Journal

Écritures et Carnets
Exposition référente: 

L’activité diariste sur le Web, l’écriture d’un cybercarnet ou blogue, est  essentiellement interactive, rappelle Philippe Lejeune (2000), car elle est pensée et conçue pour les multiples allocutaires qui la recevront et qui pourront y répondre et la commenter. C’est une écriture du « moi », façonnée par les nouveaux moyens de communication (Lejeune, p.11), donnée en partage, une écriture qui conserve et revendique la trace personnelle de son auteur et ce, malgré la perte de l’écriture manuscrite, marqueur important du journal intime. J’aborde en partie cette question de la tentation narcissique à la rubrique « Biographie ». En complément de cette perspective, je propose de me  pencher ici sur les divers formats que prendront ces écritures, que ce soit le journal, le  blogue ou le carnet pour exposer la façon dont certaines œuvres hypermédiatiques mettent à profit l’hétérogénéité des plates-formes Web. Comprenant une écriture hétérogène et figurative, ces carnets s’inscrivent dans des registres très variés, du carnet d’images, au carnet éditorial, de la forme journalistique à la bande dessinée.

Pièces d'exposition associées: 
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Vidéos sélectionnées dans le répertoire: 

Inside: A Journal of Dreams (navigation filmée #1)

Autre exemple d’hypertexte de fiction, Inside: A Journal of Dreams (2004) d’Andy Campbell propose un parcours au sein du quotidien halluciné d’une personne âgée dont le narrateur livre un récit de plus en plus délirant à cause d’une fuite de gaz qui l’empoisonne dans sa maison.

Fear (navigation filmée #1)

Plus ancienne l’œuvre Fear de Zoe Leoudakis, en ligne depuis 1998, reprend littéralement l’image du journal intime et de l’écriture manuscrite pour favoriser une relation de proximité collaborative avec le spectateur.

Le blog de Frantico (navigation filmée #1)

Le Blog de Frantico est un exemple amusant de perméabilité de ces catégories. Publié de janvier à octobre 2005, ce blogue de bande dessinée se présente sous forme de journal autofictionnel relatant les aventures quotidiennes et existentielles de Frantico (pseudonyme entretenant la confusion autour de l’identité du véritable auteur), un dessinateur commercial et bédéiste non publié. Le site respecte les conventions de l’imprimé et a d’ailleurs fait l’objet d’une publication papier l’année même de sa mise en ligne.

Urban Diary (navigation filmée #1)

Urban diary (1995) de Joseph Squier est une fiction hypertextuelle qui se présente sous la forme d'un journal intime. L'internaute y découvre diverses représentations du «monde du papier», documents anonymes, notes, croquis et des coupures de journaux. Respectant les principes de base de l’interactivité exogène, l’internaute doit cliquer sur les liens : alors des images, des photos et des mots apparaissent, constituant ainsi son parcours de l’œuvre.