Chris Ware, architecte de la mémoire. La projection spatiale de la mémoire en bande dessinée

Chercheur(s) principal(aux) : 
Date de mise en ligne: 
Décembre, 2013
Innovation: 

Développement d'un module spécifique permettant la visualisation des planches de dessins de Chris Ware. Ce module associe 2 technologies : une lightbox et un zoom.

Prix du meilleur mémoire 2012, ce cinquième ouvrage de la collection Mnémosyne est publié en ligne. 

La construction formelle de la bande dessinée n'est pas sans rappeler la mnémotechnique antique associée aux palais de mémoire (telle que décrite par Frances Yates en 1966), consistant à projeter des images dans des lieux mentaux. En effet, en organisant un espace (la page, le livre) en lieux distincts (les vignettes, les figures), la bande dessinée a toutes les caractéristiques d'une architecture: une architecture mise au service d'un temps narratif. Partant de l'hypothèse que la bande dessinée permet, par sa construction même, une expression particulière de la mémoire, quatre œuvres de Chris Ware, dessinateur américain contemporain, seront analysées. 

Jimmy Corrigan et Quimby the Mouse mettent en lumière le rapport entre certaines figures architecturales (lieux diégétiques) et l'expression de la mémoire des personnages. Qu'ils soient labyrinthiques ou qu'ils s'apparentent aux palais de mémoire, les lieux sont les signes d'un passé révolu. Ces figures occupent parfois l'espace de la page d'une manière structurante, transférant leurs propres caractéristiques architecturales sur la forme même du récit. 
 
Building Stories et Lint, chapitres plus récents de senes encore en construction, permettent de fouiller davantage les contaminations possibles entre les lieux du récit et les lieux de la page. Les théories cognitives de Daniel L. Schacter offrent plusieurs concepts-clés pour discerner les mécanismes mémoriels mis en place dans ces récits.
 
 

Après des études en musique et sciences pures au cégep Saint-Laurent, Maxime Galand s'est enfoui cinq ans dans les méandres de l'UQAM pour étudier la littérature. Il en est ressorti passionné de bande dessinée, un mémoire consacré au dessinateur Chris Ware sous le bras.

Son périple estudiantin terminé, Maxime retourne à son premier amour : la voix. Depuis février 2012, il tient un blogue musical : le Box Vocal. Par ailleurs, il conçoit des installations intéractives et des performances vocales, verse dans le chant choral, l'art web et le court-métrage.