<There’s a permission on file, I tell you, for an explorat’ree to the Cognitive Science la-bore’tree at the University. He’ll be interacting with robots even as we speak...>
(Michael Joyce dans afternoon, a story, 1987)
[User] - What are you?
- I am a person, here to prove myself human.
(Jabberwacky, 18 août 2010)
L’humain a de tout temps été un animal social fasciné par sa propre nature. Depuis la création des premiers ordinateurs, il a cherché à les doter de caractéristiques humaines, à en faire d’autres lui-mêmes. Créer une intelligence proprement machinistique ne lui a jamais suffi; il lui fallait réussir à façonner une intelligence artificielle anthropomorphique, permettant d’humaniser la machine et de communiquer avec elle d’égal à égal. Ultimement, l’ordinateur serait humain ou ne serait pas.
Un des premiers défis que se sont fixés les informaticiens a ainsi été de parvenir à créer un jour une machine capable de passer le test de Turing, c’est-à-dire de converser avec un individu de chair et de sang sans que celui-ci ne puisse déterminer s’il s’agit bien, quelque part à l’autre bout du terminal, d’un être humain ou d’un ordinateur qui génère les réponses s’affichant à l’écran. Mais s’attaquer à un tel défi impliquait de se lancer dans la course aux «chatterbots», ces logiciels capables de converser en temps réel avec un utilisateur humain.
Quelque 45 ans après l’apparition d’ELIZA, le premier chatterbot de l’histoire, où en sommes-nous? Avons-nous réussi à apprendre à parler aux robots? Et dans l’avenir, à quoi nous servirons ces nouvelles formes d’intelligence artificielle?