi accès aux textes envoyés par les autres internautes. Il peut également cliquer sur le mot « solitude », ce qui déclenchera une série de fenêtres pop-up contenant des réflexions de l'artiste sur ce thème.
Cette oeuvre propose à l'internaute de choisir entre deux mots: à chaque mot est assignée une moitié du fureteur dans laquelle des images associées au concept défilent. On entend également la superposition de deux trames sonores correspondant à chacun des termes. Les associations de termes sont générées aléatoirement et sont lancées soit par le clic de l'internaute ou automatiquement si aucun clic n'a été effectué après un moment.
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