Biographie

Côté, Mario: Mario Côté

Vitrine de l’artiste et chercheur Mario Côté. Il s’agit d’un curriculum vitae Web, où l’on retrouve les archives de ses différents travaux: peintures, vidéos et autres réalisations artistiques [1]. S’y trouve également un résumé académique énumérant les groupes de recherche dont le chercheur a fait partie et répertoriant ses écrits publiés.

Le site se distingue par son élégance, qui est redevable à son esthétique simple et épurée et renchérie par une navigation claire et fluide.

[1] Les archives ne sont pas entièrement disponibles en date d’écriture de ces lignes.

Peoples, Jean-Pierre Balpe, Grégory Chatonsky

Peoples crée des personnages imaginaires à partir d’un générateur de textes et d’images prises sur Flickr. L’œuvre s’ouvre sur une photographie sur fond noir d’une foule sur une place pavée. Les gens sont vêtus d’imperméables ou portent des parapluies. Dans le coin supérieur gauche s’affiche un nombre en blanc, qui devient plus élevé à chaque fois que l’œuvre est activée en cliquant sur l’image. Après l'activation, un chiffre blanc apparaît et «+ 1 people» clignote en bleu avec un bruit de cloche et un grésillement, son qui accompagne le changement des mots dans la partie inférieure centrale de l’écran. Parmi les mots qui se succèdent, certains s’arrêtent et apparaissent en bleu. Des photos apparaissent aussi successivement au centre de l’écran avec des «flashs» blancs et un bruit d’appareil photo. Le tout dure environ une minute, après quoi les images cessent, ne laissant que les «flashs» blancs, le son de grésillement et les mots. Lorsque ceux-ci s’interrompent à leur tour, la biographie de l’individu virtuel qui vient d’être créé apparaît en fondu et disparaît aussitôt. On revient ensuite au chiffre en blanc et le «+ 1 people» du début. L’œuvre recommence tant qu’elle demeure ouverte.

Bärtås, Magnus : Who is...?

Union des portraits d'artistes créés par le Suédois Magnus Bärtås et de l'adaptation multimédia de ces portraits par l'Agence TOPO, la version Web de Who is...? permet à l'internaute à la fois de naviguer dans les biographies de Dimitris Houliarakis, Eva Quintas, Johnnie Walker, Nils Thornander et Zdenko Buzek, et d'en créer de nouvelles, en téléchargeant une photographie et des informations diverses sur la personne de son choix. Les portraits déjà présents allient textes, photographies et vidéos, et se divisent en quatre catégories: factual, formal, unexpected et experienced. Une telle entreprise permet d'aborder les questions de l'identité sur le Web, de son inévitable «googlisation».

Machines à écrire est un CD-ROM conçu et réalisé par Antoine Denize, paru chez Gallimard en 1999. Il aura fallu quatre ans à Denize pour compléter ce projet pendant ses temps libres avec l’aide de Bernard Magné (conseil éditorial). Portant sur la littérature combinatoire, Machines à écrire renferme différentes adaptations d’œuvres de Raymond Queneau et Georges Perec et présente d’importants volets éducatifs et ludiques complémentaires pour approfondir le sujet. (Les adaptations sont l’œuvre de Denize; l’aspect éducatif et les exposés complémentaires ont été développés par Magné.)

Le contenu du CD-ROM se divise en huit modules. Dans le premier module, «La galaxie combinatoire», l’utilisateur peut explorer différents textes explicatifs sur la littérature combinatoire et accéder à des exemples tirés d’œuvres célèbres de toutes les époques. Sept ensembles principaux divisent le contenu de ce module: «Littérature factorielle», qui porte essentiellement sur les permutations, «Un texte peut en cacher un autre», «Littérature exponentielle», «Littérature ambulatoire», «Les précurseurs» et, finalement, un «Index» qui permet de naviguer à travers les exemples disponibles par auteur (une quarantaine au total), par texte ou par procédé. Le deuxième module, «Cent mille milliards de poèmes», présente différentes adaptations hypermédiatiques de l’œuvre du même nom de Queneau. Quatre modes d’exploration sont offerts à l’utilisateur: «Chrono», qui crée un poème en fonction de l’heure affichée sur l’ordinateur de l’utilisateur, «Perso», qui calcule un poème à partir d’un mot soumis par l’utilisateur, «Mot à mot», qui permet de permuter manuellement les vers des 10 sonnets de Cent mille milliards de poèmes, et «Bingo», jeu dans lequel l’utilisateur doit essayer de reconstituer les sonnets originaux à partir de sonnets mélangés. Le troisième module, «Les notices de Cent mille milliards de poèmes», contient du matériel éducatif sur l’OuLiPo. On y présente entre autres le mode d’emploi du livre original Cent mille milliards de poèmes, des anecdotes sur sa rédaction et sa fabrication, de même que des extraits musicaux inspirés de l’œuvre. Le quatrième module présente une adaptation de «Un conte à votre façon» de Queneau. L’utilisateur voit le conte apparaître paragraphe par paragraphe dans un cahier virtuel et influence par ses choix la construction de celui-ci. À la fin, il est possible d’écouter le conte, illustré au fur et à mesure par différents objets s’animant à l’écran (des billes, des bouts de bois, etc.). Le cinquième module est un module biographique intitulé «7 vies brèves de Monsieur Raymond Queneau». Diverses anecdotes sur la vie de Queneau, tirées d’écrits de ce dernier, sont présentées en fonction de sept modèles: biographie «Déceptive», biographie «Textuelle», biographie «Astrologique», biographie «Décennale», biographie «Cosmique», biographie «Elliptique» et biographie «Pélagique». Le sixième module, intitulé «243 cartes postales en couleurs véritables», est une adaptation hypermédiatique de l’œuvre du même nom de Perec. L’utilisateur peut y visualiser les 243 cartes postales de Perec (recto et verso) et entendre une voix les lire, en fonction de quatre variables déterminées par la position du curseur de la souris sur l’écran: voix de l’expéditeur ou du destinataire, sons d’ambiance du lieu d’origine de la carte ou de sa destination. Un jeu permet à l’utilisateur de fabriquer ses propres cartes postales (texte et dessin). Le septième module, «La recette des 243 cartes postales en couleurs véritables», présente étape par étape les procédés utilisés par Perec pour rédiger son œuvre. L’exposé est narré par Bernard Magné. Finalement, le huitième module, «La biographie alphabétique de Georges Perec», permet de naviguer à travers 286 textes différents traitant de Perec. Chaque texte est associé à un mot. Il y a onze mots différents pour chaque lettre de l’alphabet. Tous ces modules sont accessibles à partir de deux sommaires: le sommaire «Raymond Queneau» et le sommaire «Georges Perec».

Sur le plan esthétique, les modules des Machines à écrire de Denize et Magné se différencient les uns des autres grâce à l’utilisation d’environnements thématiques distincts: le cahier et les jeux de la petite école pour le «Conte à votre façon», le tableau bleu des ingénieurs pour «La recette des 243 cartes postales en couleurs véritables», etc. L’utilisateur doit retourner à un des deux sommaires pour passer d’un module à l’autre, qui ne communiquent autrement pas entre eux. L’aspect éducatif du CD-ROM est assuré par les nombreux exposés didactiques qui le ponctuent. Par contre, il est facile pour l’utilisateur de passer par-dessus ces exposés ou d’en accélérer le déroulement, selon les connaissances qu’il possède déjà sur le sujet. Quant à la dimension ludique des Machines à écrire, de nombreux jeux sont répartis dans les modules. L’utilisateur peut ainsi expérimenter différents procédés par lui-même. Parmi ces jeux, on retrouve entre autres un «Petit Traitement de texte factoriel», qui permet de permuter n’importe quel texte selon une multitude de paramètres, l’«Eodermdrome à la portée de tous» et la «Loterie lexicale». De plus, la plupart des sections qui offrent à l’utilisateur la possibilité de composer des textes, de manipuler des poèmes ou de créer des dessins de cartes postales possèdent des fonctions pour imprimer ou sauvegarder les résultats apparaissant à l’écran.

La manipulation de toutes les fonctions et potentialités du CD-ROM demande un effort certain de la part de l’utilisateur. La navigation n’est pas conçue pour être instinctive et il est souvent nécessaire de se référer au livret qui accompagne le CD-ROM pour apprendre à en maîtriser le fonctionnement. D’ailleurs, lorsqu'un utilisateur essaie d’accomplir une action qui n’est pas soutenue par le CD-ROM (par exemple, en cliquant là où il n’y a pas de lien ou en appuyant sur des touches au hasard), un générateur d’insultes conçu par Magné interrompt la navigation pour prendre à partie l’utilisateur délinquant.

Bref, il s’agit d’une ressource très riche, dans la plus pure tradition encyclopédique de la maison Gallimard. Le sujet des Machines à écrire se prête d’ailleurs très bien à un tel traitement:

Choisir la littérature combinatoire comme sujet d’un CD-ROM ne relève pas d’un goût un tantinet pervers pour les textes marginaux ou peu connus (quoique…). C’est tout simplement prendre en compte l’exceptionnelle adéquation entre un mode spécifique d’écriture et les propriétés particulières d’un support : tout se passe comme si, avec le multimédia, la littérature combinatoire avait enfin trouvé les dispositifs techniques qu’elle suggérait et exigeait. [1]

Denize et Magné ont, dans un sens, réinscrit avec brio l’OuLiPo dans le mouvement de l’OudInPo (Ouvroir d’Interactivité Potentielle) [2].

[1] Magné, Bernard (2000) «Machines à écrire, machine à lire», Études françaises, vol. 36, no 2, p. 126. En ligne: http://www.erudit.org/revue/etudfr/2000/v36/n2/005258ar.pdf (consulté le 3 novembre 2009)

[2] Ab., C. (1999) «Machines à écrire: l'Oulipo sur cédérom», NRP Nouvelle Revue Pédagogique, no 526 (novembre). En ligne: http://www.nrp-college.com/mag/coi0030.pdf (consulté le 3 novembre 2009)

Ce site Web est la page officielle de l'actrice Jayne Dennis, vedette du grand écran ayant participé à plusieurs superproductions hollywoodiennes et à qui on prête des relations avec l'acteur Keanu Reeves et le rappeur Q-Tip. En réalité, Jayne Dennis n'existe pas et n'a jamais existé: elle est l'invention de l'écrivain américain Bret Easton Ellis qui, dans son roman autofictif Lunar Park, partage la vie de cette actrice imaginaire. La création de ce site avant le lancement de son roman a eu pour effet de pousser la supercherie d'Ellis un peu plus loin. En effet, le lecteur du roman, surpris de ne jamais avoir entendu parler de cette actrice présentée comme une grande vedette, pourrait être tenté de faire une recherche sur le Web afin d'en apprendre plus sur celle-ci, découvrant ainsi cette page (qui est reliée au micro-site mis en ligne au moment du lancement de Lunar Park). Ce site est donc une extension sur le Web du roman de l'auteur américain qui réussit momentanément à entretenir le flou entre réalité et fiction grâce à cette page, inventée pour l'occasion.

Anciennement hébergé au http://www.jaynedennis.com/index.html, le site n'est aujourd'hui plus en ligne. On peut toutefois encore en consulter une copie sur Internet Archive. Pour plus de détails, voir la fiche média.

Tom Drahos promène le spectateur dans les dédales labyrinthiques de l’univers kafkaïen, où le roman Le château, revient à plusieurs reprises comme le point d’ancrage de l’hypertexte. L’artiste contemporain nous présente la vie de Kafka à travers les rues de Prague, son album de famille et un texte socio-biographique.
L’homme est aussi raconté en images. Celles-ci font références aux deux derniers siècles de l’histoire de Prague et relatent ses modes, ses gens, ses mouvements. C’est tout un voyage à l’écran dans le Prague d’hier à aujourd’hui qui se déploie sous les yeux du spectateur au cours de cette promenade hypertextuelle.
Parl est le site personnel de Fred Griot. On y trouve de la poésie, des performances, des œuvres hypermédiatiques, des vidéos et du son. Le site est divisé en plusieurs catégories permettant à l’internaute de découvrir l’univers et la production de cet artiste. La section note fait accéder à son blogue, intitulé « Refonder: Blog notes d’écriture ». Fred Griot participe aux sites remue.net et publie.net où l’on peut trouver quelques-unes de ces œuvres.
Ce mini-site, conçu par Julie Potvin dans le cadre du Cycle Chaplin, propose à l'internaute de découvrir l'homme qu'était Charlie Chaplin par un aperçu de ses longs-métrages. L'internaute pourra visionner des extraits du Kid, du Dictateur et des Temps modernes. En parcourant les éléments des trois menus, les images qui s'y trouvent changeront et présenteront des citations de Chaplin ainsi que des éléments biographiques.
My life in records est un court récit graphique de Grant Thomas qui illustre l'importance de la musique dans sa vie, musique qu'il va d'abord écouter puis produire lui-même. L'utilisation par l'internaute du logiciel Infinite Canvas, qui permet d'effectuer des transitions latérales animées entre les planches, assure une expérience de lecture fluide.
« Die Die Die Beauty » est une performance Web réalisée dans le cadre du projet « Breaking Solitude » d'Annie Abrahams. Ce dernier consiste en une série de performances hypermédiatiques diffusées dans le salon virtuel du site Panoplie.org. Les artistes performent en direct via une webcaméra pendant que les internautes discutent en temps réel grâce à une fenêtre de chat. Comme par exemple dans le cas de Stromajer, un homme et une femme se présentent à l'écran. L'un joue le rôle « miroir » du spectateur, dégustant des croustilles et portant un casque d'écoute pendant que l'autre raconte la vie de l'artiste, Igor Stromajer, qui brille par son absence.
Le site d’« Henri Gwiazda » est une vitrine qui se présente sous la forme d’une oeuvre hypertextuelle interactive. L’internaute doit d’abord envoyer une photographie de lui. Il explore, par la suite, les créations de l’artiste Henry Gwiazda tout en répondant à des questions qui lui sont posées au cours de son exploration. À la fin, ses réponses sont compilées et juxtaposées à sa photographie fragmentée, devenant pour un instant une partie de l’œuvre.
Shapiro, Annie: No Soup, Just Matzo Balls

Texte narratif avec hyperliens dans lequel une vieille dame de 90 ans raconte sa vie, en photos et en commentaires. Anciennement hébergée au http://bubbe.com/oomph/nsjmb/index.html, l'oeuvre demeure accessible sur Internet Archive. Pour plus de détails, voir la fiche média.

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