Insolite

Est-ce que cette interface est cool?

Just another Wordpress site!, le plus récent projet artistique de la Lights & Wire Gallery, est une oeuvre de Jacob Ciocci et Jeff Crouse consistant à alterner le thème Wordpress du site Web de la galerie. De la sorte, à chaque nouvelle visite (et au cours de la navigation dans le site), l'interface est comlètement modifiée. Pas seulement l'apparence visuelle : les outils de navigation, les onglets, la disposition, toute la distribution de l'information est bousculée et remaniée par l'apparition du nouveau thème.

On sent derrière le projet des artistes une critique de Wordpress, qui est assez facile d'utilisation mais qui produit des résultat assez chaotiques. Évidemment, ils beurrent un peu épais en choisissant une esthétique invraisemblablement laide, mais passé la répulsion pour ces ramassis de couleurs et de formes fusionnés sans charme dans Photoshop, on constate que la répartition des données, d'un thème à l'autre, n'est pas des plus ergonomiques.

L'art perdu de l'aiguisage manuel de crayons à mine

David Rees, bédéiste disjoncté ayant connu le succès grâce à sa série Get Your War On (publiée à la suite du 11 septembre), a décidé de se lancer dans un nouveau projet artisanal. Pour la somme honnête de 12.50$ US, Rees auiguisera manuellement, avec la précision et la méticulosité d'un passionné et d'un spécialiste, votre crayon à mine.

Canular élaboré ou délire burlesque? Le moins que l'on puisse dire, c'est que le site Web de son entreprise insiste sur la précision du travail effectué par Rees, et le sérieux avec lequel il s'applique à la tâche (en font foi les photographies le représentant à l'oeuvre dans son atelier pratiquement vide et les savants et minutieux calculs qu'il effectue sur un tableau noir). Le texte de présentation joue merveilleusement bien la tension canularesque entre une authenticité grandiloquente de démarche commerciale et un propos trop absurde pour ne pas croire à une supercherie. En fait foi cet extrait: « His artisanal service is perfect for artists, writers, and standardized test takers. »

Pour compléter ce site plutôt amusant, nous vous invitons à lire une brève entrevue avec Rees parue dans le magazine Details où l'artiste/artisan explique ses motivations.

Créer son portrait Google à coup de code-barres

Le néologisme « googler », ou plus précisément « se googler », est entré depuis quelques années dans le langage courant même s’il n’est pas encore reconnu par l’office québécois de la langue française (voir plus bas). Que ce soit par narcissisme ou par paranoïa, il n’est pas rare que des individus entrent leur propre nom dans le moteur de recherche Google pour découvrir quels sont les résultats affichés, afin de pouvoir se faire une idée de la manière dont se déploie leur identité virtuelle sur le Web. Si l’on s’adonne à l'« égosurf » en entrant son propre nom dans Google, c’est peut-être aussi parce que l’on veut connaître son « portrait » bien abstrait se formant à l’aide de cette méthode. Toutefois, cette approche indirecte et fragmentaire, donnant l’illusion de pouvoir façonner en un clic la personnalité d’une connaissance ou d’un contact professionnel, peut être trompeuse, voire exagérée, puisqu’elle est une méthode (trop) simple et (trop) expéditive de se faire une idée sur quelqu’un.



L’artiste Aram Bartholl a mené la curieuse expérience consistant à donner forme au « portrait Google » produit par une recherche de son propre nom en plusieurs langues. Les résultats de recherche ont été transposés en informations graphiques abstraites qui se décodent à l’aide d’un appareil possédant une caméra et disposant d’un logiciel capable de lire les code-barres de Bartholl. Voici l’explication plus technique proposée par l’artiste sur son site :

« A Google Portrait is a drawing which contains the Google URL search string of the portrayed person in encoded form.

Le plus long poème au monde

Formé de plus de 365 000 vers, en constant développement et alimenté par des "poètes inconnus", The Longest Poem in the World est "l'oeuvre" de Andrei Gheroghe mais compte sur la participation involontaire de milliers d'internautes.

Le travail de Gheorghe consiste à créer un agrégateur qui puise sur Twitter des segments de textes qui sont ensuite joints ensemble en fonction de leur capacité à rimer. Ce sont donc les tweets d'un peu tout le monde qui sont colligés pour créer ce poème monstrueux.

Contre toute attente, le poème est étonnamment distrayant à lire. En effet, la contrainte du maximum de 140 caractères par tweet fait en sorte de produire une constance rythmique fortuite. Pour ajouter à cette improbable unité formelle, il est frappant de constater comment une récurrence thématique se repère rapidement à la lecture continue des tweets d'auteurs inconnus. On a droit à des observations creuses et banales, des remarques impertinentes, des impressions passagères; bref, un menu détail du quotidien peu trépidant de milliers de personnes, où se manifeste une exposition narcissique de l'existence dans ses aspects les moins intéressants. Le plus long poème au monde est un poème de l'impertinence, ce qui ne le rend pas moins délectable.

Nous vous invitons fortement à consulter The Longest Poem in the World, mais ne vous sentez pas obligé de le lire jusqu'à la dernière ligne...

Un "Twitteroman" écrit à Québec

Un billet de Délinéaire publié il y a quatre mois avait déjà commenté une nouvelle pratique littéraire sur le Web, le "Twitteroman", soit l'écriture d'un roman en utilisant le site de micro-bloguing Twitter. Cette forme littéraire particulièrement contraignante (en vertu de la limite de 140 caractères imposée par le site) a un nouvel adepte en la personne d'un auteur de la ville de Québec qui conserve présentement l'anonymat.

Sous le pseudonyme Mélusine, cet auteur écrit depuis le 19 juin dernier un texte suivi dont il est difficile pour le moment de savoir vers où il se dirige et quelle forme prendra le résultat final (indétermination plutôt compréhensible pour un projet que l'auteur décrit lui-même comme une "expérience littéraire à coup de 140 caractères pile"). On peut constater, à la lecture des plus récentes entrées de l'auteur, qu'il commence à "tricher" légèrement, étalant parfois ses phrases sur plusieurs tweets. Le style employé, qui est plus près de la prose poétique que du récit narratif traditionnel, semble assez approprié au format.

On ne peut que spéculer sur la durée du projet (on peut d'ailleurs noter un ralentissement des publications depuis le 8 juillet); entre-temps, jetez un coup d'oeil à cette initiative curieuse à l'adresse suivante: http://twitter.com/twittlitt

Entre vie artificielle, interactivité et expérience médiatique

Parler à une plante verte peut-elle aider sa croissance et encourager son développement? Superstition pour certains, paroles dans le vides pour d'autres, action cathartique croient plusieurs, le discours adressé à un végétal n'est peut-être qu"une lubie innocente, mais elle est aussi depuis peu une expérience en ligne menée pour le compte de la compagnie Heinz (celle du Ketchup et des 57 produits...)

L'expérience, qui n'en est pas moins un paravent publicitaire pour la compagnie de produits alimentaires, vise à tester la théorie des paroles encourageantes adressées à une plante supposées accélérer sa croissante. Pour ce faire, deux plants de tomate sont filmés à l'aide d'une webcam retransmettant les images en direct des plantes. Toutefois, l'une des deux plantes est accompagnée d'un haut-parleur, qui diffuse les messages d'encouragement rédigés par les internautes à partir du site www.talktotheplant.com et lus par un programme transformant le texte en parole synthétique. L'expérience pourrait permettre de déterminer si le plan de tomate encouragé par les internautes grandit plus rapidement que celui qui pousse en silence. Puisque l'internaute se voix offrir le choix d'adresser son message au plant avec une voix d'homme, de femme, de garçon ou de fille, il serait également possible de déterminer si la voix d'un sexe ou l'autre obtient des résultats plus probants!

Let Them Sing It For You

 

 

Vous êtes lassé des choix de voix offerts par le programme de reconnaissance vocale fourni par votre ordinateur ? Vous voudriez que la voix qui lit le texte soit plus mélodieuse, plus enjouée, plus chantante ? Vous-même, vous ne possédez pas une voix d’ange et vous ne vous permettez de pousser la note que dans l’intimité de votre douche ? La solution à ces problèmes : laissez-les chanter pour vous !

 

 

Let Them Sing It For You est une création Web de l’artiste suédois Erik Bünger, qui s’intéresse à la recontextualisation des médias et, dans le cas présent, qui a compilé de nombreux extraits de chanson afin de créer un logiciel qui « chante » du mieux qu’il peut le texte qui y est inséré par l’internaute. Créé pour le site Web de la Swedish Public Radio, le projet est accessible à tous à l’adresse suivante. Il s’est mérité le prix « The Content Fusion Award » au Europrix Top Talent Award à Vienne en 2004 et une recommandation spéciale aux Prix Europa à Berlin en 2004.

 

Le logiciel peut reconnaître du texte en anglais et en suédois, mais il est amusant de tenter par tous les moyens de le faire chanter dans un français approximatif. Il est fort possible que les premiers essais soient infructueux mais l’un des plaisirs associés à l’utilisation de Let Them Sing It For You repose justement sur la recherche d’une phrase ou d’un paragraphe que la machine pourra chanter sans fausse note. Si vous êtes satisfait du résultat, vous pouvez envoyer la piste sonore à vos proches par courriel.

L'instinct du chasseur-cueilleur guiderait la navigation sur le Web

C'est à cette étonnante conclusion que sont parvenus les frères Senstrom (Philipe est doctorant au Département de psychologie de l'Université de Montréal et Éric est doctorant en marketing à l'Université Concordia), qui ont cherché à expliquer les différences de pratiques de navigation sur le Web entre personnes de sexe opposé en s'appuyant sur la distinction entre sexe datant de Dawrin. Ainsi, les hommes agissent à la manière de chasseurs, s'appuyant sur leur boussole interne et la projection mentale afin de guider leur naviation, et seraient plus interpellés que les femmes par les objets en mouvement, alors que les femmes, adeptes de la cueillette, présentent une préférence pour les repères visuels comme les formes et les couleurs des objets, ainsi que les menus détaillés et déroulants.

Les recherches menées par les deux frères (en collaboration avec Gad Saad, de l'Université Concordia), en sont actuellement au stade préliminaire, mais une première expérience a été effectuée afin de confirmer leur hypothèse selon laquelle le sexe de l'internaute influence sa pratique de navigation. Les résultats de cette expérience sont disponibles dans la revue IEEE Transactions on professional communication.

 

(Source : Daniel Baril, Nouvelles@UdeM)

Facebook, le film...

Le site de réseautage Facebook est rapidement devenu une des manifestations les plus populaires du Web 2.0. Avec son omniprésence dans la vie sociale et personnelle des internautes, ses innombrables applications souvent impertinentes et le potentiel quasi-illimité de voyeurisme qu'il permet, ce poids lourd de la communication virtuelle incarne à lui seul de nombreux enjeux des nouveaux modes de communication. Et pourrait apparemment être l’objet d’un film d'ici peu.

Quand les geeks prennent le volant !

Source : Francis Pisani dans LeMonde.fr

Non, l’amour des technologies informatiques n’a pas de limite. Le site Royal Pingdom offre cette semaine des photographies tout à fait savoureuses de voitures de geeks dont la plaque d’immatriculation permet de faire connaître à tous leurs préférences informatiques. C’est qu’il est possible, notamment aux États-Unis, de se procurer une plaque d’immatriculation faite sur mesure, selon nos goûts personnels (Vanity plates). Parions que Steve Jobs aimerait bien voir davantage de plaques comme celle-ci !

Le site du jour: quelque chose cloche dans Google Maps...


Lancé en 2006, le site MapOfStrange est voué à répertorier toutes les anomalies, curiosités et incrongruités qui peuvent être aperçues du ciel grâce à Google Maps et Google Earth.



Du camion renversé sur l’autoroute en Angleterre au champ de blé qui brûle en Bulgarie, en passant par deux segments de carte où un bâtiment en construction est complété comme par magie quelques mètres plus loin, MapOfStrange propose aux internautes des images souvent étranges et toujours cocasses. Le site est en évolution constante puisque les internautes sont invités à soumettre leurs découvertes au site afin d’être ajoutées au répertoire d’étrangetés déjà disponibles



Une version « Streetview » de MapOfStrange sera bientôt disponible, mais d’ici là, vous pouvez vous rincer l'oeil avec les bizarreries cartographiques mis à la disposition de vos temps libres..

 

Lorsque Jésus ne marche plus sur les eaux...

Une oeuvre hypermédiatique de Miltos Manetas - bien connu pour sa création jacksonpollock.org -, Jesus Swimming, captait déjà l'attention par sa singularité. Ce Jésus, qui ne marche plus sur les eaux et qui porte les stigmates de sa crucifixion, nage sans fin dans une animation Flash minimaliste. Parfois une tache de sang se dessine à la surface de l'eau, marquant, de façon ironique sans doute, la souffrance du protagoniste.

Un autre artiste, Rafael Rozendaal, a repris l'oeuvre de Manetas. Avec Jesusdrowning, il poursuit la chute de Jésus. La musique devient dès lors discordante et Jésus lutte péniblement pour rester à la surface de l'eau. Son sort va de mal en pis. À quand un Jésus émergeant des eaux?

Après avoir cru longtemps que ces deux oeuvres étaient statiques, les chercheurs du Laboratoire, d'un oeil expert et d'une agilité manuelle développée autant sur le clavier qu'avec la souris, se sont aperçus qu'un capteur de position stimulait le déversement du sang et que certaines touches du clavier provoquaient des effets étonnants. À vous de découvrir.

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