Aléatoire

iap GmbH; Galanis, Panos: nag_05 – THE IMAGE GENERATOR

Le nag_05 – THE IMAGE GENERATOR est, comme son nom l'indique, un générateur d'œuvres Web. Il fait partie du projet NAG (net.art generator), rassemblant cinq autres générateurs. Aujourd'hui, en plus du nag_05 – THE IMAGE GENERATOR, seul le nag_04  moiNAG The Dada Generator est encore disponible en ligne.

Le fonctionnement du nag_05 est assez simple: dans la section «Create», l'internaute entre son nom d'artiste, le titre de son œuvre, le nombre d'images qu'il souhaite utiliser, ainsi que la résolution maximale et l'extension (.jpeg, .gif ou .png) de son choix. Lorsque l'internaute clique ensuite sur le bouton «Create», le site recherche des images sur Google en utilisant le titre préalablement choisi comme critère de recherche. Suivant des algorithmes aléatoires à chaque génération, une nouvelle image composée des résultats trouvés est affichée. Cette nouvelle œuvre est automatiquement sauvegardée dans la base de données du site, accessible dans la section «Stats». Cependant, seulement les dix œuvres les plus populaires et les dix dernières générées sont accessibles pour consultation.

L'œuvre est écrite en PERL et il est possible de télécharger son code source à partir de la page principale du NAG.

Le site du projet euh? est le «multimedia-weblog» expérimental [1] de l’artiste néerlandais Sylvain Vriens. Produit entre 2002 et 2005, le projet euh? accueille encore à ce jour plus de 4400 visiteurs quotidiennement. [2] On y retrouve au total 56 entrées différentes correspondant à 56 œuvres de l’artiste. Pour naviguer à travers les entrées du «weblog», l’internaute peut utiliser le menu semi-circulaire situé dans le coin supérieur gauche de l’écran, qui permet de sélectionner une œuvre et de la visualiser, ou encore utiliser la fonction de navigation aléatoire en cliquant sur le lien «euh?», ce qui déclenche la redirection automatique de l’internaute vers une des 56 œuvres sélectionnée au hasard. Les œuvres faisant partie du projet euh? sont: 3dcursor; 404; Back by dope demand; Banner; Battle; Battle 2; Fort The Birdz; Blind; Breathe; broken; Cubes; Cursors; Distance; Distort; Emergency; Falling; Hand; Handkerchief; Heaven; Hidden File; Inspiration; Invasion; Kaleidoscope; Kiezen; megaByte; Remember this name; Nerd; Nerdsaver; not_home; Number; Pixel-gallery; Poll; Pong; Pop; Preloader; Receipt; Run; Schoonmaak; Scrabble me this, scribble me that; Sitegun; Sleeping; Slowxxx; Window-Snake; Sponsor; Sterren; Surveillance; Teeth; The Bar; Amsterdam, het einde; Threaten; Trapped; Tree; tv; tv2; Webcam; Word Up.

Les formes d’interactivité proposées dans le projet euh? sont aussi variées que les œuvres qui le composent. Si certaines œuvres ne réclament aucun investissement particulier de l’internaute en-dehors de son rôle de simple spectateur (c’est le cas par exemple des animations de Back by dope demand, Battle 2, Cubes ou Preloader), d’autres nécessitent des interactions plus complexes et l’acquisition d’une certaine maîtrise technique pour être appréciées pleinement. Dans For The Birdz, l’internaute devra ainsi télécharger le logiciel de simulation offert par Vriens, régler les paramètres de sa webcam et apprendre à synchroniser ses propres mouvements avant de réussir à faire voler son avatar-oiseau dans l’environnement 3D créé par l’artiste. Quant à l’œuvre Threaten, elle invite l’internaute à insérer dans une boîte de texte le nom d’un ennemi, qui sera ensuite gravé sur une balle de fusil virtuelle, et à fournir les coordonnées électroniques de la personne à «menacer» afin de générer l’envoi d’un courriel. Fondamentalement, cette remarquable diversité des expériences interactives proposées découle de la nature même du projet euh?, défini avant tout comme un espace d’expérimentation.

Sauf quelques exceptions, la plupart des œuvres présentées dans le projet euh? sont compactes et adoptent une esthétique «low-tech» rappelant les débuts de l’informatique. L’approche est souvent humoristique, voire parodique, et exploite l’identité de «nerd» autoproclamé de l’artiste. [3] Du reste, les entrées du projet flirtent constamment avec l’intimité de l’artiste qui semble se servir de son «weblog» autant comme espace d’expérimentation que comme espace de dévoilement. Ainsi, la proximité d’œuvres introspectives où Vriens parle de suicide, de contact humain et de solitude (Falling, Handkerchief, Sleeping, Sterren, Amsterdam, het einde, tv) et des œuvres plus ludiques et éclatées rappelant les premiers jeux vidéo sur ordinateur (Pong, Window-Snake) jettent sur ces dernières un éclairage différent qui permet de les resituer dans un univers personnel complexe plus sombre et teinté de nostalgie. L’utilisation de la fonction de navigation aléatoire, quoique déconcertante au début, s’avère être un dispositif très efficace pour mettre en valeur la richesse de l’univers de l’artiste et illuminer la lecture de certaines œuvres plus énigmatiques (The Bar, Teeth, Kiezen). Telles les entrées d’un blogue plus traditionnel, les entrées du «weblog» de Vriens entrent en dialogue les unes avec les autres, tissant une toile complexe.

Le projet euh? – avec ses œuvres remplies d’humour, de références aux jeux vidéo issus d’une autre époque, de réflexions sur la vie, la mort, la solitude, et ses obsessions pour le terrorisme, la surveillance et le voyeurisme –, se présente ainsi comme une fenêtre ouverte sur un imaginaire marqué par les préoccupations de toute une génération (la célèbre Génération X) dont Vriens s’avère être un porte-parole exemplaire. Au-delà du premier mouvement d’égarement engendré par le caractère aléatoire de l’expérience de navigation, la descente dans le projet euh? est pour l’internaute un lieu de reconnaissance du familier et du partagé. En se perdant dans les méandres du projet, l’internaute découvre un univers tout en sensibilité où se révèle la fragilité humaine de l’artiste dont la mise à nu progressive finit par nous inciter, au lieu du «euh?» suggéré dans le titre, à nous exclamer «ah!».

[1] Vriens, Sylvain (2002) "info", euh?. En ligne: http://www.project-euh.com/info.html (consulté le 8 décembre 2009)

[2] Données compilées par Statbrain.com. En ligne: http://statbrain.com/ (consulté le 8 décembre 2009)

[3] Voir Nerd, une des œuvres du projet.

Datapainting propose une série d'oeuvres génératives créées par Yann Le Guennec. Celui-ci utilise des données tirées des flux d'Internet dans ses créations artistiques et explore ainsi les possibilités de genération d'images qu'ils offrent.

Sébastien Cliche: Ruptures

Ruptures est une oeuvre composée de deux récits modulaires. La page d'accueil permet de choisir entre ces deux récits qui n'ont pas encore de titre. C'est seulement une fois que l'internaute fait son choix qu'il voit apparaître un terme sélectionné au hasard, servant à la fois de titre et de thème au texte qui suivra. Ce dernier est également assemblé aléatoirement lors de la navigation, de sorte que les phrases, les significations possibles et donc l'histoire changent lors des différentes visites.

Le texte est accompagné de vidéos présentant des images de désolation, des champs de débris et des ruines. Une bande sonore, elle aussi aléatoire, amplifie l’univers dramatique et l’urgence du moment, ces plages électroniques faisant écho aux désastres racontés.

Cette oeuvre comporte deux éléments: une installation réelle captant les variations thermiques et sa présence sur le Web qui normalement diffuse le son produit par l'instrument conçu pour interpréter la température en sonorités. Il est présentement impossible d'écouter le Weather Player en temps réel, mais plusieurs vidéos d'archives sont disponibles sur le site.
Cette oeuvre présente une machine à faire de la musique, générée en flash. L'internaute peut observer la manière dont se percutent visuellement les éléments de la composition, générant ainsi une mélodie plus ou moins aléatoire.
Cette oeuvre permet à l'internaute de créer des boucles sonores aléatoires en utilisant son curseur. Une ligne manipulée par l'internaute se promène sur l'écran et capte ainsi toutes sortes de sons.
Cette oeuvre est une sorte de générateur de poème qui emprunte ses mots sur Internet par un procédé RSS. Ainsi, il fonctionne un peu à la manière du fameux jeu surréaliste: Le cadavre exquis. Le générateur de poème, lorsqu'il est activé par l'internaute, engendre des textes aléatoires qui peuvent contenir des informations de toutes sortes et qui n'ont à prime abord rien de poétique. Le projet a terminé en 2006.
Cette oeuvre présente un sondage sans réelle question. L'internaute est invité à cliquer sur un cercle parmi 28 afin de sélectionner sa réponse (sans informations supplémentaires). En cliquant sur «submit my answer or die», une nouvelle fenêtre fera apparaître les mêmes cercles, plus ou moins grands selon le nombre de fois qu'ils auront été cliqués. Comme la plupart des oeuvres du projet «Euh?», l'absurdité est évidemment un point central.
Cette oeuvre propose à l'internaute d'inscrire deux noms de personne qu'il souhaite voir mariées. Un générateur offre ainsi une image pour chaque nom. Les associations, générées par un moteur de recherche sur le Web, donnent des résultats loufoques.
Cette oeuvre propose à l'internaute de choisir un nombre de lettres qu'il veut voir s'agencer en des mots absurdes, créant ainsi une poésie aléatoire et inintelligible.
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