Base de données/répertoire

Johnston, David Jhave: MUPS

MUPS (contraction de MashUPs) est un moteur de mixage sonore en ligne créé par l'artiste David Jhave Johnston. MUPS permet de mixer jusqu'à 32 fichiers audio simultanément.

L'interface de MUPS est divisée en deux parties. Sur la droite, un carrelage de tuiles noires permet à l'internaute d'aller chercher les fichiers audio à mixer. Chaque tuile correspond à un fichier; lorsque l'internaute survole une tuile du curseur de sa souris, une description du fichier associé apparaît. Il suffit de cliquer sur la tuile pour ouvrir ce dernier. Les fichiers ouverts par l'internaute sont listés dans la partie gauche de l'interface. Une fois qu'un fichier a été ouvert une première fois, il est possible d'en interrompre ou d'en reprendre la lecture en cliquant sur sa tuile. En plaçant le curseur de sa souris sur un des fichiers listés et en utilisant les flèches ↑ et ↓ de son clavier, l'internaute peut aussi en contrôler le volume de lecture. Un contrôle placé dans un cercle, dans le coin supérieur gauche, permet quant à lui de gérer le volume du remix en entier, tous fichiers confondus. Deux types de mixage sont possibles: sans la fonction «WEAVE» (tous les fichiers jouent alors simultanément) et avec la fonction «WEAVE». La fonction «WEAVE» permet de passer d'un fichier audio à l'autre dès qu'un silence d'une certaine durée se fait entendre. L'internaute peut contrôler plusieurs paramètres de la fonction «WEAVE»: seuil, tolérance, durée de la pause.

Au moment d'écrire ces lignes, MUPS était alimenté grâce à la banque de poèmes du site Web PennSound, associé au centre d'écriture contemporaine de l'Université de Pennsylvanie.

Deck, Andy: Crow Sourcing

Crow Sourcing est un projet d'Andy Deck qui utilise le principe du crowdsourcing (aussi appelé collaborat ou externalisation ouverte) pour explorer les origines et les significations de diverses expressions se rapportant à des animaux. L'interface de navigation du site est composée de plusieurs sections: sous le titre, une série de liens renvoient vers de l'information sur le projet et vers les principales fonctionnalités interactives («feeds», «download», «submission», «share»). Juste en bas, une barre présente en rotation continue les tweets envoyés sur CROW_SOURCING, le compte Twitter du projet. Au centre de l'écran, plusieurs icônes présentant des silhouettes d'animaux permettent d'ouvrir les fenêtres où les expressions qui les concernent sont répertoriées et discutées. Finalement, sur la gauche, une liste d'expressions renferment des liens vers ces mêmes fenêtres, offrant une deuxième porte d'entrée vers le contenu principal du projet.

Ce sont les internautes qui sont invités à nourrir le site en soumettant des expressions qui les intriguent, en fournissant leurs propres explications et théories à propos d'expressions se retrouvant déjà sur le site ou en partageant l'oeuvre sur leurs réseaux sociaux afin d'attirer d'autres participants. Il est à noter que l'artiste offre des calendriers téléchargeables reprenant certaines des expressions les plus intéressantes mises au jour sur Crow Sourcing.

Le projet existe aussi en application mobile Android.

Gache, Belen: Word Market

Word Market de Belen Gache est un site Web qui émule les pratiques des marchés financier et intellectuel actuels en proposant l'achat et la revente de mots de la langue anglaise. L'artiste pose ainsi un discours sur l’acquisition de biens et d’idées qui a cours dans le système capitaliste occidental.

Afin de pouvoir réaliser des transactions, l’internaute doit tout d'abord s’inscrire sur le site.  Une fois cela fait, il se voit attribuer 10 000 Wo$, des Wollars (contraction de word et  dollars), unité monétaire utilisée par le site. Il est alors possible d’acheter des mots en sélectionnant les offres du jour ou encore en recherchant les mots de son choix par le biais du moteur de recherche. Une fois qu'un mot est sélectionné, un graphique montre la valeur du mot depuis la mise en ligne du site, comme c'est le cas avec les valeurs boursières. Si le mot a déjà été acquis par un autre individu, il est possible de lui faire une offre, qui lui sera envoyée par courriel, afin de lui racheter.

Lors de l’achat d’un mot, un certificat en format PDF est émis au nom de l’acheteur afin de prouver qu’il est désormais propriétaire du mot. Ainsi, il peut demander des redevances à quiconque utilise ce mot. (D’ailleurs, les mots «the» et «a», très utilisés dans la langue anglaise, sont dans les plus onéreux, avec plus de 2000 Wo$.) Une page Web d'avertissement est d'ailleurs créée pour l'acheteur, lui permettant d'avertir quiconque utilisant le mot sans autorisation que des actions légales sont possibles s'il ne respecte pas ses droits de propriété.

Smith, Greg J.; Loyer, Erik: Critical Sections

Critical Sections est un projet qui s'inspire de la méthodologie de The Manhattan Transcripts de Bernard Tschumi (1978; 1981) pour explorer différentes représentations de Los Angeles. Toutefois, là où Tschumi utilisait le skyline new-yorkais pour explorer la ville, Greg J. Smith lui préfère la figure de la maison, associée à la domesticité.

Critical Sections propose d'explorer 16 représentations de la ville, présentées à travers 8 maisons prototypes (l'Ennis House, la Gehry House, la Stahl House, etc.) et 8 séquences de films se déroulant à Los Angeles ou ayant Los Angeles comme sujet (Blade Runner, Lost Highway, Sunset Boulevard, etc.). L'interface principale est conçue comme une page vierge où l'internaute peut, à l'aide de sa souris, «tracer» différents plans de maisons prototypes. (Un clic permet de commencer une nouvelle ligne; en jouant avec la longueur et l'orientation du trait, l'internaute voit défiler les plans des différentes maisons prototypes. Il lui suffit de cliquer une seconde fois pour fixer le plan qu'il désire consulter.) Chaque plan renvoie à des séquences de films et à des mots-clefs associés à des textes théoriques. Pour visualiser ces contenus, l'internaute doit jouer avec les options situées en haut de l'écran. À tout moment, l'internaute peut déplacer un plan, l'agrandir ou le réduire, ou encore lui juxtaposer d'autres plans, de manière à former un véritable collage d'information. Il est possible de créer simultanément plusieurs pages contenant plusieurs collages et de les imprimer. Quant à elle, la section «Guide» contient de la documentation sur le fonctionnement de l'interface principale et des différentes options, de même qu'un index complet des contenus, sous la forme d'arborescences interactives navigables.

Le projet a été créé hors ligne en 2008 et rendu disponible en ligne pour la première fois en 2012, dans le Vectors Journal (vol. 3, no 2). Le code source du projet est disponible à même le site Web de l'oeuvre.

Vijgen, Richard: Deleted Cities

The Deleted City est une œuvre conçue pour être exposée en galerie; fait qui est paradoxal, car elle contient une partie importante de l’histoire d’Internet: Geocities.

Geocities fut une plateforme qui marqua un point tournant dans l’histoire d’Internet. Fondée 1994, il s’agissait d’un site d’hébergement de pages Web personnelles, classées dans différents «quartiers» de la ville selon le sujet qu’elles abordaient. En 1999, au pic de l'ère dot-com, Yahoo! acheta Geocities pour 3,67 milliards de dollars. Plus de 35 millions de pages personnelles y existaient au moment où Internet ne comptait que 240 millions d’utilisateurs (comparé au 2 milliard actuels) [1]. En 2009, Yahoo! décida de fermer Geocities et de supprimer l’ensemble des données amassées depuis les 15 dernières années. Cette décision fut vivement critiquée, le site Web ayant joué un rôle importante dans l’évolution et la démocratisation de l’Internet. The Archive Team a alors décidé de lancer un projet afin d’archiver la totalité de Geocities dans les quelques mois précédant sa destruction: ils réussirent à sauver quelque 641 GB de données.

L'artiste Richard Vijgen a utilisé ces données (disponibles en fichier torrent sur le site de The Archive Team) et les a représentées visuellement en restant fidèle à leur structure d’origine, soit sous la forme de la carte d’une ville et de ses nombreux quartiers. L’œuvre se navigue à l'aide d'un écran tactile, permettant de zoomer d’une vue générale jusqu’aux images et fichier HTML des différentes pages. De la musique MIDI est jouée lors de la navigation.

[1] Internet World Stats, Internet Growth Statistic. En ligne: http://www.internetworldstats.com/emarketing.htm (page consultée le 8 août 2012).

Marsh, Zannah: Awkward NYC

Awkward NYC, ou The New York Map of Awkward Social interactions in Public Spaces, est une œuvre qui recense différents moments étranges, personnels et insolites vécus par les habitants (ou les visiteurs) de la ville de New York.

L’œuvre de Marsh utilise Google Map pour permettre à l’internaute de géolocaliser un endroit précis dans la ville par l'ajout d'un marqueur et de raconter une brève histoire s’y étant déroulée. Celle-ci peut être classée selon plusieurs catégories: argument, overheard comment, physical altercation, etc. Une fois l’histoire écrite, catégorisée et étiquetée dans la section «Add your story», elle se retrouve dans la page principale «Map». Lors du clic sur un des marqueurs, l’histoire qui lui est associée s’affiche dans la colonne de droite. Il est possible d’afficher seulement quelques marqueurs sur la carte en les filtrant par catégorie.

Au moment d'écrire ces lignes, la section «Data Viz» n’était pas encore disponible, mais l'artiste promet d’y offrir une visualisation des données complémentaire à la carte de la page d’accueil.

Daniel, Sharon; Loyer, Erik: Blood Sugar

Blood Sugar est la deuxième collaboration entre Daniel et Loyer, la première étant le projet Public Secrets [1]. L'œuvre aborde le sujet délicat de la dépendance à l'héroïne et des problèmes de pauvreté, d'abus, de discrimination, de racisme et d'isolation sociale vécus par les héroïnomanes.

Avec une introduction et une conclusion narrées par Daniel, le noyau central de Blood Sugar est une compilation de témoignages d'héroïnomanes recueillis par l'auteure lors de sa participation bénévole à un programme d'échange de seringues. L'interface suit la métaphore de l'injection intraveineuse, allant du corps jusqu'au noyau de la cellule, afin de faire parcourir à l'internaute les divers sujets abordés. Le premier niveau, le corps, est représenté par une onde ondulatoire et touche aux problématiques sociales soulevées par la consommation d'héroïne. Cependant, l'amplitude de l'onde ne suit pas le volume du clip audio qui l'accompagne, mais plutôt le nombre d'annotations faites par Daniel. Ces annotations circulent autour du «corps» sous la forme de questions, de suppléments d'informations entre crochets et d'extraits tirés du témoignage entendu. Un clic sur ces derniers fait sauter le clip audio au moment d'où est tirée la citation.

Le deuxième niveau, accessible en cliquant au point d'ancrage du corps, amène au niveau cellulaire où sont abordées les problématiques biologiques, physiologiques et psychologiques. Des termes précédés d'un cercle y circulent et permettent de relier des thèmes et des sujets à d'autres témoignages, et ainsi d'accéder à ces derniers. Le troisième et dernier niveau, accessible en cliquant sur la cellule, mène au cœur de celle-ci, où les sujets plus tabous et douloureux sont abordés, tels que les abus sexuels et physiques. Il est possible de revenir au niveau précédent par l'activation de la fonction «zoom out» au bas à gauche.

Le menu situé au bas permet de faire basculer l'œuvre en plein écran, de couper l'audio et d'accéder à un index des sujets abordés. Ce dernier permet de sauter à des moments précis des témoignages ou d'accéder à leurs transcriptions complètes, en plus d'offrir une bibliographie et de l'information sur les options disponibles pour contrer l'usage de la drogue et venir en aide aux héroïnomanes.

[1] Voir la fiche du répertoire sur Public Secrets.

Goldberg, David Theo; Hristova, Stefka: Blue Velvet

Blue Velvet: Re-dressing New Orleans in Katrina’s wake est une œuvre informative sur le bassin social de la Nouvelle-Orléans et sur les conséquences qu'a entrainées l’ouragan Katrina sur la communauté afro-américaine en 2005. Divisée en vingt-quatre chapitres, l’œuvre touche à l’histoire de cette communauté, du début du siècle jusqu’à l’après-Katrina. L'œuvre passe en revue plusieurs sujets, allant de la couverture médiatique de l’ouragan jusqu’aux statistiques de pauvreté selon les secteurs de la ville.

La navigation est simple et fluide. L’internaute accède d'abord à une page où l’on voit un décor urbain et des noms de chapitres défilant dans le haut d'une plage, avec en arrière-fond une ambiance sonore rappelant la mer. Lors de leur déplacement, des mots se dégagent des titres de chapitres, un peu comme de la pluie, et représentent les thèmes qui y sont abordés. Enfin, un lien mobile se déplace dans la fenêtre principale et son activation fait plonger l'internaute dans le décor au bas de l’écran. Sous la «surface», une musique plus rythmée se fait entendre et on peut lire un texte engagé expliquant une réalité répressive ou raciste, culturelle ou législative, affectant la communauté afro-américaine de la Nouvelle Orléans. Au bas, des archives textuelles, photographiques et vidéos défilent, accessibles par un clic. Il est également possible de changer de chapitre en cliquant sur leurs noms situés en-dessous des archives. L’internaute revient à la page principale en cliquant sur «up». À chaque retour, un nouveau chapitre est disponible pour consultation. Ainsi, les chapitres se dévoilent peu à peu, obligeant l'internaute à les consulter un à un. Il est toutefois possible de tous les débloquer grâce à un raccourci clavier.

En cliquant sur «index», l'internaute fait apparaître un petit formulaire de recherche, permettant de trier les entrées selon le type d'argument, de média, de morphème et plus encore.

Freeman, Jason: Piano Etudes

Conçue à l’origine pour des performances devant public, Piano Etudes est une œuvre qui permet à l’internaute de composer des pièces musicales. Le principe est simple: Freeman a créé quatre études, chacune constituée de différents segments ou fragments musicaux reliés entre eux. En performance, le pianiste doit suivre les liens pour exécuter un morceau; dans la version en ligne, l’internaute se voit offrir la même possibilité, à la différence près qu'au lieu de jouer directement les fragments, il les manipule électroniquement.

Les études sont présentées sous la forme d'organigrammes de programmation (flowcharts). Les différentes boîtes contiennent les fragments musicaux, audibles lorsqu'on les sélectionne. En sélectionnant un fragment, l’internaute a la possibilité de l’ajouter à sa création. (Les différents segments choisis apparaissent au bas de l’écran.) Une fois un segment choisi et ajouté, l’internaute ne peut que sélectionner ceux qui y sont liés par des flèches, et emprunte ainsi la même démarche que le pianiste lors de sa performance.

Des options permettent d’afficher les segments musicaux sous la forme d’une partition ou encore d’un rouleau de piano pneumatique, support permettant l’activation d’un piano mécanique. Il est également possible de sauvegarder une étude afin de la partager avec les autres visiteurs du site ou de la télécharger (MP3 ou partition musicale). L'internaute peut également s'inscrire à un flux RSS afin d'être avisé de la mise en ligne d'une nouvelle étude par un utilisateur.

Kessler, Brian: oneword.com

oneword.com est un site de création littéraire exploitant l’aspect collaboratif du Web 2.0. Lorsque l’internaute arrive sur le site, on lui indique la marche à suivre: cliquer sur «Go», lire le mot apparaissant au haut de la page, et écrire pendant soixante secondes ce que ce mot évoque pour lui. Une fois le tout terminé, le court texte écrit par l’internaute est ajouté à ceux des autres participants sous la forme d’un forum. Chaque jour un nouveau mot est choisi, ce qui permet de répéter l’expérience. L’objectif est ici de pratiquer la fluidité lors de l’écriture: écrire plutôt que penser.

Il est également possible de s’inscrire afin d’avoir un profil sur oneword.com, ce qui permet de devenir un membre actif de la communauté et de garder une trace de chacune des entrées faites.

Toxi: base26

base26 est une représentation spatiale et temporelle de 1625 mots de quatre lettres de la langue anglaise. Les mots sont représentés et indexés suivant un système de représentation graphique en 3D créé par un calcul en 4D: les trois dernières lettres du mot deviennent les coordonnées X, Y et Z, et la première est associée au «temps» (la fameuse quatrième dimension dans l'expression «4D», qui se traduit ici par le passage d'une lettre à l'autre grâce au contrôle situé dans le haut de l'interface). Le résultat de ce calcul se traduit en 26 graphiques 3D, où chaque mot est représenté par un point d'une couleur spécifique, cette couleur dépendant de sa catégorie grammaticale (nom, verbe, adjectif, etc.) Le grillage qui entoure le mot illustre l'influence qu'il exerce sur d’autres mots (par exemple, «ear» se retrouve dans «bear», «fear», etc.).

L’internaute peut interagir avec l’œuvre en utilisant le clavier et la souris. Il peut changer l’orientation du graphique; avancer à travers les différents graphiques (grâce au contrôle supérieur ou aux flèches du clavier);  augmenter ou réduire le grillage ou le nombre de lignes le constituant; arrêter le mouvement du graphique; ou encore choisir les mots qui y apparaissent suivant les contrôles-couleurs situés au bas de l'interface.

Leoudaki, Zoe: Fear

Fear est un projet de l'artiste grecque Zoe Leoudaki. Sur son site Internet, Leoudaki invite les visiteurs à lui soumettre leurs plus grandes peurs grâce à un formulaire en ligne. Les visiteurs ne sont pas obligés de donner leur nom et leur courriel, mais l'artiste insiste toutefois pour connaître leur pays d'origine et leur sexe. En effet, les confessions des internautes avaient comme objectif d'être utilisé dans une installation (nommée The Descent of Chimera) placée dans une église de Manhattan, qui n'a jamais vu le jour. Au-dessus d'un bassin, des mots auraient été projetés alors que des enregistrements d'acteurs en train de réciter les confessions laissées sur le site se seraient fait entendre - voix de femme pour les femmes, voix d'homme pour les hommes. En plus du formulaire pour la soumission des confessions des utilisateurs, le site Web de Fear contient plusieurs photos de l'espace d'installation à la Angel Orensanz Foundation de Manhattan de même que des textes informatifs sur le projet. Finalement, un menu où apparaissent les noms de tous les pays d'où viennent les participants permet de consulter la liste des entrées soumises, classées par pays.

Pour plus de détails, voir la fiche média de l'oeuvre.

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