Banlieue

The Wa-KOW! Collective: Tulsita

Tulsita est une œuvre poétique du collectif américain The Wa-KOW! Collective, composé de Nathan Halverson, G. Matthew Jenkins, David Goldstein et Mindy Stricke. Elle décrit des scènes de la vie locale d’une communauté de Tulsa, en Oklahoma. Le titre signifie «little Tulsa» et renvoie au microcosme d’une banlieue de la ville (à ne pas confondre, donc, avec la ville de Tulsita au Texas).

L’œuvre emprunte la forme d’un diaporama, et atlerne des poèmes et des photographies. Les premiers décrivent des ambiances, des situations ou des pensées des auteurs sur la vie urbaine de Tulsa. Le curseur de la souris fait apparaître des images lors de son passage sur certains mots. Tout en bas de la fenêtre, des contrôles de défilement, typiques des diaporamas, permettent de passer à la page suivante ou de retourner à la précédente. En appuyant sur «play», une voix commence à lire le poème et on entend des extraits d’émissions radio ou de musique pendant que le poème se déconstruit tranquillement.

Des photographies s'insèrent entre les différents poèmes. Elles se dissolvent à leur tour afin de laisser la place au poème suivant, qui épouse parfois grossièrement la structure de l’image qui le précédait. Les contrôles de navigation ne sont pas disponibles durant l'affichage de la photographie.

Fortin Le Breton, Tristan; Roy, Julien; Turcotte, François: Territoires

Territoires est un essai photographique interactif de Tristan Fortin Le Breton, conçu avec la participation de Julien Roy (son) et François Turcotte (design). Divisé en 10 sections, l'essai explore l'émergence des nouvelles banlieues, symboles de la richesse ostentatoire, des «big-box stores» et de la destruction du patrimoine rural. Les sections, comportant entre trois et cinq photographies chacune, sont accessibles à partir d'un menu principal composé de dix bandes identifiées à dix thématiques abordées par l'artiste: «construire», «conversions», «le progrès progresse», «la campagne et après», «la richesse prend forme», «parkings», etc. À l'intérieur des sections, les photographies se succèdent lentement. L'internaute peut toutefois interrompre le défilement ou passer lui-même d'une image à l'autre à l'aide de contrôles cachés au bas de la fenêtre de visionnement. À la fin de chaque section, un court texte présente de façon critique un aspect de la banlieusardisation de la campagne.

Différentes fonctionnalités accessibles au bas de l'écran permettent de faire apparaître un texte à propos du projet, de consulter une liste de films de l'ONF abordant des thématiques similaires, de visualiser la liste complète des crédits, de contrôler le volume de la piste audio et de partager l'oeuvre sur différents réseaux sociaux.

Une version anglaise du projet (Territories) est disponible au http://territories.nfb.ca/#/territories.

Highrise: Katerina Cizek

Highrise est un vaste projet interactif mené par Katerina Cizek et visant à explorer la vie dans les gratte-ciels à travers le monde. Les internautes habitant dans des gratte-ciels sont invités à soumettre des photographies prises à partir de leurs fenêtres, à documenter leur quotidien, et à faire parvenir leurs photos et leurs textes à Cizek.

Sur le site du projet, on retrouve une section "Participate" présentant la photo de la semaine et donnant accès à un sous-site interactif. Sur ce dernier, l'internaute peut explorer les autres soumissions des internautes et soumettre ses propres photograhies et textes. Sur le site principal, on retrouve aussi un lien vers le blogue de la directrice, Katerina Cizek, où elle parle de l'évolution du projet et publie certains témoignages des participants lorsque ceux-ci touchent directement des questions d'actualité. Une autre section, "The story so far", renferme un texte de présentation dans lequel se trouvent plusieurs vidéos informatives et extraits de projets parallèles. En effet, le matériel récolté par Cizek est destiné à alimenter une foule de projets parallèles. Sur le site d'Highrise, on retrouve d'ailleurs un lien vers Out My Window, documentaire interactif réalisé par Cizek en partie grâce aux photographies des internautes.

Résultant de la collaboration entre l’écrivain Philippe Vasset et les artistes Xavier Bismuth et Xavier Courteix (signant sous le nom d’Atelier de Géographie Parallèle), Un site blanc a pour but de faire la cartographie des zones blanches contenues sur la carte 2314 OT (Paris et ses banlieues) de l’IGN. Les zones blanches sont des espaces dépourvus de représentation sur la carte officielle. En 2007, Vasset faisait paraître chez Fayard Un livre blanc, retraçant ses allées et venues dans ces espaces souvent peu accueillants ou sous haute surveillance, où sans-abris et bases militaires sont des possibles sujets et objets de rencontre. Si le discours officiel cache les parties honteuses de la ville, l’AGP a mis au jour une partie des quelque cinquante zones blanches existant sur la carte, par l’usage de textes descriptifs mais touchants, qui font souvent part de tentatives avortées d’entrée dans ces zones. Se joignent à cette démarche les représentations de parcours effectués avec un appareil GPS ainsi que des photographies et vidéos.

Si l’AGP affirme ne pas avoir de prétentions théoriques, il n’empêche que cette entreprise de description, qui ira sans cesse en s’amplifiant, pose des questions essentielles sur le statut de la carte. Entre autres, quelle valeur ont ces lieux fantômes de la ville? Sont-ils «objet? Construction? Simple détritus?»1 D’autre part, la carte ne peut-elle être signifiante qu’à condition d’investir le territoire qu’elle représente (ou pas)? Aussi, à l’ère où les cartes du monde sont de plus en plus accessibles par l’intermédiaire des Google Maps et autres Virtual Earth, comment l’absence d’images «vues d’en haut» influe-t-elle sur le rapport au territoire? L’Atelier de Géographie Parallèle écrit à cet effet que même «après plusieurs visites, il nous était toujours impossible de nous accorder exactement sur leurs superficies et leurs limites»2. Il conviendrait aussi de se questionner sur le statut même des représentations offertes sur unsiteblanc.com, car si des interrogations sur ce qu’est la carte entrent en ligne de compte, il n’en reste pas moins que l’internaute est averti, dans le coin inférieur droit de la page principale, que «ce site n’est pas une carte et sera régulièrement enrichi et actualisé»3, proposant du coup que la carte est un objet statique et que la géographie parallèle telle que pratiquée par l’équipe de Vasset, Bismuth et Courteix se conforme aux déformations et à l’éphémère de lieux qui ne sont que traces – mais des traces de quoi?

L’internaute est donc invité, au cours de sa navigation, à cliquer sur les zones blanches dont le contenu a été entré, à savoir textes, dessins GPS, photographies et vidéo. (À noter qu’une nouvelle version du site, animée par une dizaine de participants, sera mise en ligne, ce qui assurera sans aucun doute la diversité des points de vue.) L’internaute, confronté à la fragmentarité du lieu, doit retisser les lieux visités. Aucun mode d’emploi n’est donné: il faut parcourir ces fragments dans un esprit ludique pour leur donner un minimum de sens. Les textes tirés du livre de Philippe Vasset, qui accompagnent les autres médiums, agissent souvent comme des légendes permettant de donner une direction à l’ensemble des fragments. Les rares dessins GPS donnent quant à eux une vague idée de la morphologie du lieu et les photographies servent alors de béquille afin de se faire une image globale du lieu. On cherche des correspondances entre ces représentations, on active l’imagination. Or, cette façon de donner à voir le lieu est la première étape dans l’élaboration d’une carte, ne serait-ce que mentale. Ces «notes de terrain», données à lire, sont surimposées à la carte du menu principal. Au lieu de consulter une carte satellite, totalement dénuée de contenu provenant d’une expérience sensible, les notes de terrain agissent comme une première forme d’appropriation du territoire, à savoir une redialectisation d’un rapport à la carte. La carte officielle, mais tout de même lacunaire, est constamment visible en filigrane dans les photographies, les vidéos, le texte. Il n’empêche que l’expérience sensible est mise au premier plan et donne la clé de cette géographie parallèle qui s’apparente à la démarche des situationnistes, déambulateurs et autres flâneurs.

[1]. Atelier de Géographie Parallèle, Un site blanc (en ligne). 2007. Disponible sur Internet: http://www.unsiteblanc.com

[2]. Ibid.

[3]. Ibid.

Endless Suburbs est un récit hypertextuel qui a pour thème la banlieue californienne et américaine par extension, qui a pour personnages principaux les membres d'une famille incarnant ce mode de vie, et qui dépeint leur vie sur plusieurs années en quelques tableaux, passant de l'idylle utopique à l'échec. Les différents tableaux sont accompagnés d'une image de famille à bord d'une voiture américaine des années 50 qui se détériore de chapitre en chapitre. La navigation du site est cependant problématique.
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