Aucune interactivité

Déf. L’internaute n’a aucune possibilité d’interaction avec l’œuvre. (Dans le cas d’un site Web, le téléchargement de la page n’est pas considéré comme une forme d’interactivité.)
Morel, Julie: Le générateur blanc

Cette oeuvre s'est érigée de concert avec l'expérience d'écriture qu'a vécue l'artiste lors de sa résidence au Québec. Les récits, anecdotes et expériences qu'elle a consignés de façon continue sur son ordinateur ont été repris par un générateur de textes qui a produit à son tour un nouveau texte, se servant de la position dans le temps de La Chambre Blanche. Pour l'observateur, la lisibilité de ce nouvel objet texte dépend à la fois de sa position géographique et de l'heure à laquelle il se connecte. La couleur du fond de la page ainsi que celle du texte varient chacune de blanc à noir, passant par toutes les teintes de gris, et ce, durant 24 heures. Seulement, l'une correspond au fuseau horaire de La Chambre Blanche et l'autre, à celui de la personne connectée. Par ce procédé, l'oeuvre pose une réflexion sur la perte de repères géographiques sur Internet.

 

Le poème d'Emma Ramey, "I can no longer think" (dans lequel il est entre autres question de sensualité et d'homosexualité), défile vers par vers sur fond de clips vidéos pixélisés. À chaque visionnement du poème, l'ordre des divers clips varie. Aussi, lorsque la page Web de l'oeuvre est chargée, les vers apparaissent une première fois dans l'ordre; ensuite, les vers seront affichés de façon aléatoire.

Le site du projet euh? est le «multimedia-weblog» expérimental [1] de l’artiste néerlandais Sylvain Vriens. Produit entre 2002 et 2005, le projet euh? accueille encore à ce jour plus de 4400 visiteurs quotidiennement. [2] On y retrouve au total 56 entrées différentes correspondant à 56 œuvres de l’artiste. Pour naviguer à travers les entrées du «weblog», l’internaute peut utiliser le menu semi-circulaire situé dans le coin supérieur gauche de l’écran, qui permet de sélectionner une œuvre et de la visualiser, ou encore utiliser la fonction de navigation aléatoire en cliquant sur le lien «euh?», ce qui déclenche la redirection automatique de l’internaute vers une des 56 œuvres sélectionnée au hasard. Les œuvres faisant partie du projet euh? sont: 3dcursor; 404; Back by dope demand; Banner; Battle; Battle 2; Fort The Birdz; Blind; Breathe; broken; Cubes; Cursors; Distance; Distort; Emergency; Falling; Hand; Handkerchief; Heaven; Hidden File; Inspiration; Invasion; Kaleidoscope; Kiezen; megaByte; Remember this name; Nerd; Nerdsaver; not_home; Number; Pixel-gallery; Poll; Pong; Pop; Preloader; Receipt; Run; Schoonmaak; Scrabble me this, scribble me that; Sitegun; Sleeping; Slowxxx; Window-Snake; Sponsor; Sterren; Surveillance; Teeth; The Bar; Amsterdam, het einde; Threaten; Trapped; Tree; tv; tv2; Webcam; Word Up.

Les formes d’interactivité proposées dans le projet euh? sont aussi variées que les œuvres qui le composent. Si certaines œuvres ne réclament aucun investissement particulier de l’internaute en-dehors de son rôle de simple spectateur (c’est le cas par exemple des animations de Back by dope demand, Battle 2, Cubes ou Preloader), d’autres nécessitent des interactions plus complexes et l’acquisition d’une certaine maîtrise technique pour être appréciées pleinement. Dans For The Birdz, l’internaute devra ainsi télécharger le logiciel de simulation offert par Vriens, régler les paramètres de sa webcam et apprendre à synchroniser ses propres mouvements avant de réussir à faire voler son avatar-oiseau dans l’environnement 3D créé par l’artiste. Quant à l’œuvre Threaten, elle invite l’internaute à insérer dans une boîte de texte le nom d’un ennemi, qui sera ensuite gravé sur une balle de fusil virtuelle, et à fournir les coordonnées électroniques de la personne à «menacer» afin de générer l’envoi d’un courriel. Fondamentalement, cette remarquable diversité des expériences interactives proposées découle de la nature même du projet euh?, défini avant tout comme un espace d’expérimentation.

Sauf quelques exceptions, la plupart des œuvres présentées dans le projet euh? sont compactes et adoptent une esthétique «low-tech» rappelant les débuts de l’informatique. L’approche est souvent humoristique, voire parodique, et exploite l’identité de «nerd» autoproclamé de l’artiste. [3] Du reste, les entrées du projet flirtent constamment avec l’intimité de l’artiste qui semble se servir de son «weblog» autant comme espace d’expérimentation que comme espace de dévoilement. Ainsi, la proximité d’œuvres introspectives où Vriens parle de suicide, de contact humain et de solitude (Falling, Handkerchief, Sleeping, Sterren, Amsterdam, het einde, tv) et des œuvres plus ludiques et éclatées rappelant les premiers jeux vidéo sur ordinateur (Pong, Window-Snake) jettent sur ces dernières un éclairage différent qui permet de les resituer dans un univers personnel complexe plus sombre et teinté de nostalgie. L’utilisation de la fonction de navigation aléatoire, quoique déconcertante au début, s’avère être un dispositif très efficace pour mettre en valeur la richesse de l’univers de l’artiste et illuminer la lecture de certaines œuvres plus énigmatiques (The Bar, Teeth, Kiezen). Telles les entrées d’un blogue plus traditionnel, les entrées du «weblog» de Vriens entrent en dialogue les unes avec les autres, tissant une toile complexe.

Le projet euh? – avec ses œuvres remplies d’humour, de références aux jeux vidéo issus d’une autre époque, de réflexions sur la vie, la mort, la solitude, et ses obsessions pour le terrorisme, la surveillance et le voyeurisme –, se présente ainsi comme une fenêtre ouverte sur un imaginaire marqué par les préoccupations de toute une génération (la célèbre Génération X) dont Vriens s’avère être un porte-parole exemplaire. Au-delà du premier mouvement d’égarement engendré par le caractère aléatoire de l’expérience de navigation, la descente dans le projet euh? est pour l’internaute un lieu de reconnaissance du familier et du partagé. En se perdant dans les méandres du projet, l’internaute découvre un univers tout en sensibilité où se révèle la fragilité humaine de l’artiste dont la mise à nu progressive finit par nous inciter, au lieu du «euh?» suggéré dans le titre, à nous exclamer «ah!».

[1] Vriens, Sylvain (2002) "info", euh?. En ligne: http://www.project-euh.com/info.html (consulté le 8 décembre 2009)

[2] Données compilées par Statbrain.com. En ligne: http://statbrain.com/ (consulté le 8 décembre 2009)

[3] Voir Nerd, une des œuvres du projet.

The Dream (9/11) est une oeuvre dans laquelle l'auteur propose un poème qui apparaît sur un fond d'images évoquant le 11 septembre 2001. Nous y voyons les tours jumelles en flammes, un drapeau américain ainsi qu'un bébé.

Search Engine Optimized (SEO) est un autoportrait HTML de l'artiste Steven Read. Il s'agit d'un logiciel d'art génératif qui reproduit le portait de l'artiste en utilisant le code des couleurs, pixel par pixel, par le biais du moteur de recherche Google. Dans chaque pixel se trouve une des lettres du texte "Steve Read Artist", qui se répète sans cesse.

 


Le narrateur, Jacob Maker (alias David Blair), raconte sur un ton égal l'histoire de sa famille et sa vie de scientifique comme créateur de mires dans un centre d'essais militaires du Nouveau-Mexique. Le tout bascule rapidement dans le fantastique et plonge le spectateur dans un voyage dans le temps où il est question de réincarnation, de communion avec les morts, fusionnant science-fiction, mythes bibliques et étude des abeilles en une fable surréaliste, psychédélique. L'œuvre est disponible en cédérom ou, depuis 1994, sur le Web à l'adresse suivante: www.waxweb.org. 
Darfur est une oeuvre conceptuelle de John Maeda visant à sensibiliser les internautes à propos de la crise au Darfour. Dans une page, le mot "Darfur" se répète des centaines de fois, chaque lettre du mot correspondant à l'une des personnes mortes pendant la crise. L'internaute devra descendre longtemps sa barre de défilement avant d'arriver au bout de l'horreur...
Lorsque David Rees, l'auteur du webcomic Get Your War On, a découvert que le nom de domaine www.worldsgreatestcomedian.com était libre, il s'est empressé de l'acheter en vue de l'utiliser ultérieurement. Depuis, toutefois, il n'a rien fait avec le site. La déclaration pour le moins présomptueuse qui est à la base de l'oeuvre est donc restée en suspens.
Cinemax Reel Life présente un film entièrement créé dans le monde virtuel multiparticipants Second Life : Molotov Alva and his Search for the Creator : a Second Life Odyssey par Douglas Gayeton. Le film se veut un documentaire, introduisant le sujet ainsi : "En janvier 2007, un homme répondant au nom de Molotov Alva disparaît de sa demeure californienne". Alva serait ensuite propulsé dans le monde virtuel pour disparaître complètement du monde tangible. L'homme disparu refait donc surface dans le monde virtuel dans lequel il est reconnu pour faire des reportages. Ses "videodiaries" se retrouvent alors regroupées pour former un documentaire. Dans sa quête du créateur, l'avatar rencontre d'autres avatars lui racontant leur propre parcours. Molotov Alva oscille entre des territoires qui ne peuvent se rencontrer et sa quête ne fait qu'approfondir une sensation de vacuité. Le documentaire veut faire croire en la possibilité d'une existence numérique sans appartenance au tangible.


Cette oeuvre présente un travail de collecte de données géographiques et de photographies qui s'est échelonné sur une période de cinq ans. «Time That Land Forgot», réalisée conjointement par Timo Arnall et Even Westvang, est une animation qui recontextualise ces photographies en les associant à des coordonnées spatiales et temporelles. L'internaute suit du regard une série de points rouges, dont chacun représente l'écoulement d'une minute. À intervales irréguliers, des photos apparaissent à l'endroit de ces points, qui concordent avec le moment et le lieu de la prise du cliché. Dans le coin supérieur gauche de l'animation, les coordonnées GPS et l'heure correspondant au parcours sont affichés. Trois versions de l'animation sont disponibles pour permettre à l'internaute de profiter pleinement de son expérience: sans images, avec images et une version QuickTime pour les ordinateurs ne pouvant supporter un roulement élevé d'images par seconde.
Le prolifique bédéiste Lewis Trondheim se plaît parfois à alimenter un carnet BD en ligne qui porte le le nom de "les petits riens de Lewis Trondheim". En une planche, il expose à l'aide de son personnage d'oiseau antropomorphisé des scènes banales de sa vie quotidienne, qu'il parvient à rendre intéressantes grâce à son humour décapant, sa candeur désinvolte et son sens de l'observation minutieux qui révèle des détails pertinents sur des faits banals. Les petits riens sont éventuellement regroupés et publiés dans des albums aux éditions Shampooing, ce pourquoi les images les plus récentes sont limpides et celles postées depuis plus longtemps sur le site deviennent graduellement illisibles à mesure qu'un écran de plus en plus opaque recouvre les planches, ce qui incite l'internaute à venir visiter régulièrement le site.
Une longue planche infinie où l'auteur présente la chronologie des animaux de compagnie ayant traversé son existence grâce à une série d'icônes représentant la progression de l'artiste dans sa trajectoire de vie (graduation, initiation à la sexualité, mariage, déménagement) et le destin de ses animaux de compagnie (morts ou donnés suite à un déménagement). Une utilisation inventive du concept de planche infinie.
Syndiquer le contenu