Générateur, art génératif

Coopérer avec la machine créative
Exposition référente: 

Le principe de l’art génératif est à la fois simple et révolutionnaire. L’artiste conçoit un programme qui génère de manière continue des séquences contenant textes, images et ou sons. Une fois le processus lancé, la plupart du temps par l’internaute, les sujets humains (autant l’artiste que l’internaute) s’effacent au profit de la machine créative. Comme l’art génératif s’inscrit dans une esthétique du flux, il est courant d’y trouver des propositions qui mettent à l’épreuve la perception du temps dans une quête de l’infini où les sens possibles sont inépuisables tout comme les activités de lecture et d’écriture. Écriture sans auteur pour une  lecture infinie, voilà un paradoxe intéressant pour un art qui n’a pourtant rien d’une pratique « a-humaniste ».

Deux  types de « lectures » cohabitent dans la réception de l’art génératif : avant et après que l’on ne découvre que c’est le dispositif qui crée l’œuvre. Au cours de cette transition, il devient quasi inévitable de voir l’internaute « lecteur » du texte ou des séquences animées, détourner son attention du résultat, c’est-à-dire le contenu proposé ou encore l’histoire ou la non histoire racontée, vers le processus, c’est-à-dire l’activité de programmation, le format de langage ou le dispositif qui constituent le sujet central de l’œuvre. Certaines propositions, dans la lignée du calligramme, exploitent davantage la visibilité du texte plutôt que sa lisibilité.

Pièces d'exposition associées: 
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Vidéos sélectionnées dans le répertoire: 

Exquisite Copse (navigation filmée #1)

Exquisite Copse (2005) de Neil Jenkins fait aussi œuvre de citation et de reprise. L’internaute choisit un ouvrage parmi un répertoire de classiques littéraires qui servira de base de données.  Il tape ensuite un mot relatif au texte cité pour animer un calligramme qui se déploie sous la forme d’un arbre en reprenant les diverses occurrences de ce mot dans le livre.

Migraciones (navigation filmée #1)

Migraciones (2005) de Leonardo Solass puise aux sources de textes fortement contrastés soit le Don Quichotte de Cervantès et les nouvelles quotidiennes de la BBC. La dimension graphique du texte capte d’abord l’attention il s’anime et se déploie en diverses formes sinueuses ou arabesques. Les phrases apparaissent et disparaissent pendant qu’une voix hors champ récite des lettres qui s’animent en rouge. L'internaute peut cliquer sur ces segments afin de se rendre soit sur le site de la BBC sélectionné ou soit à la bibliothèque virtuelle de Cervantès.

Behind Memory (navigation filmée #1)

Behind memory (2005) de Julie Morel, superpose des photographies de l’artiste en lien avec des fragments de phrase générés à partir du texte Through the Looking-Glass de Lewis Carroll.