La Terre profane: Poésie et réalité virtuelle

 

Site d'Ollivier Dyens qui adapte en réalité virtuelle des poèmes du répertoire mondial (textes de Girgio di Cicco, Tahar Ben Jelloum, Philipe Jaccottet, Matsuo Basho et Ollivier Dyens).

 

Dans ce monde étrange et fascinant qui est le nôtre, ce monde de grandes promesses et d’infinies terreurs, se pose la question de la co-habitation et de la co-évolution entre l’humain et la machine. Est-il possible de se développer, de grandir, de s’enrichir, tant intellectuellement que matériellement, de façon posée et réfléchie, en co-évoluant avec des machines? Peut-on, en collaboration avec ces machines, produire de façon durable et raisonnable? Une société éclairée, intelligente, respectueuse des droits de la personne et de l’environnement pourra-t-elle voir le jour dans et par cette collaboration?

En fait, les questions auxquelles je tente de répondre sont les suivantes : Est-il possible, en utilisant un poème comme point de départ, de créer un territoire de l’imaginaire humain/machine? Ce territoire peut-il être émouvant? Peut-on y examiner la relation de l’humain à la machine? Nous permet-il d’apprivoiser le non-humain, le non-organique? Dans une société qui se déterritorialise au contact mal compris et mal géré entre l’humain et la technologie, peut-on, par l’art numérique, par sa sensibilité insolite, celle de l’homme dans la machine et de la machine dans l’homme, donner naissance à ce nouveau territoire? L’art humain/machine est-il capable de re-territorialiser?

L’art numérique est l’expression parfaite de ce questionnement car sa forme et ses méthodes de production (qui proposent la technologie comme co-créatrice d’une œuvre) questionnent de façon violente la spécificité humaine (que sommes-nous si le geste artistique, que nous considérons comme unique à notre espèce, est aussi propre aux machines?) et posent avec force la question de la relation homme/machine.

J’ai choisi, pour examiner ces questions, de créer des mondes virtuels à partir de poèmes. Pourquoi? Car la poésie est amplifiée, par son prolongement à travers les âges et les cultures, des traces de l’humanité. Sa plongée dans l’univers virtuel de la machine se veut donc particulièrement intéressant. Comment poésie et représentation machine peuvent-ils co-exister?